Imt, 1, XI
2. Glose sur c. un., X, De cogn, leg,, v» Quamdiu : « Item posset dici quod filiOB adoptatus possit copulari ûliae adoptantis, cum adoptatus non transeat in potestatem adoptantis. »
3. Glose citée : « Alii dicunt quod adoptatus non potest copulari filiae adoptantis : quia licet adoptatus non trauseat in potestatem adoptantis, acquirantur tamen ei qusedam jura per adoptionem quœ dissolvuntur per émancipationem. Et hoc idem videtur per decretalem istam quse indistincte loquitar de adoptione, non distinguendo inter arrogatum et adoptatum, et hoc impedlmentum desinit per emancipationem alterutrius. »
4. Feije, De impedimentis et dispensationibus malrimon,, Lovanii^ 1885, p. 201.
5. Bernard de Pavie semble indiquer trois sacrements comme pouvant produire cette parenté; Summa, p. 159 : « Sciend'jm est igitur quod secundum veritatem et consuetudinem tantum sunt tria sacramenta, quœ compaternitatem impedientem matrimonium inducunt, videlicet sacramentum christianitatis, et sacramentum baptismi, et sacramentum cousecrationis ab episcopo factse. » Mais le sacramenium christianitatis^ dont il est ici question, n'est pas autre chose qu'une préparation au baptême, le catechismtis. La plupart du temps il se confondra avec le baptême, ou, s'il est isolément considéré, sou effet sera peu important, comme je le dirai plus loin;
parce qu'il donnait une nouvelle vie au baptisé, la vie chrétienne et spirituelle : et^ par là même, cette parenté fut considérée comme non seulement égale, mais supérieure à la parenté naturelle. Une transition classique, dans la méthode exégétique des glossateurs et sommistes, consistait à faire observer que, dans les collections de Décrétales, on traitait en premier lieu de la parenté spirituelle, parce qu'elle était la plus digne *. La confirmation étant la consolidation et le complément du baptême, on lui attribua naturellement les mêmes effets.
Ce fut d'abord au parrain du baptisé que Ton songea, sans doute, pour leconsidérer comme le père spirituel dece dernier* ; le bas latin et les langues néo- latines ont conservé très nettement la trace de cette conception dans les mots patrinus, filiolus^ et dans ceux qui en sont dérivés '. Mais on ne s'arrêta pas là. La parenté spirituelle, pour mieux imiter la parenté naturelle^ se présenta aussi sous la forme d'une relation entre frères, fratemitas; et, enfin, de la combinaison de ces deux parentés en naquit une troisième, véritable monstre juridique, la compatemitas. Ce développement, qui avait débuté par une conception simple et presque populaire, se termine par des combinaisons compliquées et scolastiques. C'est que l'esprit théologique s'était emparé des prémisses, et, par une logique abstraite, tenace et subtile, il en avait fait sortir des conséquences extrêmes, sans se demander si elles étaient conformes à la raison. Pour reconnaître à cette parenté factice des effets juridiques dans la théorie du mariage, la doctrine eut d'ailleurs un point d'attache : ce fut, comme je l'ai dit, la théorie romaine de l'adoption. C'est des décisions romaines sur la parenté adoptive qu'argumente Nicolas !•% lorsqu'il veut expliquer aux Bulgares pourquoi la cognatio spiritualis est un empêchement de mariage ^ : il compare et assimile l'acte du
i. Bero. Pap., Summa décret,, p. i57 : k Sedquia... coustat quod spiritualis (cognatio) dignior est, sicut spiritas came, prius de ipsa dicamus. »
2. Voyez Zhishman, p. 264, et le passage de Deuys TAréopagite cité par lai.
3. Grégoire de Tours, H. F., X, 28. — Cf. Lôning, op. ciL, p. 427 et 563.
4. Ad consulta Bulgarorum^ c. ii (Migne, Patrologie lat,, t. CXIX, p. 979), reproduit en partie dans c. i, C. XXX, qu. 3.
parrain aune adoptioa contractée devant Dieu ^ C'est lemème i
raisonnement que fait encore le pape Pascal II*. i
Je vais examiner sous sa triple forme la cognatio spiritualis
dans son rapport avec le mariage ; mais je ne m'occuperai que I
de celle qui est produite par le baplème; tout ce que j'en dirai j s'applique aussi à celle produite par la confirmation.
A. Patemitas,
La première personne à laquelle on songea pour lui attribuer la qualité de père spirituel» fut, comme je l'ai dit, celle qui, suivant la coutume, avait présenté au baptême le catéchumène et répondu pour lui. On la désigne indifTéremment par les termes de tenens^ elevans^ suscipiens^ qui se rapportent aux différentes formes successives du baptême. Puis on donna aussi la même qualité de parens spiritualis à celui qui administrait le sacrement de baptême ', et, par diverses figures, on s'efforça d'attribuer à ces deux personnes un rôle imitant la nature*. Mais ce fut surtout, pour la théorie du mariage, la paternité du suscipiens qui eut, pratiquemment» la plus grande importance.
1. « lia diligere débet homo eam qui eum Buscipit de aacro fonte, sicut patrem; quiaimo quanto prsstantior est spiritus carne, quod illud spiritale est patrocinium et secundum Deum adoptio^ tanto magis spirîtalis pater in omnibus est a spiritali filio diligeudus... Longe congruentius filius patris me Tel frater meus appellatur is quem divina gratia quam quem huniana voluutas, ut filius ejus Tel frater meus esset, elegit. >>