C. I, VI, Dereg
4. G. Yi, in fine, X, De statu mon., III, 35 : c Abdicatio proprietatis, sicut custodia castitatis adeo est annexa reguls monachali ut contra eam nec SummuB Pontifex possit licentlam indulgere. » Et la glose, ▼<> Abdicatio.
5. Summa, p. 343 : a Si tamen invenirentur aliqus congregationes in quibus permitterentur contrahere, sicut hodie potest poni in exemplum in repenitentibus et begainabus et monasteriis canonicarum sœcnlarinm, de quibus multa sunt in Germania... inter taies non impediretur matrimonium, qaamyis diyersae professionis essent. Sed taies dicuntur improprie religiosi, cum hœc duo, scilicet carere proprio et servare continentiam, sint de substantia. Sed largo modo dicnntur religiosi, sicut hi qui in sseculo vitam religiosam ducunt. » Voyez à ce sujet Tanecdote qu'il raconte, Summa, p. 329 v«.
6. Thomassin, Vetiu et nova EccUsim disciplina circa bénéficia, Part, 1, 1. 11, c. Lxv, no 7 : « Saltem inflciabitur nemo qui Ecciesiœ annales vel a limite salutarit, quin militares complusculi ordines et monastici vere fuerint, et a continentiœ frœno soluti permissiaue honestis et le«ritimis illigari nuptiis. »
Urbain IV, Grégoire XI, Alexandre VI, octroyèrent cette permission à divers ordres ^ Les interprètes accordaient cela avec la règle qui considérait le vœu de chasteté comme un trait essentiel de l'état monastique, en disant que la chasteté conjugale remplaçait ici la chasteté absolue*.
L'engagement dans les ordres sacrés, à partir de celui de sous-diacre [ordo sacer)^ est devenu, en droit canonique, un empêchement dirimant de mariage.
Dès qu'il se constitua un clergé dans la société chrétienne, la question se posa de savoir si les membres de ce clergé pouvaient entrer ou rester dans Tétat de mariage, et deux tendances contraires manifestèrent leur action. D'un côté, le mariage apparaissait comme l'état naturel et normal de l'homme. Non seulement les pontifes et les flamines du pnganisme contractaient mariage, mais aussi les prêtres et les lévites du peuple hébreu. La tradition de la primitive Eglise rapportait qu'en général les apôtres avaient été mariés ', et la I'^ épttre à Timothée représentait Tévêque comme un homme mariée père de famille \ lui imposant seulement cette restriction, qui fut étendue à tous ceux qui voulaient entrer dans le clergé, qu'il
1. Thomassin, loc, cit. Par exemple : « Concessit Gregorius XI Hispanis equltibuB de Calatrava, ordinis CistercîensU, in posterum ut conjugari possint hoc est ut ordinis illius professio non contineret castitatem. »
2. Thomassin, loc. cit. : « Vere religionem monasticam profiteotur hi équités et tria solemnia emittunt vota, eo tantum discrimine, quod voto cœlibatus, «ubrogata est castitas conjugalis. » — CoTairuvias, De matr, {ParsU^ c. m, § 1) n<* 27 : « item votum continenti» quandoque intelligitur incastitate conjagali, ut in militibus Sancti Jacobi, qui profitentur castitatem conjugalem, et nihiiominus reiigiosi snnt et tria vota substantialia profitentur. »
3. Voyez les textes cités par Zhishman, p. 431, note 2, et spécialement Ambrosias, m U Cor.^ xi, 2 : u Omnes apostoli, exceptis Joanne et Paulo, uxores babuerunt. »
4. / Timoth,, lU, 2 et 4 : « Oportet ergo episcopum irreprehensibilem esse, unius uxoris virum... suée domui bene prœpositum, filios habentem subditos cum omni castitate. »
ne devait s*6tre marié qu'une seule fois V Mais, en même temps, une idée bien différente se faisait jour chez les chrétiens : c'est que le mariage était moralement inférieure la continence, qu*il plaisait moins & Dieu ; saint Paul Tavait lui-même hautement proclamé*. Le sentiment chrétien démêlait une sorte d'impureté fatale dans les relations sexuelles, même entre époux '. Dès lors, n'était-il pas naturel d'exiger Tétat plus parfait chez ceux qui devenaient les ministre du Seigneur ? N'était-il pas nécessaire d'éviter cette impureté à ceux qui devaient s'approcher de l'autel ? La discipline ordonnait aux gens mariés de s'abstenir des relations sexuelles lorsqu'ils voulaient se livrer à la prière; or, le prêtre devait incessamment vaquer à Voratio ^ Enfin, le prêtre devait complètement oublier les soucis du monde pour songer uniquement aux fidèles, dont il avait la garde ; or, ce détachement du monde n'est^-il pas impossible chez l'homme marié' ?
De ce conflit entre des forces opposées, qu'allait-il sortir ? Sur ce point, la chrétienté se divisa de bonne heure. L'Église orientale fit une part à chacune des deux tendances, et arrêta bientôt un système qu'elle a conservé depuis, sans sérieuses altérations. L'Église occidentale, au contraire, fit dominer presque exclusivement la seconde tendance ; elle aboutit au célibat, ou, du moins, à la continence nécessaire de tous les clercs engagés dans les ordres sacrés. Mais^ bien qu'elle eût posé de bonne heure les principes essentiels qui comman-
!. C'était peut être une idée semblable qui avait inspiré à Tantiquité romaine les preseriptions concernant le flamen diaiis qne rapporte Aulu-Gelle, Noctes Attic»^ X, 12, 22 et 23 : « Uxorem si amisit, flaminio decedit. Matrlmonium flaminis, nisl morte, diriml non est Jus. »
2. i Cor.^ Yiif 8, 9 : « Dico autem non nnptis et yiduls : l)onom est ilUs si sic permaneant, sicnt et ego. Quod si se non continent, nubant. Melius est enim nubere quam uri. »