‹ Le mariage, ou, La grande question [microforme]Chapitre 12 sur 27 · GE · texte numérisé non relu

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Dans les desseins du Créateur, mes bien chers frères, la femme doit être une aide à son mari ; il l’a créée expressément à cette fin : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui.” La femme, pour être une aide à son mari, doit avoir certaines qualités, entre autres, la piété, la bonté et la santé, comme nous l’avons vu dans la dernière instruction.

Mais ce n’est pas tout. Ce n’est pas assez pour la femme d’être une aide, il faut

qu’elle s’adapte à son mari, et qu’elle soit son semblable : ‘“ Il n’est pas bon que l'homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui. ” La femme s’adaptera facilement à son mari, et lui sera suffisamment semblable, si elle a le même âge, la même fortune, et si elle est de la même nationalité que lui; si elle a, à peu près, les mêmes qualités du coeur et de l’esprit.

Il est important que les époux soient semblables sous ce double rapport. Ce n’est pas un péché, sans doute, pour une fille de marier un homme bien plus âgé qu’elle ; pas plus que c’est un péché pour un jeune homme de marier une femme assez âgée pour être sa mère. Il n’y a pas de loi qui défend à une personne riche de marier une personne pauvre. Il n’est pas défendu, non plus, à un canadien ou à une canadienne de s’allier à une personne d’une autre nationalité. Rien n’empêche davantage qu’un homme de mérite ne marie une fille obscure, et qu’une femme intelligente n’épouse un ignorant et un esprit médiocre,

Ces mariages mal assortis ne sont pas péché, en soi, quoiqu’ils deviennent presque toujours des occasions de péché; mais ils sont pleins d’inconvénients et généralement malheureux. Ce qui fait le bonheur de la vie conjugale,c’est l’union des coeurs et des âmes. Là où il n’y a que l’union des corps, il n’y a pas de bonheur durable possible. Dans les mariages disproportionnés, cette union des coeurs et des âmes est excessivement difficile, pratiquement in. ’yossible,

Voyons d’abord la question d’âge, et prenons pour exemple le mariage de Mademoiselle Wilson, fille du Président des Etats-Unis, qui vient de marier un homnie presque assez vieux pour être son grand père, McAdoo, secrétaire du trésor dans le cabinet de son père. Est-ce que ce mariage peut être heureux ? Non, mes frères. Je ne dis pas qu’il sera nécessairement malheureux à la vue et au su de tout le monde, car ils chercheront évidemment à sauver les apparences; et, comme ils ont

la fortune et les honneurs, la chose leur sera relativement facile. Mais je dis et je sais qu’ils auront tous les deux à souffrir des peines intérieures. La richesse et la gloire donnent certaines satisfactions, mais elles ne répondent pas à tous les besoins, loin de là : elles ne remplacent pas l’union des coeurs et des âmes, qui seule fait le bonheur des mérages.

Cette union des coeurs et des âmes fait défaut chez eux. Et, en effet, comment pourrait-elle exister dans un mariage aussi disproportionné, alors que les époux appartiennent à deux générations différentes ? Vous le savez, chaque âge a ses besoins propres et tout particuliers; aussi, vous voyez toujours ceux du même âge se rechercher. Ce qui satisfait un enfant, ne donne pas satisfaction à un jeune homme; ce qui intéresse spécialement le jeune homme, n’intéresse pas l’homme arrivé à l’âge mûr; il y a jusqu'aux vieillards qui ont une disposition d’âme qui leur est propre. Ce qui est vrai de l’homme est également vrai de la femme.

Je vous le demande maintenant, est-ce qu'une jeune personne d’une vingtaine d'années peut être en rapport intime, en sympathie sincère avec un homme avancé dans la cinquantaine ? Non, mes frères; il ne peut pas y avoir entre eux cette Cummunauté d’idées,de goûts et de sentiments, qui rend la vie conjugale harmonieuse. Il n’y aura pas de satisfaction intime dans tous leurs rapports, et leur vie sera nécessairement une vie de contrainte et de sacrifice. Il leur faudra une grande somme de vertu naturelle, seulement pour sauver les apparences.

Un autre grave inconvénient de ces mariages, c’est que, comme dans le cas de Wiley, ce fameux chimiste américain, qui a été, pendant vingt-neuf ans, à la tête du bureau de la nourriture saine, à Washington, qui a marié une jeune femme et qui vient de devenir père à l’âge de soixante-six ans, c’est que, dis-je, ils ont encore des enfants, quand ils sont très vieux. Wiley sera un vieillard déjà pen-

ché sur sa tombe, et son enfant sera tout jeune. C'est dire que l’enfant sera privé, dans sa formation, de l’influence salutaire que le père doit exercer sur son enfant.

De plus, s'il vit jusqu’à un âge très avancé, et s'il veut mettre dans l’âme de son enfant, l’empreinte de son caractère, est-ce que ses vieilles idées s’accorderont bien avec celles de la mère, qui est d’une autre génération ? Evidemment non. De à les contraintes et les sacrifices.

Les mariages de ce genre sont des pis aller, qu’il faut toujours voir d’un mauvais oeil, et ne jamais s’y engager que pour éviter un plus grand mal.

La ressemblance même sous le rapport de la fortune est avantageuse au bonheur des époux. Si vous êtes sage, jeune homme, vous choisirez de préférence une fille de votre ‘audition. Si vous êtes pauvre, mariez une fille pauvre. Si vous n’avez pour tout avoir que votre santé, mariez

une fille qui n’a que sa santé à vous donner pour dot. Alors, il n’y aura pas de doute possible que vous mariez la fille, non pas pour son argent, mais pour ses qualités. Vous serez doublement aimable aux yeux de votre femme, qui se montrera, en conséquence, doublement empressée à vous plaire, et doublement dévouée à servir les intérêts communs.

C’est un beau spectacle qu'offre un jeune ménage qui commence la vie commune n'ayant l’un et l’autre, pur toute fortune, que leur santé, leur c rage et leurs fières ambitions. Désireux de réussir, ils se mettent résolument à l'oeuvre.

L'homme travaille avec courase ; la femme, de son côté, sait tirer profit de tout et fait des économies. Bientôt, ils ont quelques épargnes qu'ils placent à la banque. Ce premier succès les encourage; le mari travaille avec plus d’ardeur, la femme économise avec plus de soin ; après quelques années, ils ont un petit capital qui les protège contre les accidents de la

vie, et leur äonne une certaine indépendance.

Ce petit capital est un bien commun ; il est le fruit des soins des deux époux, et, partant, il forme un nouveau lien précieux qui les attache encore davantage l’un à l’autre.

Comme les mariages intéressés sont différents. Un homme qui marie une femme pour son argent est peu sage. Cet argent sera toujours un obstacle à son bonheur, et une source féconde en misères. En recevant de sa femme plus qu’il ne lui donne, il s’oblige à elle ; ce qui veut dire, en pratique, qu’il lui cède la première place au foyer, qu'il sera bientôt relégué à l'arrière-plan, et que c'est elle qui portera la culotte. Il sera à sa merci, ne pourra toucher à son argent qu'avec son autorisation bien expresse, et le dépenser que selon son désir.

De plus, la femme se désillusionnera bientôt. Elie commencera par soupçon-

ner la sincérité de l’amour de son mari ; elle se demandera si réellement il ne l’a pas choisie plutôt pour son argent que par amour ; elle l'observera de près, l’étudiera dans toute sa conduite, et s’apercevra bientôt ou s'imaginera que, de fait, son mari est froid et trop indifférent pour elle. A partir de ce moment, si Monsieur n’a pas le soin de dorloter Madame outre mesure, elle jugera qu'il ne l'aime pas, et qu'ii l’a mariée pour son argent. Alors, c'est fini, c’est un ménage qui sera tou-

jours malheureux, et malheur au mari !

Les mariages entre personnes de différentes nationalités sont aussi peu désirables, Ces mariages mixtes présentent généralement des obstacles À l’union des coeurs et des âmes. Il en est des nations comme des individus, chacune a son caractère propre; c'est pourquoi il faut conseiller les jeunes de marier ceux de leur pays.

Voici un garçon qui nous arrive du Canada français, il est à l’âge de se

marier, et il veut s'attacher à une femme; que doit-il faire? Je lui dirai : Ecoutez, mon garçon, vous, vous êtes canadien, vous avez été élevé dans la province de Québec, vous avez une âme franchement canadienne, et vous avez à coeur tout ce qui est canadien ; si vous voulez être heureux en ménage, mariez une personne ‘apable d'entrer dans vos vues et dans vos sentiments, prenez pour femme une canadienue qui soit aussi canadienne que vous êtes canadien.

Vous allier à une fille étrangère à votre pays, serait empoisonner votre vie. Cette fille apporterait avec elle la mentalité propre aux siens et les coutumes de son pays, qui seraient en opposition avec les vôtres, et vous contrarieraient sans cesse, Elle aurait autant de droit que vous à rester attachée aux choses de son pays, qui lui est aussi cher que le vôtre vous est cher à vous-même. Dans de pareilles conditions, l'accord entre les époux est extrêmement difficile, il ne peut exister qu’à force de sacrifices de part et d’autre.

Cependant, il y a des mariages entre personnes de nationalités différentes qui offrent peu d’inconvénients. Ce sont les mariages des personnes qui ont été élevées ensemble, et parlent une langue commune, quoique les parents viennent de différents pays. Il y a beaucoup de ces mariages de nos jours, tant au Canada qu'aux Etats- Unis. Je rencontrais, à Worcester, au mois de janvier dernier, un jeune prêtre canadien, de la province de Québec, du nom de Murphy, qui ne parlait pas l’anglais. Nous avons des familles de Bruchési, de Forbes, de Smith, de Johnson, de Flynn, de Ryan, pour n’en nommer que quelques-unes. Toutes ces familles sont aujourd’hui tout aussi canadiennes que les vôtres et la mienne.

Vous prenez nos jeunes gens, qui sont nés et élevés dans ce pays, qui est leur pays tout autant que le Canada était le vôtre et le mien ; il y a peu d’inconvénients qu'ils s’allient à ceux qui, comme eux, sont nés et ont été élevés dans ce pays,

quoique les parents n’aient pas la même origine. Dans ce cas, ce n’est pas précisément un mariage entre personnes de pays étrangers, mais bien l'alliance d’un américain et d’une américaine.

>ien plus, certains savants prétendent que c’est là un moyen puissant de perfectionner la race. Mais il ne s’agit pas ici de cette question. Il découle donc, de tout ce que nous avons dit, qu’un garçon sérieux, qui ne se laisse pas éblouir par de faux éclats, doit se mettre en garde contre les dangers d’un mariage mal assorti,et prendre pour femme une fille de sa condition, en tout semblable à lui: ‘“ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui. ”

Maintenant, si nous passons de ces conditions extérieures aux dispositions de l'âme et aux qualités de l'esprit, nous constatons que, sous ce rapport également, la femme doit être semblable à son mari, pour assurer un ménage heureux.

J'ai très bien connu un homme, il est mort maintenant, qui va nous servir d'exemple. Il était de la classe commune et très intelligent. Il avait un esprit droit et un jugement sûr. Ces qualités lui avaient gagné la confiance de ses compatriotes qu'il représentait dans l’administration de la chose publique. I1 maria une fille de sa condition, qui ne manquait pas de charmes, mais qui était peu douée du côté de l'esprit. Contrairement à :a femme dont les Saintes Ecritures font la louange, toute sa beauté était à l'extérieur. Fille, elle était très réservée, parlait peu, et ne se mêlait pas aux filles de son âge, ce qui lui donnait l'apparence d’être d’une rare sagesse; mais la chose lui manquait complètement. Peu intelligente, et n’ayant pas d'expérience, elle était nécessairement étroite; et, comme il arrive généralement chez les petits esprits, elle était d'autant plus entêtée qu’elle était plus ignorante.

Il est facile de comprendre qu’il n'y avait pas de sympathie réelle entre ces

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deux âmes. Aussi, il a fallu peu de temps de la vie commune pour que le mari s’en rendit compte. Comme il était intelligent, il a fait de nécessité vertu, mais au prix de quels sacrifices ! Toute son ambition, des plus louables, certes! était d’être un homme de bien à la tête d’une famille chrétienne, en tout irréprochable. Mais, hélas! c'est tout le contraire qui est arrivé. Il est resté, lui, honnête homme, mais il a été on ne peut plus malheureux en ménage.

Il voulait au moins, à tout prix, que ses misères de famille ne parussent pas audehors. A force de soin et de sacrifices, il a réussi à les tenir cachées jusqu’au temps où ses filles sont devenues grandelettes, à l’âge où la jeune fille commence à vouloir paraître. Il n’a pas eu de garçons.

Le père, qui les avait laissées jusque-là sous l'autorité à peu près exclusive de la mère, jugea que le temps était venu de s'en occuper. La mère protesta, prétendant que c'était à elle seule à avoir l’oeil à

ses filles. Le père, sachant qu’elle ne pouvait pas leur donner une direction sage, impose sa volonté et leur trace une ligne de conduite à suivre.

Qu’est-il arrivé ? La mère, incapable de se rendre compte de la portée de ses actes, laisse à entendre à ses filles que, si elle semb'e se rendre à la volonté de leur père, ce n’est que pour le mieux tromper.

Elle leur assure qu’il n’est pas pour les tenir renfermées, et qu’elle les fera sortir malgré lui. Elle prétend, elle, que les jeunes filles du monde doivent sortir dans le monde et s'amuser, et que pour se marier, d’ailleurs, il faut se montrer.

Aussi, elle les toilette à la mode, et les envoie à toute sorte de soirées, aux amusements les plus risqués.

Le père rencontre un jour un ami qui lui dit : “ Vos filles ont fait belle figure hier soir, au bal masqué ; leurs costumes ont rapporté les premiers prix. — Comment ! au bal masqué ! mes filles ! hier soir ! mais, c’est impossible ; elles étaient

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toutes deux indisposées, hier soir, et, déjà, elles étaient au lit quand je suis allé souper. ” C’est ce que sa femme lui avait dit, mais, en réalité, pendant qu’il soupait, ses filles étaient à faire leur toilette. Plus d’une fois, au signal donné, la mère s’est levée, en pleine nuit, pour faire entrer ses filles à l'insu de leur père, qui dormait tranquillement, les croyant à se reposer.

Qu'est-il arrivé encore ? Un bon jour, les parents apprennent, par les journaux, que Mademoiselle, la plus âgée de leurs filles, était mariée devant un ministre protestant, à un jeune homme, dont la réputation laissait beaucoup à désirer, et qui n’avait pas même la santé.

Ce scandale a été un coup mortel pour le père. Il s’est senti humilié, écrasé, anéanti ; ila eu le coeur brisé. Je lai vu pleurer à chaudes larmes, comme un enfant ; mais c’étaient des larmés de sang qu’il versait. Ces misères de famille ont occasionné d’autres difficultés qui l’ont achevé. Il est mort dans la force de l’âge.

Ceux qui l’ont le mieux connu sont d’accord à dire qu’il est mort avant son temps, le coeur brisé.

Une autre ressemblance, qui doit exister entre les époux, c’est que l’un et l’autre doivent avoir de la bonne volonté. L’homme aura beau être prudent et sage dans le choix d’une compagne, il aura beau prendre une femme, autant que possible, semblable à lui ; il y aura toujours entre eux un manque d'harmonie en quelque chose.

Cela vient de ce que personne n’est parfait ici-bas. Le mari aura ses défauts comme la femme aura les siens ; c’est pourquoi ils aurcnt à se supporter l’un l’autre, et, pour s’endurer, il faut de la bonne volonté.

Mais cette bonne volonté, qui fait que l’on se pardonne l’un l’autre, est le fruit de l’amour. Le garçon doit donc être sûr qu’il aime sincèrement la fille qu’il prend pour femme, et qu’il la marie par amour.

Il doit aussi s’assurer autant que possible, que ls fille est dans les mêmes sentiments à son endroit. S’il y a de l’amour mutuel,

il y aura de la bonne volonté de part et d'autre, et cette bonne volonté fera oublier tout ce qui pourra y avoir de différence entre eux, et leur permettra de vivre en paix.

Jeunes gens, rappelez-vous qu’une bonne femme est un don de Dieu, et qu’il la donne à celui qui la mérite : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui. ” Appliquez-vous, par une conduite chrétienne, à mériter cette aide semblable à vous, avec qui il fera bon de vivre ; et priez le Seigneur de vous diriger dans votre choix et de bénir votre union. — Ainsi soit-il.

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Non cst bonum cesse hominom solum, faciamus ei adjutorium simile sibi.

Il n'est pas bon que l'homme soit seul, faisons-lui une uide semblable à lui.

Mes très chers frères : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, ” d : le Créateur ; c’est pourquoi il doit se marier et prendre pour femme une personne qui lui soit une aide, une aide semblable à lui, comme nous l’avons vu dans les deux instructions précédentes.

S’il est important que les époux soient semblables sous le double rapport des conditions extérieures et des qualités du coeur et de l'esprit, il est encore bien plus

important qu’ils soient semblables sous le rapport de la religion. Il est tellement important que les époux soient de même religion, que l'Eglise, qui veille avec un soin jaloux, et avec une sollicitude toute maternelle sur les meilleurs intérêts de .

ses enfants, leur défend les mariages mixtes, comme une chose détestable.

Il y a, en effet, dans ces mariages, quelque chose qui répugne. Que diriez-vous d’une canadienne qui marierait un chinois ? Et, encore mieux, que diriez-vous d’un canadien qui marierait une négresse ?

J'ai vu ces deux cas, l’un à Holyoke, et l’autre à Worcester. Contre l’un et l’autre, on s’est élevé avec indignation, et l’on s’est servi des expressions les plus énergiques pour stygmatiser les coupables, et pour condamner leur folle conduite.

De pareils mariages sont certainement révoltants et odieux. Cependant, ils sont préférables aux mariages mixtes. L'Eglise aime mieux marier un canadien avec une négresse catholique, ou une canadienne

avec un chinois catholique, que de marier un catholique et un protestant de même race. Et la raison en est bien simple.

C'est que la différence de religions offre des inconvénients bien plus graves que la différence de races ou de couleurs.

Si les mariages entre blancs et noirs ou jaunes sont odieux et repoussants, les mariages mixtes le sont davantage. Si vous condamnez les premiers, à plus forte raison devez-vous condamner les seconds.

L'Eglise a toujours eu en horreur les mariages mixtes, elle les a toujours condamnés, et cela, pour plusieurs raisons.

Voyons ensemble quelles sont ces raisons et efforçons-nous de les bien comprendre.

Nous savons tous qu’il y a dans la nature une loi qui assemble ce qui se ressemble. C’est une loi universelle qui est partout en évidence. Si vous avez eu l’occasion de courir les bois, vous n'êtes pas sans avoir remarqué que les arbres de même espèce poussent ensemble, Vous

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trouvez des forêts de bois franc et des forêts de bois mou. Ici vous avez des érables, là des pins, ailleurs des chênes.

Chaque pays a ses plantes qui lui sont propres.

Ce qui est vrai du règne végétal est également vrai du règne animal. Vous voyez les chiens avec les chiens, les chats avec les chats ; les moutons se tiennent ensemble et les bêtes à cornes également.

Il en est de même des ciseaux. Ils se séparent des autres êtres, puis ceux de chaque espèce s’assemblent ; vous trouvez les pigeons avec les pigeons, et les moineaux avec les moineaux. Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi il en est ainsi ?

C’est qu’ils obéissent instinctivement à une loi de la nature.

Les hommes eux-mêmes n’échappent pas à cette loi. Vous les voyez se porter naturellement vers leurs semblables, et se grouper var nations, par tribus, et par familles. Le dicton populaire : “ Qui se ressemble s’assemble, ” n’est que l’énoncé

de cette loi appliquée spécialement aux hommes.

Saint Paul applique cette même loi aux chrétiens quand il dit : “ Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine (du Christ que je vous prêche), ne le recevez pas dans votre maison, et ne le suluez point. ” Nous, catholiques, nous formons une famille à part. Nous sommes unis ensemble par les liens les plus sacrés : nous professons la même foi qui nous vient du ciel ; nous vivons de la même vie que nous puisons à la même source ; nous sommes les membres de cette famille dont Notre-Seigneur Jésus-Christ est le chef.

C’est pourquoi nous ne devons pas, nous, catholiques, nous associer à ceux qui ne le sont pas. Nous ne devons pas les recevoir dans notre maison pour vivre avec eux dans l'intimité. Nous ne devons pas nous unir à eux par le mariage, pas plus, que dis-je? encore bien moins que les blancs ne doivent marier les noirs, ou les civilisés, les sauvages.

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Une deuxième raison, c’est que ces mariages sont opposés au bonheur du ménage. Comme nous l'avons vu déjà, les époux ne peuvent pas être heureux à moins qu’ils ne soient intimement unis.

Plus cette union est parfaite, plus leur bonheur est assuré. C’est pourquoi ils doivent viser à l’union la plus parfaite possible. De même qu’ils sont deux dans une même chair, au témoignage même de Notre-Seigneur, de même ils doivent être deux dans un même esprit, qui leur communique à tous deux une vie commune.

Animés d’un même esprit, les sentiments de l’un deviennent les sentiments de l’autre; ils ont une même volonté, tous deux travaillent d'accord au bien commun de la famille.

Je vous le demande maintenant, est-ce que cette fusion des âmes est possible dans les mariages mixtes ? Mais non ! elle est moralement impossible. Et, en effet, dans les mariages mixtes, les époux sont divisés sur la question la plus vitale, celle qui

tient le plus au coeur : la question de religion. Que de sacrifices les hommes n’ontils pas faits, et ne font-ils pas encore pour leur religion ! C’est pour elle que des millions de martyrs ont versé leur sang, c’est pour elle qu’une foule de chrétiens de nos jours sacrifient tout ce qu’ils ont de plus cher. On souffrira assez facilement une injure personnelle, mais on ne permettra pas que l’on s'attaque à ses convictions et à ses pratiques religieuses.

C’est là le grand obstacle à la paix et au bonheur des époux des mariages mixtes.

Comme la religion se mêle à tout et influence la vie entière, les époux seront continuellement en contradiction l’un avec l’autre. Le parti catholique devra penser comme un catholique, parler comme un catholique, et agir comme un catholique. Le parti protestant prétendra avoir autant de droit à ses convictions religieuses que son conjoint catholique, et il pensera et parlera, et agira en protestant.

Et ainsi, l’un adorera ce que l’autre mépri-

sera ; ce qui sera sacré pour le catholique, sera de la superstition pour le protestant ou l’infidèle ; pour le catholique, son conjoint sera ou un héritique ou un payen ; et pour celui-ci, le catholique sera un bigot et un ignorant.

C’est dans les moments de contrariété ou quand surviennent les malentendus entre les époux, alors qu’on est de mauvaise humeur et que l’on dit ce que l’on pense, qu'on se servira de cette divergence de vue pour s’injurier. Et ces injures, qui touchent aux convictions religieuses, font au coeur une blessure qui ne guérit pas.

De plus, ces mariages, qui dressent dans le sanctuaire de la famille deux autels, l’ur, sur lequel sacrifie le catholique, et l’autre, au service du protestant, privent la famille de ses plus douces consolations:

celles qui résultent de l'harmonie en matière religieuse. “ Je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre, quelque chose qu’ils demandent,

ils l’obtiendront de mon Père qui est dans les cieux. Car là, où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. ” Ces paroles de Notre-Seigneur sont de nature à faire tressaillir de joie les époux chrétiens, qui ont ainsi l’assurance que Jésus-Christ est au milieu d’eux quand ils sont en prière et qu’il prie avec eux.

Dans les mariages mixtes, il en est tout autrement. Il n’y a pas d’accord, chacun va de son côté; la divergence des consciences sépare les époux. Le parti catholique va, le dimanche, à l’église, et voit les familles catholiques assister ensemble à la messe ; il constate que cette réunion des membres d’une même famille au pied des saints autels, est pour eux une source d’édification mutuelle ; et, particulièrement pour les parents, une source de grandes consolations et de légitime fierté. Lui, il est seul, et, dans son isolement, il lui semble que sa prière est moins puissante; et, de plus, ce n’est pas sans chagrin qu’il

MARIAGES MIXTÈS

se voit privé des précieux avantages qu’il remarque dans les familles dont les époux sont tous deux catholiques. Ce sont là des privations bien capables de rendre la vie amère.

Une autre raison contre les mariages mixtes, c’est qu’ils mettent en danger la foi du catholique.

& Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es. ” Ce dicton est généralement vrai, mais il s'applique particulièrement aux époux, en raison de leurs rapports continuels et plus intimes. On se sent toujours, bon gré mal gré, du milieu dans lequel on vit, et on ne peut pas échapper à l'influence qu’exercent sur soi les personnes avec lesquelles on est continuellement en contact.

Or, voici des personnes unies ensemble par des liens les plus étroits, vivant de la vie commune, qui sont, l’une catholique et l’autre protestante ; que va-t-il arriver ?

Ce qui peut arriver dépend beaucoup de

la nature de ces unions. Le résultat peut varier selon que le mari ou la femme est catholique. Je suppose, d’abord, que c’est la femme qui est catholique, ce qui arrive le plus souvent. Dans ce cas, le mari est ou religieux, ou indifférent, ou anti-catholique.

Si le mari est religieux, s’il va à l’église, c’est qu’il a des convictions religieuses, et qu’il croit sa religion bonne. Il peut se faire qu’il n’ait pas de préjugés contre l'Eglise catholique ; admettons-le, quoique ce soit très rare chez les protestants pratiquants ; alors pour lui toutes les religions sont bonnes, même la religion catholique. Mais, si sa religion est bonne, comme il en est bien convaincu, pourquoi seraient-ils séparés, lui fréquentant une église protestante et sa femme l’église catholique ?

C’est tout naturel ;u’il veuille l’emmener avec lui. Il a conscience qu’il est bon pour elle, il lui donne tous les jours de nouvelles preuves d’un amour sincère; il

s'efforce de lui être agréable en tout, partant, elle ne pourra pas le refuser. L'âme pleine de ces sentiments, s’adressant à sa femme, qu’il couvre de ses plus tendres caresses, il lui dit : “ Si tu voulais, ma chère, tu viendrais à l’église avec moi aujourd’hui; je serais si content que nous allions à l’église ensemble ? ”

Le moment critique est arrivé pour cette femme, elle le comprend, aussi elle se trouble. D’un côté, sa conscience lui défend d’accepter la proposition qui lui est faite ; d’un autre côté, elle ne voudrait pas déplaire à son mari, qui a toujours été si bon pour elle ; que va:t-elle faire ?

Est-ce qu’il n’y a pas là un danger ct un grand danger ? Oui, mes frères, et j'ai connu plus d’une femme dont la foi catholique y a fait naufrage. Mais que va faire notre femme, quelle réponse vat-elle donner à son mari ?

Son devoir est tout tracé ; elle doit suivre la voix de sa conscience, et refuser

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gentiment, mais fermement, d’accompagner son mari à une église protestante.

Autrefois, dans les premiers temps de son mariage, la chose aurait été facile ; elle aurait trouvé, dans son amabilité, le moyen d’être agréable, tout en refusant.

Mais, aujourd’hui, il en est tout autrement. Il lui semble que la chose n’est pas possible, non ! elle ne peut pas refuser si peu à son mari, lui, qui est toujours si bon pour elle, et Dieu ne peut pas non plus lui reprocher d’être bonne pour son mari !

D'où vient ce changement du tout au tout, chez cette femme ? Ce changement, qui n’est ni plus ni moins qu’une perversion lamentable, vient de ce qu’elle a subi l'influence du milieu protestant dans lequel elle a vécu, et des personnes avec lesquelles elle a été mêlée, et particulièrement celle de son mari. Sans s’en douter peut-être, elle s’est protestantisée.

Si le mari est indifférent, le danger de perversion pour la femme n’est pas moins grand.

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Celui qui est indifférent en matière de religion, surtout s'il a déjà pratiqué, n’aime pas à entendre parler de ces choses.

Ji ne tient aucun compte de la religion dans sa conduite, il ne comprend pas ou ne veut pas comprendre, qu’elle puisse exercer sur la vie une influence salutaire.

En pratique, il est opposé personnellement à toute religion.

Le seul fait de vivre avec un h°mme qui tient pour rien la religion, est un danger pour la femme. A moins d’être d’une intelligence supérieure et d’une vertu à toute épreuve, elle se défendra difficilement contre ce danger. Si elle n’est pas continuellement sur ses gardes, et si elle ne réagit pas énergiquement, l’indifférentisme de son mari, par la seule force des choses, entrera lentemeri mais sûrement dans son esprit, et s'emparera de son àme.

Pour réagir contre l'influence délétère du mauvais exemple, elle doit pratiquer toutes les vertus de la vie chrétienne. Elle ne peut pas se protéger efficacement si

elle n’est pas pieuse. Mais comment le mari prendra-t-il cette conduite de sa femme, qui le condamne d’autant plus, qu'elle est plus pieuse et plus vertueuse ?

Il pourra faire d’abord bonne contenance, mais, à la longue, cette conduite lui tombera sur les nerfs et lui deviendra bientôt insupportable.

Pour changer cet état de chose qui lui est devenu intolérable, il se servira contre sa femme de l’arme favorite des indifférents : le ridicule, que la femme redoute tant, et auquel ne peuvent résister que les âmes bien trempées. D'ailleurs, dans sa pensée, c’est lui être utile que de la débarrasser de ses pratiques religieuses, qui ne sont, d’après lui, que des simagrées indignes d’une personne raisonnable. Il se moquera donc, de grand coeur, de ses bigoteries, il la traitera de superstitieuse et d’ignorante. Tout cela pourra être fait sans malice apparente, plutôt en badinant ; mais elle sentira néanmoins qu’il a dans le coeur ce qu’il dit. Ainsi, en voy-

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lant éviter un danger, elle se jette dans un autre non moins grand ; elle tombe de charybde en scylla.

Enfin, le mari peut être anti-religieux.

Dans ce cas, le sort de la femme n’est pas amélioré. Celui qui est opposé à la religion, hait géréralement l'Eglise et toutes ses pratiques religieuses. Ce qui veut dire que la femme ne jouira pas longtemps d’une pleine liberté de faire sa religion. Le mari anti-religieux, qui est avant tout anti-catholique, ne tolérera aucun exercice de piété en sa présence, et ne lui permettra pas d’aller à l’église ; ou il lui défendra positivement, ou il prendra des moyens indirects pour l’en empêcher. Elle se verra donc réduite à faire sa religion à la dérobée ou à se mettre en guerre ouverte avec son mari. Dans l’un et l’autre Cas, la vie sera on ne peut plus misérable, et le salut également en danger.

Maintenant, si c’est le mari qui est catholique, sa foi n’est pas non plus sans danger. Par là même qu’il a marié une

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protestante, il se met en contact avec ses arents protestants, avec lesquels il aura des relations de famille. Vivant dans un milieu protstant, mêlé à des personnes aux idées protestantes, pourra-t-il toujours se défendre contre les dangers auxquels l’exposent les circonstances dans lesquelles il se trouve? Mais le fait seul qu'il marie une person qui n’est pas de sa religion est de bien mauvais augure ; il indique que déjà sa foi laisse beaucoup à désirer. Et, s’il est déjà faible, pourrat-il se protéger d’un danger où les forts souvent font naufrage ? De plus, l’homme est naturellement moins pieux que la femme ; c’est pour cette raison, entre autres, que Dieu lui en a fait une aide, Etant privé du soutien courageux et pieux d’une femme de foi catholique, étant déjà faible dans sa foi, il est bien à craindre qu’il ne se perde lamentablement.

Si les mariages mixtes offrent des dangers pour les parents, ils offrent des dangers encore plus grands pour les enfants.

Les enfants sont toujours ce qu’on les fait; ils sont catholiques si on les fait catholiques, protestants si on les fait protestants. L'enfant se prête à tout; il profite des leçons qu’on lui donne, fait ce qu’on lui dit de faire, mais, surtout, il suit l'exemple qu’on lui donne. L'enfant est naturellement imitateur. C’est ce qui fait qu'on rencontre quelquefois des enfants qui nous surprennent par des réilexions qui ne sont pas de leur âge ; comme il arrive aussi d'entendre des enfants sacrer à faire envie aux démons eux-mêmes.

C'est pour cela que les enfants des mariages mixtes sont en si grand danger.

Ils voient leurs parents suivre deux religions différentes. Ces enfants aiment également leur père et leur mère, et, comme ils ont également confiance à l’un et à l’autre, ils concluront que, si leurs parents pratiquent deux religions différentes, c’est qu'elles sont également bonnes. Mais le parti catholique devra user de son droit et faire son devoir, en leur

faisant comprendre qu’ils doivent embrasser la religion catholique. Malgré toutes les précautions qu’il pourrait prendre pour ménager les susceptibilités religieuses de son conjoint protestant, celuici, étant humain, ressentira cette dépréciation de sa croyance, et usera de représailles, en se moquant des pratiques catholiques. (Cette divergence de vue fera naître des doutes dans l'esprit des enfants, qui n’ont pas raison d’avoir confiance plutôt à l’un qu’à l’autre ; ils concluront que, si une religion est mauvaise, l’autre peut l’être également, et ils n’en adopteront aucune.

De plus, si c'est la mère qui est protestante, comment pourra-t-elle donner aux enfants le sens catholique, qui leur apprendra à penser et à juger en catholique ? Comment pourra-t-elle leur inspirer l'amour de la piété chrétienne, si nécessaire au catholique pour remplir ses devoirs de chrétien ? Si c’est le père qui est prot-stant, les garçons, qui ont suivi

les instructions de la mère, qu’ils accompagnaient volontiers à l’église, quand ils étaient jeunes, sont bien exposés, devenus grands, à se séparer de leur mère pour suivre leur père, ou pour dire adieu à toute pratique religieuse, comme la chose arrive très souvent. Dans les Etats-Unis, d’après une statistique de 1890, rapportée par Tanquerey, un savant professeur et auteur de théologie, les deux tiers des enfants issus des mariages mixtes sont perdus pour la foi.

Cependant, malgré tout le mal que font ces mariages, particulièrement chez les enfants, ils ne sont pas toujours malheureux, ni nécessairement mauvais ; quelquefois ils font un bien réel. C’est pourquoi l’Eglise les permet quelquefois, mais c’est toujours à contre-coeur et en tremblant. Elle les permet, dans des cas particuliers, pour éviter un plus grand mal, ou dans l’espoir d’un plus grand bien.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles l'Eglise permet ces mariages : entre

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autres, l’âge avancé de la femme. Le fait qu’une fille a vingt-quatre ans révolus, est une raison suffisante pour obtenir la dispense de contracter un mariage mixte.

Je fais mention ici de cette raison seulement parce qu’elle fait bien connaître la pensée de l'Eglise sur l’importance et la nécessité du mariage, dont nous avons parlé avec tant d’insistance, dans les instructions précédentes. Elle nous dit, par là, que le mariage est si important qu’il vaut mieux pour une fille qui désire se marier, d’épouser un protestant, malgré tous les inconvénients que présentent ces mariages, plutôt que de ne pas se marier du tout.

Quand il y a une bonne raison, dont l'évèque seul est le juge, la permission de contracter un mariage mixte est accordée, mais seulement aux conditions suivantes : le parti protestant s'engage, généralement par écrit, en signant une formule préparée à cet effet :

Premièrement : A laisser au parti

catholique une pleine et entière liberté de pratiquer sa religion ;

Deuxièmement : A faire baptiser et à élever dans la religion catholique tous les enfants, de l’un et l’autre sexe, qui naitront de leur mariage ;

T'roisièmement : À ne pas avoir, dans la célébration de leur mariage, d’autre cérémonie que celle qui est faite devant le prêtre.

Le parti catholique, de son côté, s’engage à travailler, avec sagesse et prudence toujours, dans la mesure de sa capacité, à la conversion de son conjoint.

Les mariages mixtes, faits dans les conditions voulues, sont légitimes, mais cela n'empêche pas qu’ils sont toujours redoutables. C’est pourquoi il faut les considérer comme des pis aller et les éviter autant que possible. Et, comme moyen de les éviter, gardez-vous de la compagnie des protestants, et ne vous

laissez pas gagner par leurs avances amoureuses.

Si vous avez, ou croyez avoir des raisons pour contracter un mariage mixte, ne vous y engagez pas, je vous en prie, sans voir votre curé, ou sans en parler à votre confesseur. Mais surtout, dans la crainte de ne pas avoir la dispense, n’allez pas faire la faute impardonnable d’aller vous marier hors de l'Eglise.

S'il y a lieu de vous marier avec une personne qui n’est pas de votre religion, il faut alors, pour vous prémunir le plus possible contre les dangers, vous remplir de bonne volonté, vous attacher fermement à votre foi, et être scrupuleusement fidèle à vos pratiques religieuses. — Ainsi soit-il.

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