‹ Le mariage, la séparation et le divorce considérés aux points de vue duChapitre 21 sur 37 · CHEZ LES GRECS · texte numérisé non relu

CHEZ LES GRECS

L'adultère de la femme était, au contraire, une des raisons du divorce. Il est à présumer, du reste, que le divorce devint plus fréquent à mesure que les mœurs devinrent elles-mêmes plus relâchées. « Les premiers Grecs, nous dit un vieux jurisconsulte d'une lecture aussi instructive qu'agréable, semblent être ennemis du divorce. Leur coustume était de brusler devant la porte de la nouvelle mariée Taixieu de la charrette sur laquelle elle avait été amenée en la maison du mary, voulant par là donner à entendre qu'il fallait qu'elle y demeurât voulsit ou non, durant la vie, sans espoir de séparation (1). »

Il paraîtrait, d'après ce que nous dit Diodore de Sicile en parlant de Charandas, que ce législateur aurait reconnu à la femme le droit de se séparer de son mari, en même temps qu'il aurait cherché à mettre un frein au divorce : la femme qui avait quitté son mari n'en pouvait reprendre un plus jeune. 1 Même défense à l'homme qui avait renvoyé sa * femme.

Les maris athéniens qui renvoyaient leurs femmes devaient, excepté sans doute dans le cas d'adultère, leur rendre leur dot, ou leur payer une somme de vingt-neuf oboles par mois. Autrement ils pouvaient être poursuivis par le tuteur de la femme, afin de les obliger à fournir le nécessaire à son entretien. Si

Arisloph., Nub., ▼. 1079; Said., in pot^ocv.; ^ristoph.^ PluL,aci i, se. ?. (1) Jean Duret, Comment, aux Cousiumes du duché de Bourbonnais, p. 533; Lyou^ in-fol., 1584.

une femme abandonnait son mari, ou si elle était chassée de sa maison, celui qui l'avait dcmnée en mariage pouvait réclamer le douaire qui lui avait été assigné.

On peut présumer, Thistoire et la connaissance du cœur humain y autorisent, qu'en général les femmes d'un certain rang n'osaient pas demander le divorce : soit faiblesse ou fierté, la plupart aimaient mieux essuyer en secret de mauvais traitements que de s'y soustraire par un éclat qui aurait publié leur honte ou celle de leurs époux.

Quand la femme put divorcer, elle fut tenue de déUvrer de sa propre main à l'archonte un acte de séparation.

Une raison remarquable de divorce en Crète, était I la crainte d'avoir une trop nombreuse famille.

Page 1