‹ Le mariage en droit canoniqueChapitre 42 sur 224 · C. II, G. XXVII, qu · texte numérisé non relu

C. II, G. XXVII, qu

4. Gela ressort bien du rescrit de Nicolas, Ad consulta Bulgarorum, c. m G. XXX, qu. 5.

l'évolution de la théorie 99

un milieu forlemcnt mêlé d'éléments germaniques ^ : il est vrai que plusieurs des actes signalés, en particulier la des-poiisaiio et la dotatio , pouvaient, quoique avec un sens différent, se retrouver de part et d'autre.

2* A côté de ce premier principe, un second se faisait recevoir aussi qui paraissait le contredire. C'était l'idée que le consentement, absolument nécessaire pour constituer le mariage^ ne suffisait point pour le parfaire et le rendre vraiment indissoluble, qu'il fallait pour cela la copula camalis entre les époux. Alors, seulement, rwmVe/5 carnis s'étant établie, le mariage représentait l'union du Christ et de l'Église, et, devenu un sacrement, était absolument indissoluble, comme cette dernière. Celte thèse, dont la genèse est encore bien obscure, eut pour appui des textes apocryphes ou altérés, deux surtout, que Gratien reproduit comme ses devanciers. L'un est attribué à saint Augustin et parait des plus nets'; mais, en réalité, il n'appartient pas à ce Père et la provenance en est incertaine'. L'autre est un fragment de l'Epître de saint Léon à Rusticus, citée plus haut; mais, par l'intercalation d'une négation, on a dénaturé complètement la pensée exprimée par l'auteur ; on lui en a substitué une autre. Le pape, distinguant réponse de la concubine, disait que^ dans le mariage, outre l'union des sexes* il y a autre chose, c'est-à-dire le sacrement qui rappelle l'union du Christ et de l'Eglise. D'après lui (cela ressort de tout le développement) ce sacrement ne peut exister là où manque la volonté de prendre et d'honorer une femme comme son épouse; aussi, ajoutait-il, celle-là n'est point une

1. Bened. Levita, VII, 179 : «c Si licita et honesta omnia pariter intenerit, tune per coosilium et benedictioaem sacerdotis et consultu aliorum bonorum hominum eam spoasare et légitime dotare débet, scribit namque d« matrimoQîo beatus Augustinus : « Talis esse débet quœ uxor habenda est, ut secuDdiim legem sit casta in virginitate, et dolata légitime et a parentibus tradita spoDso et a paranymphis accipienda. » — Décrétâtes pseudo'isidoriarue, éd. Hinschius, p. 87 (Éyariste) et p. 140 (Callizte II).

2. C. XVI, C. XXVII, qu. 2 : « Non est dubium illam mulierem non pertiaere ad matrimonium, cum qna commixtio sexus non docetui fuisse. »

3. Voyez Friedberg, Corpus juris canonici, notes 123 et suiv.

dOO LA FORMATION DU MARIAGE

femme mariée, pour laquelle n'est pas intervenu le mystère nuptial. La pensée était claire, si les termes étaient un peu obscurs. Par Tintercalation d'un non et de quelques autres mots dans le premier membre, on fit dire à la phrase que^ pour représenter le sacrement du Christ et de l'Eglise, le mariage devait être consommé par la commixtio sexuum^. A quelle époque et de quelle main le texte reçut-il cette altération? On ne sait pas au juste. Dans la Panormie d'Yves de Chartres il figure déjà sous cette forme', tandis que des recueils plus anciens présentent le texte correct*. Cette retouche répondait d'ailleurs à la pensée commune, car, même la phrase non altérée, dans sa teneur originale, était interprétée dans le même sens^. Dès les siècles anciens du christianisme la copula conjugalis avait été fréquemment considérée comme un élément essentiel du mariage, à tel point que, dans une opinion, elle seule faisaitle mariage. Telle avait été la doctrine de Julianus Pelagius vivement combattue par saint Augustin^. C'est Hincmar de Reims qui paraît le premier avoir donné à ces idées une formule précise et modérée. Il tient que le mariage conclu, mais non consommé, n*est pas un sacrement*, car il ne iaurait représenter encore l'union du Christ et de l'É-

1. C. XTii, C. XX vu, qu. 2 : c Cum societas nuptiarum ita a principio sit instituta ut, prcBter commixtionem sexuum, non haheanl in se nuptix conjunctionis ChrUtiet Ecclesùg sacramentum^ non dubium est iliam malierem non pertinere ad matrimonium, in qua docetar non fuisse nuptiale mysteriam. » — Voyez ci-dessus, p. 98, note i, le- texte authentique.

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