Heusler, ïnstituHonen, II, p. 586 et suiv
2. C. II (Migne, Patrologie lat,, t. CXLV) : « Unde mos iûolevit ut 8ub figura humanî corporis illa consanguin itatis descriptio pingeretur. Sicut enim corpUB hominis sex infra totidemque supra, qui et ipsi dicantur ex latere, articulis constat, unde et sexus dicitur qui in medio est quasi sextus, quod nimirum a secundis manuum sive pedum dîgitis facile est inveniri, ita nimirum et illa successionis humaoee figura senis utique superius et inferius atqae in his qui ex latere veniunt gradibus terminatur, quanquam ad propensions cautelœ gratiam et septima his sit generatio conséquent er annumerata. »
3. Edict. Rot; 153 : « Omnis parentela usque in septimum genucalum numeretur ut parens parenti per gradum et pareotelam hasres succédât. »
4. Salie, f XLIV, 9, 40 : « Usque ad sextum genuculum si haereditatem iliius mariti defuncti non accipiat, ille reipus illus accipiat. Jam post sextam genuculum si non fuerint, in fisco reipus... colligatur. »
5. Rib., LVlf 3 : « Deinceps usque quinto genuculo qui proximus faerat in hœreditatem succédât. » Lex, Angl. et Werin, 34 : « Usque ad quintam gene> rationem paterna generatio succédât. »
diverses, en disant qu'elles contiennent un même résultat obtenu par des modes de calcul différents. Il est certain que le mode de computation par genicula^ décrit plus haut, condoisait à admettre dans la parenté six générations successives, ni plus ni moins, issues du même auteur : c*est ce que reconnaît Damiani dans le passage précédemment cité. Mais il est possible que les Leges qui admettent seulement cinq générations n'aient commencé à les compter qu'à partir des cousins germains, considérant les frères comme ne formant qu^un même tout avec le père, tandis que celles qui en admettent six, auraient commencé à les compter à partir des frères. Nous trouverons, dans notre matière, des applications de ces deux systèmes parallèles persistant jusqu'au xii" siècle. Peut-être aussi ceux qui admettaient sept générations comptaient-ils l'auteur commun pour un degré, ou ajoutaient-ils une septième génération, pour être certains, comme dit Damiani, de ne rien oublier*.
L^Église devait nécessairement tenir compte de ces systèmes et de ces façons de calculer la parenté. Elle fit plus; elle les adopta pour son propre compte, par la simple raison que cela devint la méthode usuelle et populaire', et se mit aussi à compter par générations. Quand adopta-t-elle cet usage? Cela est difficile à déterminer. Le calcul par générations apparaît bien dans deux pièces attribuées au pape Grégoire I^"**; mais elles sont très probablement apocryphes*. C'est, je croîs, la computation romaine qui est suivie dans le PœniterUiaie
1. Sur la question, voyez Heusler, Institulionent II, p. 591.
2. Au zi« siècle, Alexandre II constate que la computation canonique est la computatio vulgarU; c. ir, C. XXXV, qn. 5 : « Nam in septem gradibos, si canonice et usualiter computentur,omnia propinquitatum nomina continentur. » — Bernard Pap., Summa^ p. 166 : « Canonicam et vulgarem gTudwim computationem ponamus. »
3. La première forme le c. m. C. XXXV, qu. 5 ; voyez la note 131 dans l'édition de Friedberg. La seconde est la célèbre lettre de Grégoire à AugusUn, évoque des Angles, c. xx, C. XXXV, qu. 2 et 3. Ce texte, où l'on trouve cette affirmation singulière, que, d'après une loi romaine, le mariage était permis entre frère et sœur, avait pour but de prohiber les unions entre cousins germains. Les auteurs du viii* siècle lui firent dire en conséquence que le
Theodori et dans les libri pœnitentiales, qui le copient*. Mais, au \nf siècle, TÉglise compte certainement par générations à la manière germanique.
Ce ne fut pas là une simple question de langage; il devait en résulter une extension considérable des prohibitions de mariage fondées sur la parenté. Cependant, TÉglise se contenta d'abord de transposer dans cette computation les résultats qu'elle avait acquis au vu* siècle, en calculant d'après la computation romaine ; c'est ce que montrent clairement les documents qui se rapportent à la monarchie franque. D'après ces résultats, nous le savons, le mariage était prohibé jusques et y compris le septième degré de computation civile*. Le Capitulaire de Tannée 755 procède encore par voie d'énumération pour appliquer cette règle % mais les synodes de Compiègne et de Verberie comptent par générations, et voici
mariage y était permis à partir de la tertia generatio. Voyez, Beda : Historia ecciesiastica, 1. I»', c. xxvtr; — Saint Boniface à Nothelmus, évoque de Canterbury (JafTé, Mon. Mogunt., p. 96). Mais, quelle fut la rédaction originale, c'est ce qu'il serait difficile de préciser. Gratien donne une rédaction, dans* laquelle il y a discordance entre la question posée et la solution fournie, puisqu'il y est dit : « Unde necesse est ut quarta vel quinia generatio fidelium 11ceuter sibijungantur. » C'est une rédaction postérieure à la précédente, et qui a suivi les progrès de la prohibition de mariage reposant sur la parenté. Cf. Freisen, op. cit.^ p. 413.
1. Pœnit, Theod. (édit. Wasserschleben), II, 12, § 25 : <c In tertia propinquitate caruis licet nubere secundum Graecos, sicut in lege scriptum est ; in quiuta secundum Romanos; tamen in quarta non solvunt postquam factum fuerit. Ergo, in quinta generatione conjungantur, quarta si inventi fuerint non separentur, tertia separentur. » Il faut lire, je crois : <c in ^uar/a propinquitate carnis licet nubere secundum Graecos. » Cf. Dacher.y 157 : <c In generatione tertia secundum Graecos vel quarta licet nubere. » — Gregor,, 78 : « Secundum Graecos in quarta propinquitate carnis licet nubere. » La différence sisignalée entre les Grecs et les Romains quant à la quarta propinquitas, c'est tout simplement le mariage entre cousins germains redevenu licite en Orient par suite de la constitution d'Arcadius, et encore prohibé en Occident par la constitution d'Honorius ; voyez ci-dessus, p. 339. Le Pœnitentiale Theodori suivait donc la computation romaine, et reproduisait seulement les prohibitions du droit romain quant au mariage entre parents. — Secus, Freisen, op. cit,, p. 408.