C. a, De consecr», D. IV
la parenté spirituelle devait imiter la parenté naturelle ; il était absurde d'admettre plusieurs pères et plusieurs mères *. Cependant^ la pluralité des parrains n'était point impossible, quoique prohibée. C'était une mauvaise coutume, mais assez répandue déjà dans les temps anciens. Comme Tesprit populaire ne voyait la paternité naturelle qu'entre le suscipiens et le baptizatuSy il voulait lui aussi imiter la nature; d'où l'usage de donner à la fois à^xx^ patrini à l'enfant baptisé, un homme et une ft^mme, un père et une mère spirituels, comme il avait un père et une mère charnels '. Lorsqu'il en était ainsi, iBL/Hiatio spiritualis exisiaii avec tous ses effets entre le baptizatus et chacun de ses parrains ou marraiaes *.
Il pouvait se faire que quelqu^un tint un enfant au baptême, non point en personne, mais par procureur. Cela était-il juridique, et entre quelles personnes naissait alors la parenté spirituelle? Des docteurs éminents soutenaient qu'ici la représentation était impossible. D'un côté, on faisait valoir l'assimilation de la cognatio spiritualis avec la cognatio legaiis; or, l'adoption ne pouvait se faire par procureur; d'autre part, certains textes semblaient exiger l'intervention corporelle du parrain \ Dans cette opinion, la parenté spirituelle ne pouvait exister entre le baptisé et celui qui avait voulu devenir son parrain par représentation, car cette volonté était inefficace; mais on se demandait si le représentant n'était pas devenu parrain, et, par conséquent, parens spiritualis pour son propre compte. En sens inverse, on disait qu'en droit canonique la représentation est admise en principe^ à moins qu'un texte
1. Panormit., sur la rubrique X, De cogn. spir. : « Hœc coguatîo spirîtuaUs imitatur naturalem seu carnalem cognationem, quantum potest. » — Ho&tieusis, Summa^ p. 366 : « Singuli fîlioU singulos patrioos habere debeot et non plures... Unicus débet esse baptizans et unicus suscipiens... Si ergobaptizans représentât patrem ab actu, suscipiens matrem... Sicut ergo n)onstruosum et impossibile esset si quis diceretur habere plures patres vel plures matres carnales, ita de sptritualibus intelligendum est. »