‹ Le mariage en droit canoniqueChapitre 172 sur 224 · C. IV, C. XXX, qu · texte numérisé non relu

C. IV, C. XXX, qu

3. Gratien, Diclum sur c. vu, C. XXX, qu. 1 : « Filia dicitur spiritualis non solum ejus qui accipit sed etiam ejus qui trinae mersionis vocabulo eam sacro baptismale tiogit... harum omnium flagitiosa conjunctio est et eadem pœna plectenda. » — Paucapalea, Summa, éd. Schulte, p. 122 : « Patrem habeo sacerdotem. Omnes autem quos vel quas sacerdos baptizat, ita filii ejas Tel filiae spirituales efficiuntur. »

4. Dans la Sornme de saint Thomas {tertia, qu. txvii, art. 7), le baptizansesi comparé au père, le suscipiens à une ohstetrix on nulrix. Hostiensis (SunvMa^ p. 366) compare l'un au père, l'autre k la mère : « Si ergo baptizans repraesentat patrem ab actu, suscipiens matrem a passione vel quasi, quia sustinet puerum, sacramentum aatem loco carnalis copulse succedit. »

C'est dans la loi séculière qu'apparaît tout d'abord la paiernitas spirittialis comme un empêchement de mariage. Justinien défendit le mariage entre le parrain ou la marraine et lafiUeuleou le filleule Sans doute, la même règle s'introduisit peu après en Occident, car, au vm« siècle^ elle est reproduite dans redit de Luitprand, qui connaît d'ailleurs la parenté spirituelle pleinement développée sous ses trois formes '. En 747, ]epape Zacharie en ordonne le respect, dans une lettre au roi Pépin le Bref, aux évèques et aux grands de la monarchie franque '. On peut considérer, dès lors^ le principe comme plei* nement reçu. La portée en fut seulement élargie parl'interprétation et les usages.

La filiatio spiritualis existait non seulement entre le filleul et le parrain, mais encore entre le filleul et la femme du parrain, pourvu que celle-ci eût éikprius cogiiita *. C'était là une conséquence du principe de Yunitas camis déjà signalé ^, et qui produit des effets très importants dans cette matière de la parenté spirituelle. Le filleul ne pouvait, par suite, épouser la femme de son parrain devenue veuve '^.

En principe, l'Église voulait qu'il n'y eût, dans chaque baptême, qu'une seule personne, jouant le rôle desuscipiens '. Les canonistes justifiaient cela en disant qu'autant que possible

1. L. 26» C, De nupt.y V, 4 : « Ea videlicet persona omnimodo ad nuptias venire prohibenda, qnam aliquis, sive alumoa ait sive non, a sacrosaDcto suscepit baptismate, cum nihil aliud sic inducere potest paternam affectioDem et justam nuptiarum prohibitionem, quam hujusmodi aexus, per quem, Deo mediante, anim» eoruni copulalœ sunt. »

2. Liutp., 32 : « De bis qui de illicito matriiDonio nati sunt, id est de matrtnia, aut filiastra vel cognata. » 34 : « Item boc censemus atque prscipimus ut uullus prœsumat commatrem suam ducere uxorem, sed nec filiam quam de sacro fonte levaverit; neque filius ejus prœsumat filiam illius uxorem ducere, qui eum de fonte suscepit, quia spirituales gennani esse noscuntur...Etfiliiqui de tali illicito matrimonio nascuntur beredes esse non debent... Ubi autem inventi fneriut qui suprascripta illicita conjugia contraxcrint, de prœsenti separentnr. n

3. Jaffé. EpistoUe pontificum, 2® édit, n» 2277. — Cf. Freisen, op. ciL, p. 512.

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