‹ Le mariage en droit canoniqueChapitre 53 sur 224 · Glose sur c. v, X, De sponsa duor, , IV · texte numérisé non relu

Glose sur c. v, X, De sponsa duor, , IV

l'évolution de la théorie 129

Us en donnaient comme principale raison, que les choses et droits spirituels, à la différence des temporels, se transmettaient ^ur^ canonico parla seule volonté, sans qu'il y eût besoin d'aucune tradition extérieure*.

Mais si la théorie gallicane, la théorie de Pierre Lombard, triompha ainsi en principe et par sa conséquence juridique la plus importante, elle ne se fit pas recevoir intégralement; la théorie bolonaise, celle de Gratien, conserva sur certains points un empire définitif, et, par suite, il n'était pas toujours aisé d'expliquer rationnellement des règles qui, originairement, avaient répondu à des conceptions divergentes. Le droit

1. Hostieosis, Sttmma, De spons. duor., p. 337 : « Sed videtar quod si secunda uxor primo ait cogaita, potior ait in jure quam prima, sicut coneaetudo Mutinensis tenebat. Cum eaim matrimonium solo consensu contrahatar, ut ibidem, débet esse potior illa oui prius traditur possessio. Sic enim est in emptione etvenditione; hl autem contractus solo consensu contrahuntur.... Quse ergo est ratio '^ Respondeo, si quœ ratio reddi potest, forte esthsec. Quia consensus matrimonii, in quo matrimonium coutrahitur spiritualis sive naturalis est et de jure naturali ratîonali a Domino constitutus; sed consensus quo emptio contrahitur juris gentinm est et temporalis et ab hominibus constitutas, et contra jus naturale secundum quod omnia sunt communia. Consensus ergo matrimonialis semel coutractus semperimmutabiliset perpetnus remanet, nam auctor immutabilis est et œteruus etnaturaliaimmutabilia permanent. Nec eget consensus iste traditionis adminiculo corporalls; nam spiritnalia magis consistunt in bona voluntate et intellectu animi quam in facto seu apprehensiooe corporali. E contra vero consensus emptionalis, ut ita loquar, momentaneus et mutabilis permanet, nam et auctor su us mutabilis et variabilis est et humana mutabilia. Item temporalia seu corporalia magis consistunt in factoet appreheusione quam booa voluntate et intellectu. Contra vero în spiritualibus observatur; et ideo in matrimonio magis operatur consensus tanquam tinnior, et traditio minus tanquam debilior;in emptione autem magis operatur traditio tanquam firmior et consensus minus tanquam debilior. » — Pauormitaaus (sur c. v, X, IV, 4, n© 6), après avoir rappelé le raisonnement d'Hostiensis, adopte seulement la dernière considération : « Intelligas glossam quod contractus matrimonii est perfectus per solum consensum in quo per solum consensum est translatum plénum jus, ita quod traditio corporalis nihil addat... Nam et aliqua sunt ab homine quœ tamen ex solo titulo suam habent perfectionem, ut est titulus beneficialis; nam per solam collationem beneficii acquiritur plénum jus proviso, ut hic, et c. Si quis tibi absenti, De prxhendis, VI. Ideo facit régula quia in omnibus spiritualibus ex solo titulo transfertur plénum jus, per Innocentium in cap. Intcr cœtera, X, De prxbendis. Ista enim tanquam iuvisibilia sine alla executioiie exteriore tran^feruntor et solo consensu, ut dixi, perflciuntur. »

canonique continua. à admettre que le mariage contracté par paroles de présent pouvait, tant qu'il n'avait pas été consommé, être dissous par l'entrée en religion d'un des époux* : Fépoux qui se convertissait à la vie religieuse n'avait pas besoin pour cela du consentement de son conjoint. Pierre Lombard, plus logique, n'avait admis cette faculté que pour les sponsalia defuturo^^ et, lorsquel a conception des sponsalia de prœsenti fut bien ûxée, la plupart des docteurs semblent tout d'abord avoir suivi la même règle. C'est ce qu'enseigne Bernard de Pavie dans sa Summa de mat7*imonio, mais il constate en même temps que la coutume ecclésiastique est en sens contraire*. Cette coutume fut confirmée, sanctionnée, par deux décrétales d'Alexandre III*. Aussi, deinssa.Summa decretalium^ Bernard de Pavie enseigne-t-il fermement cette doctrine*. Elle futencore confirmée par CélestinlII, qui, cependant, paraît expliquer les exemples des anciens saints par une révé-

i. C'était bien une véritable dissolution da mariage, puisque le conjoint qui restait dans le siècle pouvait se remarier. Vide tamen, c. v (7) CompiL 1 (IV, 4).

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