TROISIÈME QUESTION
Comment doit-on se marier ?
I Fréquentation LL Bans — III Disposition des mariés IV Célébration V Mariages clandestins
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Mulierem jortem quis inveniet ?
Qui trouvera une femme forte ?
PROV., XxXXI, 10.
La question, comment faut-il se marier?
mes bien chers frères, est la troisième que nous nous sommes posée. Nous avons dit quand il faut se marier et qui il faut marier. Nous allons maintenant répondre à notre troisième question. Pour que cette réponse soit assez complète, nous parlerons des fréquentations, de la publication des bans, des dispositions requises de la part des mariés, de la célébration du mariage et des mariages clandestins. Nous
consacrerons une instruction entière à chacun de ces points.
Il faut, avant tout, être prudent dans le choix de son époux et se marier sagement.
Comme nous l'avons vu, dans les instructions précédentes, le garçon doit prendre pour femme une fille qui a toutes les qualités nécessaires pour assurer son bonheur. La fille, de son côté, ne doit accepter pour mari qu’un garçon sage, honnête et capable de la faire vivre selon sa condition. Ils doivent apprendre, l’un et l’autre, à se connaître intimement, afin de s'assurer qu’ils se conviennent bien, et qu’il y a de part et d’autre les qualités voulues ; et, cette connaissance intime, ils ne peuvent l’acquérir qu’en se voyant et en se visitant. De là la nécessité de la fréquentation, qui est également importante pour le garçon et pour la fille.
Ils sont peu sages les jeunes gens qui se marient sans avoir appris à se connaître.
Quelquefois ces mariages réussissent, mais rarement. J’ai, dans le moment,
présents à l'esprit, deux de ces mariages qui ont été heureux. Dans les deux cas, les époux ne s'étaient connus qu’une semaine ; jamais ils ne s’étaient rencontrés auparavant ; mais les garçons Connaissaient de réputation les filles et leurs familles. Cette connaissance était pour eux une garantie ; mais les filles, qui étaient d’une ignorance complète au sujet des garçons, risquaient terriblement. Mais ce sont là des exceptions ; ces mariages sont généralement malheureux.
Il y a encore de vieilles gens qui se scandalisent de la fréquentation des jeunes amoureux, qui s’y opposent de toutes leurs forces, et qui la condamnent comme une institution criminelle. Leur intention est bonne, sans doute, mais ils sont dans l'erreur. Ils ne comprennent pas que la fréquentation, en elle-même,n’est ni bonne ni mauvaise, et que ce sont les circonstances qui la rendent bonne ou mauvaise. Ces bonnes gens viennent des campagnes du Canada où, dans leur temps, tout le monde