‹ Le mariage de Vade comedie en trois actes et en vers precedee d'un prologueChapitre 21 sur 64 · SCÈNE ÏX · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏX

VADÉ, très-débraillé, MADAME DE BEAUPRÉ.

MADAME DE BEAUPRÉ, courant à Vadé.

Et Montagnac?

Sauvé! Quoique la comédie Ait failli s’achever par une tragédie.

Le marquis, cramoisi de rage, — et vert et bleu,

Criait sambleu ! corbleu I ventrebleu ! sacrebleu !

Et plein de majesté sous son habit en loques,

Faisait pleuvoir un flot d’épilhètes baroques.

11 jurait d'éventrer la foule, quand Vanloo,

Deus ex machina, tomba du ciel. — Tableau !

Tout le monde fut pris d’une terreur panique ;

Les gamins détalaient en leur faisant la nique. —

Mais de loin , — les poissards, passablement hargneux, En gens braves, n’osaient se battre contre deux.

— Bref, ils ont d'un regard dissipé la canaille.

Ne laissant qu’un habit sur le champ de bataille.

MADAME DE BEAUPRÉ

Rien qu’un habit?... mais c’est un triomphe cela.

MADAME R AB A VIN, à la porte.

Madame, on vous attend, — votre carrosse est là.

MADAME DE BEAUPRÉ, à Vadé.

Votre bras, s’il vous plaît, monsieur Vadé.

VADÉ, s'inclinant.

Marquise,

A vos ordres.

(A part, pendant que la marquise prend sa mante.)

Du coup, la grande dame est prise ;

Je suis le Richelieu des Halles! — C’est exquis. J’enlève une marquise !-— Allons, saule marquis !

(Madame de Beaupré prend son bras, ils sortent.)

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