CHAPITRE VIL
Le WÊÊtrÎM^^ ehem les Greee.
Si Von en croit les historiens, l'union de l'homme et de la femme était si libre chez les premiers habitants de la Grèce, que le mariage y était inconnu. Cest Cécrops qui l'y aurait établi, en lui donnant un caractère monogamique. Mais ce caractère, s'il exista jamais, fut de peu de durée; il n'existait déjà plus du temps d'Homère. Le mariage fut, depuis, en honneur dans toutes les républiques grecques. Le législateur de Sparte alla jusqu'à flétrir le célibat, et même à le punir. Les lois d'Athènes, sans être aussi sévères sur ce point, témoignent du même esprit.
Mais Lycurgue, par la manière dont il voulut que la jeunesse des deux sexes fût élevée, prit la plus sûre précaution pour porter au mariage. Ce moyen fut teDement efficace que la corruption des mœurs en devint la conséquence. Une sorte de promiscuité finit par s'établir. On put prêter sa femme, l'échanger, la renvoyer, sans qu'elle eût le même droit. Il paraît, au surplus, que les Spartiates usaient sobrement du divorce, excepté pour cause de stérilité.
A Athènes, les filles et les femmes vivaient retirées dans le gynécée; celles qui appartenaient aux familles peu aisées, et qui devaient cependant former le grand nombre, vivaient en commun avec le reste de
la famille, mais d'une vie intérieure encore. Les courtisanes seules avaient une vie publique ; leur instruction, les agréments de leur personne, les faisaient rechercher des beaux esprits; elles tenaient les salons de leur temps. Il y en avait d'autres, et c'était la grande majorité, qui n'avaient ni cet esprit ni cette élégance. Elles habitaient des quartiers séparés, et leur mise devait servir à les faire reconnaître. Leur profession, quoique tolérée, passait pour infâme, et était généralement laissée à des étrangères, à des captives, à des esclaves.
Le concubinage était licite, fréquent. Il constituait, avec le mariage, une sorte de polygamie organisée, puisque les concubines, ordinairement achetées comme esclaves, ou prises à la guerre et captives, et dont le nombre était indéfini, se trouvaient subordonnées à l'épouse, à qui la noblesse de son origine, sa dot et d'autres avautages garantissaient toujours le premier rang.
L'adultère était puni sévèrement chez la femme et chez son complice. Mais si l'homme marié était puni en pareil cas, c'était, non point comme coupable d'infidélité envers sa femme, mais comme coupable envers le mari de sa complice. La fidéUté n'était pas une obligation réciproque, et la femme qui pouvait avoir à se plaindre des légèretés de son mari, n'avait pas le droit de s'en séparer, alors même qu'il eût été passible de quelques peines (4).
(1) Gomme il le paraîtrait pour certaios cas. V. Plut, m Solon,; PltDt.| Aulul.; Uemoiih., Ncaera schol.; Aristoph.^ Piut. v. 168;