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Mais, mes frères, puisque la publication des bans offre de tels avantages, comment se fait-il qu’on semble tant la redouter ?
C’est qu’on ne la comprend pas bien. On la considère comme une imposition injuste et odieuse. C’est une grave erreur. Les bans, au contraire, sont nécessaires, en même temps qu’ils sont un compliment à l'adresse des mariés.
Si quelqu'un, en apprenant que deux jeunes personnes se préparent à se marier prochainement, allait trouver ses amis, Ct toutes ses connaissances et leur disait :
“ Ecoutez, mes amis, voici un tel et unc telle qui sont des nôtres, qui veulent se marier. C'est une nuble ambition qui les honore, et nous devons les en féliciter. 1ls se préparent à une affaire importante, pleine de charme, il est vrai, et toute glorieuse, mais elle ne manque pas de dangers. Alors, allons généreusement ct joyeusement à leur secours, et aidons-les à éviter tout danger ; contribuons à enlever à leur mariage, les obstacles qui peu-
vent se présenter, et prions le Seigneur, l’auteur de tout bien, de bénir leur union ; et encourageons-les par tous les moyens possibles. ”.
Vous admireriez ce quelqu'un, son bon esprit, sa bienveillante sympathie ; vous loueriez sa conduite et la béniriez, n’est-ce pas ? Eh bien ! c’est ce que fait l'Eglise dans ses publications. Elle invite ses enfants à s'intéresser au mariage qu’elle proclame, et à offrir leurs bons offices aux mariés qu’elle acclame.
Ils sont donc mal inspirés Ceux qui s’opposent à la publication des bans et ceux qui, pour la moindre raison, veulent en être dispensés. Ils font preuve qu’ils manquent de sens chrétien, et qu’ils sont plutôt animés de l’esprit du monde que de l'esprit de l’Eglise. Ces mêmes gens, qui paieront cinq dollars pour ne pas publier à l’église, ne feront aucune difficulté de publier leur mariage dans les journaux.
à Ils ne sont donc pas opposés à la publication elle-même ; mais, d’où vient cette
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opposition de leur part 9 De cet esprit, dont ils sont animés, qui, de nos jours, se fait sentir un peu partout,et qui manifeste de la répugnance pour une chose qui vient de l'Eglise, tandis qu’il accepte très volontiers la même chose, absolument, du moment qu’elle vient du monde.
Ceux qui, au contraire, ont le sens pratique des choses de l'Eglise, qui sont animés de l’esprit chrétien, qui sont avani tout catholiques, aiment à publier, et 8e
font une gloire de publier les trois bans, comme Le veut la loi. Ils comprennent, eux, toute l'importance de cette loi et sa grande sagesse.
Cependant, il peut y avoir des raisons pour justifier une demande de dispense ; il peut arriver même qu’il faille absolument ne pas publier. Du moment qu’il y a de bonnes raisons, la dispense est toujours accordée. Pour la dispense d'un ban, il suffit d’une raison quelconque ; pour la dispense de deux bancs, il faut une raison plus sérieuse ; et la dispense
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des trois bancs n’est accordée que pour une raison grave.
Celui qui obtiendruit une dispense de vans par fraude, en trompant le curé, et par lui, l’évêque, en alléguant es raisons qui n’existent pas, ou en leur donnant une valeur qu’elles n’ont pas, se rendrait coupable de péché mortel, et s'exposerait à des peines canoniques.
Il y en a qui semblent croire que les dispenses sont accordées arbitrairement.
C’est une erreur grossière. Néanmoins, elle se manifeste souvent. On dira, par exemple : “ Un tel n’a pas publié, je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas le même avantage. ” C’est naïf, n’est-ce pas ?
Cependant cette naïveté est répétée souvent. Si la dispense demandée a été accordée à un tel, c’est parce qu’il avait des raisons pour l'obtenir ; la question est de savoir si vous avez, vous aussi, de bonnes raisons. Si vous avez des raisons suffisantes, vous l’obtiendrez comme lui; si non, elle vous sera refusée, comme elle
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aurait été refusée à votre Monsieur un tel, s'il n’avait pas eu les bonnes raisons qui la lui ont fait avoir.
Pour les mêmes raisons qu’elle impose l'obligation des bans, l'Eglise fait un devoir aux fidèles de révéler les empèêchements qu’ils connaissent aux mariages qu'elle publie. Elle fait la publication des bans dans l'intérêt des mariés et du sacrement, comme nous l'avons vu, et dans un esprit de charité et de religion. C'est aussi dans ce même esprit de charité et de religion qu’elle impose l’obligation de faire connaître les empêchements aux mariages qu’elle public.
Et, en effet, la charité chrétienne, cette charité qui veut que nous aimions le prochain comme nous-mêmes, que nous le traitions comme nous voudrions, dans les mêmes circonstances, être traités par lui, exige que nous lui épargnions tout le mal possible.
Or, voici que vous entendez publier uu
jeune couple : vous savez que ces jeunes gens ne peuvent pas se marier, parce qu’il y a un empêcement, que vous connaissez, lequel met un obstacle à leur mariage ; vous savez que s’ils se marient sans faire enlever cet obstacle, leur mariage sera nul, et qu’ils seront privés des grâces du sacrement, si nécessaires pour vivre chrétiennement dans l’état du mariage.
Ce qui veut dire qu’ils seront dans l’erreur, dans une erreur des plus malhenreuses, dont ils ne ‘“irront pas sortir à cause de lignoran. : invincible dans laquelle ils se trouveront. Ils se croiront mariés, et ils ne le sers nt pas ; ils se croiront des époux, et ils ne seront que des concubinaires ; ils croiront que leur mariage est un sacrement, tandis qu'il ne sera qu’un concubinage ; ce qui entraîne la triste conséquence que leurs enfants ne seront que des enfants naturels ou illégitimes.
Que devez-vous faire ? Est-ce que vous pouvez être indifférents au malheur qui
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attend ce jeur couple ? Est-ce que vous pouvez vous croiser les bras et dire :
“Cela ne me regarde pas, Cest leur affaire, qu'ils y voient ? ” Non, mes frères, vous avez là un devoir à remplir, et ce devoir envers ce jeune couple, est d’empêcher qu’il ne souffre les conséquences fâcheuses d’un mariage nul, en faisant connaître l’empêchement qu’il y a à son mariage.
Mais ce n’est pas seulement un devoir de charité, c’est aussi un devoir de religion. La vertu de religion, en nous por-
1 tant à Dieu, nous inspire du respect pour ë tout ce qui regarde les choses de Dieu. Si vous connaissiez quelque complot ourdi dans le dessein de profaner une église, vous comprenez que vous devriez dénoncer les malfaiteurs et empêcher l’exécration de l’église ; votre respect religieux pour les choses de Dieu et de l'Eglise, né de la vertu de religion, vous le dit.
Vous devez, dans le même esprit, et pour les mêmes raisons, empêcher qu’ui
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mariage ne soit nul. Le mariage est une chose sainte, d’abord parce qu’il est d’institution divine, et ensuite parce qu’il est un sacrement. A ce double titre, il mérite tout notre respect. Or, ce n’est pas lui donner le respect qui lui est dû que de permettre qu’il soit nul, en négligeant de faire connaître les empêchements à sa validité ; c’est manquer à son devoir, c’est pécher contre la vertu de religion.
Ce n’est donc pas inutilement que l’on vous répète, après chaque publication, la formule : ‘“ Si vous connaissez quelque empêchement à ce mariage, vous devez nous en avertir au plus tôt. ” Cette formule vous rappelle le devoir que l'Eglise vous impose, au nom de la charité chrétienne et de la vertu de religion, de faire, quand il y a lieu, la révélation des empêchements de mariage.
Mes frères, les avantages qui découlent de la publication des bans, nous en font connaître toute l’importance. Sur cette question, comme sur toutes les autres, il
est sage de penser comme l'Eglise.
L'Eglise veut que vous publiiez trois fois; publiez volontiers trois fois. S'il y a lieu de demander une dispense, faites-le, mais que ce soit toujours pour de graves raisons et à regret. Enfin, si vous connaissez des empêchements aux mariages que vous entendez publier, faites connaître au curé ces empêchements ; faites-les connaître dans un esprit de charité et de religion ; dans l'intérêt des mariés qui méritent vos meilleurs voeux, et dans l’intérêt du sacrement qui mérite tout votre respect. — Ainsi soit-il.
Accipies virginem cum timore Domini, amore fJiliorum magis quam libidine ductus.
Vous prendrez une femme dans la crainte du Seigneur, et guidé par le désir d'avoir des enfants plutôt que par la passion.
ToB., VI, 22.
Après avoir parlé, mes bien chers frères, de la fréquentation et de la publication des bans, parlons maintenant des dispositions dont les mariés doivent être animés.
L’archange Raphaël disait au jeune Tobie : ‘“ Vous prendrez une femme dans la crainte du Seigneur, guidé par le désir d’avoir des enfants plutôt que par la passion. ”
Les mariés doivent donc avant tout apporter une intention pure et droite, qui les dispose à vouloir et à faire le bon plaisir de Dieu. Ils doivent craindre le Seigneur, non pas de la crainte des esclaves, qui servent leur maître parce qu'ils ont peur des coups ; mais de cette crainte affectueuse de l’épouse, qui a peur de déplaire.
Ainsi disposés, les époux se proposeront, en se mariant, ce que le Créateur s’est proposé en instituant le mariage :
à savoir, la famille, la vie commune, et un remède à la concupiscence.
La famille est la fin première du mariage; c’est sa principale raison d’être.
C’est aussi cette fin que les époux doivent avant tout se proposer en se mariant.
“ Nous sommes les enfants des saints, äisait le jeune Tobie à Sara, sa femme, et nous ne devons pas nous unir comme les payens, qui ne connaissent pas Dieu. ” Puis s’adressant à Dieu dans une prière
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fervente, il dit : “ Seigneur, vous Savez que ce n’est pas pour satisfaire ma passion que je prends Sara pour épouse, mais dans le seul désir d’une postérité, par laquelle votre saint nom soit béni dans tous les siècles. ”
Bienheureux sont ceux qui se marient dans de pareilles dispositions ! Dieu les bénit, eux et leur postérité, comme il a béni Abraham, Isauc et Jacob. Il vit dans leurs descendants et les rend forts et prospères, pleins de vertu et de gloire.
C’est dans ces familles bénies entre toutes, qu’il se choisit les âmes d'élite, qui sont bienheureuses de travailler, de se sacrifier et de s’immoler pour la gloire de son saint nom, et pour le salut des âmes. Ce sont ces familles qui produisent les prêtres, les évêques et les papes ; ‘€ sont ces familles qui produisent les vierges, les martyrs et les apôtres ; ce sont ces familles qui produisent nos bons pères de famille, qui ne craignent pas de s‘exposer à la risée d’un monde perverti et
corrompu pour faire leur devoir ; ce sont ces familles qui produisent ces femmes fortes, que le ciel applaudit et que la terre admire, qui disent, à l’exemple de la mère divine : “ Voici les servantes du Seigneur, qu'il nous soit fait selon sa volonté ”, et qui font, par leur fécondité admirable, le salut de la race chrétienne ; les générations futures se lèveront et proclameront bienheureuses ces mères chrétiennes, ces femmes fortes et courageuses.
‘“ Nous sommes les enfants des saints, dit Tobie à sa femme, nous ne devons pas nous unir comme des payens, qui ne counaissent pas Dieu. ” Mais, mes frères, nous sommes plus que les enfants des saints, nous, nous sommes les enfants de Dieu: Dieu est notre père, Jésus-Christ est notre frère, la mère de Dieu est notre mère, quoique sur la terre nous appartenons au ciel ; là est notre famille, là est notre chez nous. Nous avons donc encore plus de raison que Tobie et les saints de l'Ancien Testament dont il parle, de ne
pas nous unir en mariage comme des payens, qui ne connaissent pas Dieu, qui se marient pour satisfaire leur p.ssion ; mais de nous marier dans le seul désir d’une postérité, par laquelle le nom du Seigneur soit béni dans tous les siècles.
Animés de ces saintes dispositions, les mariés véritablement chrétiens entendent le “ reproduisez et multipliez-vous ?” du Créateur ; ils en comprennent toute la portée et la grandeur de leur mission divine ; et rieu au monde ne peut les empêcher d’y être fidèles.
Ils savent qu’ils auront à faire des sacrifices, qu’ils auront d’abord, de part et d'autre, à quitter leurs parents ; le mariage les sépare aussi de leurs amis.
Le père aura bien des soucis, et sera soumis à un travail souvent pénible et peu rémunérateur ; il devra par des efforts incessants soutenir sa famille. La mère devra vivre de privations ; pendant de longues années, elle aura à souffrir de beaucoup d’incommodités, et sera exposée à bien des dangers.
Ils comprennent qu’ils ne peuvent pas remplir fidèlement leur mission sans qu’il leur en coûte. Mais ils craignent Dieu, et, dans leur crainte amoureuse, ils sont prêts à faire tous les sacrifices pour ne pas lui déplaire ; et ils ont confiance qu’il bénira leurs bonnes dispositions, et qu’il leur donnera les moyens de remplir leur noble mission.
Ils trouvent dans leurs bonnes dispositions, fruit de la crainte de Dieu, le secret du bonheur véritable. Nous sommes ainsi faits, que nous devons nous donner et nous dépenser pour les autres ; c’est un besoin de notre nature. Il n’y a que ceux qui comprennent cette loi, qui soient capables des joies les plus pures. La femme égoïste qui ne comprend pas son devoir et qui méprise la maternité, se prive des plus douces consolations dont son coeur soit capable. L'homme qui néglige sa famille, est malheureux ; il souffre d’un manque de dévouement, que sa conscience lui reproche. Ils font vio-
lence à une loi intime de la nature, ils en portent les conséquences.
Ceux qui se donnent volontiers, au contraire, sont heureux. Ils travaillent fort, se fatiguent, peinent à la tâche, qui devient de plus en plus rude à mesure que la famille grandit en nombre; cependant, ils goûtent au fond de leur âme un bonheur qui a quelque chose des joies célestes, que rien ne peut leur enlever ; c’est qu'ils sont d’accord avec une loi intime de leur nature, et de cette harmonie résulte leur bonheur. Et ce bonheur est d’autant plus grand qu’ils se donnent davantage et plus volontiers.
Mais, mes frères, tous ne comprennent pas cette loi. Aussi il y en a qui se font une loi à eux-mêmes et cherchent le bonheur là où il n’est pas. Je voudrais n'avoir pas à mentionner ici ces abus ; mais je dois le faire, car ces abus tendent à se répandre, et ne pas les condamner serait les encourager. Il s’agit des mauvaises dispositions qu’on apporte au
mariage. Il y en a qui semblent ne pas avoir la moindre idée des obligations du mariage : ils se marient comme les animaux s’accouplent. Pardonnez l’expression ; elle n’est pas de moi, mais des Saintes Ecritures. Ecoutez les paroles de Raphaël à Tobie, remarquez que c’est un archange qui parle au nom de Dieu, dont il est l’envoyé : “ Ceux qui s'engagent dans le mariage de manière à bannir Dieu de leur coeur et de leur esprit, et qui ne pensent qu’à leur passion comme le cheval et le mulet, qui sont sans raison, le démon a du pouvoir sur ceux-là. ”
Peut-en croire qu’il y ait des chrétiens assez imbus des erreurs du siècle, dont l'esprit soit assez perverti et le coeur assez dépravé, pour se marier dans de pareilles dispositions ? Je comprends que des infidèles, qui ne connaissent pas Dieu, puissent s’accoupler ainsi, comme le cheval et le mulet, n’avoir en vue rien autre chose que la satisfaction de leur passion, rejeter la fin première du
mariage, et s'engager d'avance par un pacte criminel à empêcher la famille ; mais peut-on croire que des chrétiens soient capables d’agir de la sorte? Cependant, il peut arriver et il arrive quelquefois, malheureusement, que de nos jeunes gens se marient à condition de ne pas avoir d'enfants, ou de n’en avoir qu’un certain nombre, ou d’en avoir seulement après un certain temps. C’est une affaire entendue d’avance, c’est un contrat fait en bonne et due forme, et accepté de part ct d'autre. Quel pacte infâme ! quelle entente abominable ! quel marché satanique !
Que faut-il penser de ceux qui reçoivent le sacrement dans de pareilles dispositions tout animales et diaboliques? Ils sont coupables de la plus sale et de la plus hideuse profanation du sacrement ; ils sont coupables de sacrilège; et, comme dit l’archange Raphaël, ils sont livrés au pouvoir du démon.
Le Créateur, en instituant le mariage,
s'est proposé, en second lieu, la vie commune des époux : “ Il n’est pas bon que l'homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui ”, dit-il ; puis il crée la femme et la lui donne pour compagne inséparable. Les mariés doivent donc se proposer la vie commune avec tout ce qu’elle comporte.
Le garçon qui est bien disposé veut être pour sa femme un compagnon éclairé, un protecteur prudent, et un guide sûr ; il se propose de lui donner le soutien, les encouragements et tous les soins que la femme a le droit d'attendre de son mari.
Nous reviendrons sur ce sujet quand nous parlerons des devoirs des époux. La fille, de son côté, doit se proposer d’être, pour son mari, une compagne agréable et l’aide qu'il a le droit d’attendre d’elle : cette aide dont nous avons parlé longuement dans une instruction précédente. Ils doivent se proposer, tous les deux, de faire tout en leur pouvoir pour rendre la vie commune douce et harmonieuse.
Il y en a qui se marient pour des fins tout autres. Quand j'étais jeune homme, j'entendais, un jour, une fille dire à une amie, parlant de son fiancé : “ C’est vrai que je ne l’aime pas, parce qu’il n’est pas fin, mais il est bon garçon et il a de l’argent. Je t’assure que je vais m’en donner; s’il n’est pas content, je l’enverrai promener. ” Ce discours a fait sur moi une impression telle que je ne l’ai jamais oublié.
Se marier dans de telles dispositions, c’est vouloir, à coup sûr, son malheur. Le garçon, en effet, n’a pas été content, mais c’est elle qu’on a envoyée promener. Il était assez fin pour s’apercevoir, en peu de temps, de ses mauvaises dispositions. Il a voulu lui être utile ; il a essayé, dans sa grande bonté, de la corriger ; mais, comme elle ne l’aimait pas, elle ne pouvait souffrir ses charitables réprimandes, et l’invectivait de reproches pour se faire pardonner ses défauts. C’est une bien mauvaise manière de faire que celle-là, c’est
une tactique qui ne peut avoir que des conséquences fâcheuses. Aussi, elle est devenue tellement insupportable qu’il a dû la quitter.
D'autres, qui se rencontrent surtout chez les personnes âgées, et particulièrement chez les veufs et les veuves, diront :
“ Nous nous marierons, mais, si nous ne sommes pas heureux en ménage, nous nous séparerons. ” $Se marier avec une pareille intention, c’est commettre un péché grave et c’est préparer un scandale.
Et, en effet, d’abord, c’est un devoir pour les époux de vivre de la vie commune, et cela, non pas seulement pour un temps, mais pour jusqu’à la mort. C’est déjà manquer à ce devoir, et être gravement coupable devant Dieu, que d’avoir l'intention d’y manquer. Et, ensuite, c’est un grave devoir pour les époux de rendre possible la vie commune. Ils doivent prendre les moyens nécessaires pour arriver à cette fin. Ne pas prendre ces moyens, c'est manquer à leur devoir, et c’est pécher.
De plus, ils préparent un scandale.
Leur intention de se séparer, prépare la séparation réelle. Et, en effet, la perspective de la séparation leur fera infailliblement négliger de prendre les moyens de vivre d'accord : ils ne feront aucun sacrifice pour éviter de se contrarier, ils n’auront pas la patience de se supporter longtemps, ils se montreront indépendants l’un de l’autre, ils seront indifférents l’un pour l’autre ; leur vie deviendra de plus en plus pénible, et, finalement, la séparation viendra. Souvent, pour grossir le scandale, suivra un procès où l’on rendra publiques les misères de leur triste ménage.
C’est malheureux que ces choses puissent arriver. C’est malheureux à cause du péché dont on se rend coupable et de l’offense faite à Dieu ; c’est malheureux à cause de la disgrâce que s’attirent les coupables et du déshonneur qui s'attache à leur famille ; c’est malheureux pour la paroisse où la chose arrive et pour la
société en général, à cause du scandale qui en résulte.
Mais alors, mes frères, que faut-il donc penser de ceux qui se marient avec l’intention de divorcer ? Il peut se faire qu’il y en ait des nôtres, qui ne se marient qu’à condition de divorcer, si Ça ne va pas.
La chose se pratique si en grand de nos jours, comme on le constate par les nombreux divorces que l’on décrète tous les jours, qu’ils peuvent se laisser gagner par l'erreur, et finir par croire que ce n’est pas si mal après tout.
Ne vous laissez pas tromper, mes frères; se marier avec l’intention de divorcer, si ça ne va pas, afin d’être libre de convoler en d’autres noces, est le comble de l’immoralité. C’est un pacte impie et sacrilège, contraire à toutes les lois. Il est contraire à la loi naturelle qui veut que le lien du mariage ne soit pas laissé au bon plaisir des conjoints : ‘“ Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ”, dit Notre-Seigneur, parce que dans le commencement
Dieu créa le mariage indissoluble. Il cst contraire à la loi divine, mise en pleine vigueur par Notre-Seigneur, comme nous le constatons par les paroles que nous venons de citer, et par ces paroles de saint Paul: ‘“ La femme est liée à la loi du mariage tant que son mari est vivant. ” Il est contraire à la loi de l’Eglise qui entoure de sa protection la sainteté et l'iudissolubhilité du mariage.
Se marier avec l'intention de divorcer est un acte impie et sacrilège, par lequel on ne s'attaque pas seulement à Dieu et à l'Eglise, mais encore à l’essence même du sacrement, et en fait un concubinage; car il n’y a pas de mariage possible quand on veut ne se marier que pour un temps ; c’est se rendre coupable d’hérésie, de sacrilège et de concubinage ; c’est s’abaisser au niveau des payens, qui ne connaissent pas Dieu, et se ravaler au rang du cheval et du mulet, qui n’ont pas la raison; c’est s’enrôler sous la bannière de la révolte, et servir la cause du mal et de satan ; c'est
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se mettre au pouvoir du démon : “ Ceux qui s’engagent dans le mariage, dit l'archange Raphaël à Tobie, de manière à bannir Dieu de leur coeur et de leur esprit, et qui ne pensent qu’à leur passion, comme le cheval et le mulet, qui sont sans raison ; le démon a du pouvoir sur ceux- | A
Enfin, la troisième raison d’être du mariage est de modérer les passions, de servir de remède à la concupiscence, et, ainsi, de faire éviter le péché. Les mariés, en entrant dans l’état du mariage, doivent donc se proposer d’user du mariage honnêtement, et de se conserver purs et chastes.
Comme le mariage est un remède à la concupiscence, il devient une nécessité pour ceux qui sont exposés au péché de la chair :“ A cause du péché impur, dit saint Paul, que chaque homme ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. ” Ildit encore : “ Car il vaut mieux se marier que de subir le feu des passions. ” Il est donc
parfaitement légitime et louable, en soi, pour les personnes âgées, de se marier, quoiqu’en puisse dire le monde, qui est toujours moins préoccupé des choses de la conscience et du salut que de suivre ses modes.
Pour être bien disposés, les jeunes gens doivent se marier avec l’intention bien fixée d'éviter tout péché charnel, de se respecter mutuellement en ne se permettant que ce que la loi du mariage leur
permet, cet d'être toujours fidèles à la foi donnée. Se marier en se proposant le péché, sous quelque forme que ce soit, c’est chasser Dieu du mariage et y inviter le démon.
Avec l'intention d'entrer en tout dans les desseins de Dieu dans l'institution du mariage, il faut l’état de grâce. Le mariage, étant un sacrement des vivants, il faut, pour le recevoir dignement,n’avoir la conscience chargée d'aucun péché mortel. Celui qui se marierait en état de péché mortel, se rendrait coupable de
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faute grave, qui prend la nature d’un sacrilège, et se priverait des grâces du sacrement.
Les mariés doivent donc se préparer à leur mariage par une bonne confession, suivie d’une communion fervente. De plus, comme ils entrent dans un nouvel état de vie, commençant en quelque sorte une vie nouvelle, il est bon qu’ils s’y préparent par une confession générale, afin de se purifier davantage, et de régler le passé, une fois pour toutes, et afin d’envisager l’avenir avec toute la sécurité et la confiance que donne une conscience parfaitement en paix.
M2, comme le mariage se fait à deux, il peut se faire que l’un des deux ne soit pas bien disposé, qu’il soit même actuellement en état de péché mortel ; qu’arrivetil alors ? Comme le mariage est profané par celui qui le reçoit indignement, est-ce que l’autre qui est bien disposé, a sa part de responsabilité dans la faute commise ?
Nullement. Ce qui arrive dans ce cas,
c’est que celui qui est bien disposé fait un acte religieux dont il a le mérite, reçoit dignement le sacrement avec toutes ses grâces ; l’autre, qui est en état de péché mortel, reçoit aussi le sacrement, mais il le reçoit indignement, n’en reçoit pas les grâces, et se rend coupable de sacrilège.
Mais indirectement, à cause de la vie commune qu’ils doivent vivre ensemble, le parti bien disposé pourra ressentir les effets du péché de son conjoint. Pour cette raison et pour le bien qu’il lui veut, il doit l'engager, par tous les moyens possibles, à se bien disposer, afin de rece voir dignement le sacrement de mariage, ct de s’assurer ainsi ses grâces précieuses.
Mes frères, vous, qui vous préparez à vous marier, entrez dans de saintes dispositions. Mariez-vous dans la crainte du Seigneur ; n’ayez d’autre ambition que celle de lui plaire en vivant chrétiennement dans l’état du mariage, en élevant une famille qui puisse le servir sur la terre et bénir son saint nom dans tous les siècles.
“ Nous sommes les enfants des saints, disait Tobie à sa femme, le jour de ses noces, et nous ne devons pas nus unir comme des payens, qui ne connsissent pas Dieu. ” Puis, s'adressant au Seigneur, il ajoutait : ‘“ Seigneur, vous savez que ce n’est point pour satisfaire ma passion que je prends Sara pour femme, mais dans le seul désir d’une postérité, par laquelle votre saint nom soit béni dans tous les siècles. ”
Puissiez-vous, jeunes hommes, entrer dans ces sentiments de Tobie. Et vous, jeunes filles, puissiez-vous dire comme Sara : “ Vous savez, Seigneur, que jai conservé mon âme pure de tonte concupiscence. Si j'ai consenti à recevoir un mari, C’est dans votre crainte et non par passion. Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous, et faites que nous vieillissions ensemble dans une parfaite santé. ” — Ainsi soit-il.
Volo.
Oui, je le veux.
RI7, Rom.
La célébration d’un mariage, mes bieu chers frères, est toujours un événement intéressant. C’est que l’on voit dans les jeunes époux une nouvelle source de vic qui va contribuer à alimenter le fleuve de l'humanité, qui roule ses eaux vives, toujours rapides, et de plus en plus abondantes, vers l’éternité.
Comme Adam et Eve, ils font souche pour donner la vie à une nouvelle génération. Pour eux, c’est un monde nouveau qui commence, dont ils verront peut-être la troisième et la quatrième génération.
Aussi, voyez de quelle sollicitude l’Eglise
entoure les jeunes époux : elle les conduit au pied des saints autels, prie pour eux, bénit leur union et la sanctifie. Et voyez avec quel enthousiasme les parents et les amis les acclament, et avec quelle sincérité ils les félicitent et leur présentent leurs meilleurs voeux de bonheur.
Tous se réjouissent avec les nouveaux époux, et Notre-Seigneur, comme aux noces de Cana, prend part à ces fêtes, quoique d’une manière invisible, et encourage les amusements innocents d’uu mariage chrétien.
Malgré toute l'importance du mariage, sa célébration, en soi, est très simple ; mais l'Eglise a voulu l’entourer de cérémonies religieuses, toutes pleines de significations et de piété. Voyons ensemble ces cérémonies et tâchons d’en bien comprendre l'esprit.
Le grand jour arrivé, les mariés, s’étant bien préparés et étant bien disposés, ct les bans ayant été publiés, se rendent à
l’Eglise pour la célébration de leur mariage. Ils doivent être accompagnés de deux personnes chargées d’être les témoins officiels de la cérémonie. Il est bon que les parents et les amis les accompagnent comme gage de leur sympathique approbation, pour les aider de leurs prières ferventes, et pour rehausser par leur présence l’éclat de la fête religieuse.
Arrivés au pied des saints autels, ils prennent les places qu’on a préparées pour eux. Le marié se met à la droite de la mariée, la fille d'honneur ou le père de la mariée, se place à la gauche de celle-ci ; et le garçon d’honneur ou le père du marié, à la droite de celui-ci.
Avant de procéder à la célébration du mariage, le prêtre fait aux mariés l’exhortation suivante, que je vous conseille de lire, de relire, et de méditer sérieusement. Cette exhortation admirable est tirée principalement de l’épître et de l’évangile de la messe du mariage ; la voici ;
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“ Le mariage que vous allez contracter ensemble, mon cher frère et ma chère soeur, est la plus ancienne, la plus sainte, et la plus étroite de toutes les alliances de la terre. Dieu lui-même l’a établie et lui a donné sa bénédiction dès le commencement du monde. Mais Jésus-Christ, pour rendre cette alliance encore plus auguste et plus inviolable, l’a honorée du premier de ses miracles, et l’a élevée à la dignité du sacrement de la nouvelle loi ; sacrement efficace auquel il a attaché une grâce de sanctification en faveur de ceux qui le reçoivent avec les dispositions requises, dont la principale est d’être purifié de tout péché mortel par une bonr: et sincère confession ; sacrement que saint Paul appelle grand sacrement,parce que l’union qu'il établit entre l’homme et la femme représente l’union mystérieuse que le divin Sauveur a contractée avec son Eglise.
“C’est aussi cette union de Jésus-Christ avec son Eglise, que ce grand apôtre vous
propose pour modèle de la vôtre, quand il recommande aux maris d’aimer leurs fermes, comme Jésus-Christ a aimé son Eglise, et quand il exhorte les femmes à témoigner à leurs maris la même soumission et la même tendresse que l'Eglise a pour Jésus-Christ.
“ Comme c:. le Saint-Esprit qui unit Jésus-Christ à son Eglise, c’est aussi ce même esprit qui va descendre en vous, pour vous lier inséparablement lun à l’autre, en vous unissant plus parfaitement à Dieu. Jugez par là de la sainteté du sacrement du mariage, des fins pures et honnêtes que vous devez vous proposer en le recevant,et des dispositions que vous devez y apporter. Mais considérez en même temps les obligations que l’état dun mariage vous impose, et que vous devez remplir pour vous y sanctifier. Les voici, gravez-les bien dans vos coeurs.
“ Vous devez conserver l’un pou: l’autre un amour et une fidélité inviolable.
Vous devez vous secourir mutuellement,
pour vous aider à endurer plus aisément les peines et les incommodités de la vie.
Vous êtes encore obligés de supporter avec patience vos défauts, vC imperfections, et vos infirmités réciproques ; et comme, selon le langage de l’Ecriture, vous ne devez plus être qu’une même chair, vous devez aussi n’avoir qu’un coeur pour participer aux biens et aux afflictions qui se rencontreront dans votre état. Enfin, s'il plait à Dieu de vous donner des enfants, vous devez les lui consacrer par le baptême, et les former et les élever plutôt pour l'héritage du ciel que pour celui de la terre, par une éducation toute sainte qui sera le fruit de vos instructions et de vos bons exemples.
“ Telles sont les obligations que vous allez contracter en présence du ministre de Jésus-Christ, et à la face des saints autels. Si vous êtes bien convaincus de leur importance et de la sainteté du sacrement du mariage, disposez-vous à le recevoir dignement, purifiez vos intentions ;
formez la résolution de travailler cfficacement à vous sanctifier dans l’état du mariage ; élevez vos coeurs à Dieu, en ce moment, et priez-le avec une grande dévotion de bénir votre union.
“ Si vous êtes dans ces saintes dispositions, vous pouvez espérer que Dieu la bénira. Nous joindrons nos prières aux vôtres à cette fin ; et, après avoir célébré votre mariage, nous offrirons pour vous le saint sacrifice de la messe, auquel nous vous exhortons à assister avec respect et dévotion. ”
Après la lecture de cette exhortation, le célébrant, s'adressant au marié lui fait la demande suivante : “ N... voulez-vous prendre N... qui est ici présente, pour votre légitime épouse, suivant le rite de notre mère la sainte Eglise? ” — “ Oui, je le veux ”, répond le marié. Puis il pose la même question à la mariée : “ N...
voulez-vous prendre N... qui est ici présent, pour votre légitime époux, suivant le rite de notre mère la sainte Eglise? —
Oui, je le veux ”, répond la fille à son tour. Les mariés, en exprimant leur Consentement, doivent parler assez haut pour être entendus distinctement par le prêtre et les deux témoins.
Le célébrant leur enjoint ensuite de se joindre la main droite, et, pendant cette union des mains, il prononce la formule:
“ Je vous unis en mariage. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. ” En même temps, il les bénit en faisant sur eux le signe de la croix, puis il les asperge d’eau bénite.
Cette cérémonie de l’union des mains, accompagnée de la bénédiction solennelle du prêtre, est la plus importante de la célébration du mariage. Elle signifie l’union intime des époux qui ne sont plus, dès ce moment, qu’une même chair: “ Car ils ne sont plus deux mais une même chair. ” Elle symbolise encore la fusion de leurs deux âmes, laquelle fusion les fera vivre désormais de la vie commune.
Elle rappelle l'appui qu'ils se prêteront
l'un à l’autre : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui. ” Elle rappelle à la femme qu’elle est l’auxiliaire de l’homme; et au mari qu’il est le guide et le soutien, le protecteur et le défenseur de son épouse.
Après cette cérémonie, le mari dépose l'anneau nuptial sur le plateau qui est là pour le recevoir. Le célébrant bénit l’anneau avec les cérémonies accoutumées,
puis le remet au mari qui le met au doigt annulaire de la main gauche de la mariée, en même temps que le prêtre fait un signe de croix en disant : “ Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.”
Autre cérémonie pleine de significations importantes. L’anneau nuptial ou jonc de mariage symbolise le lien qui les attache l’un à l’autre pour la vie: “ Que les hommes ne séparent pas ce que Dieu a uni. ” Il est le signe de leur amour mutuel qui doit être pur, fort et durable, comme l'or dont il est fait, Il est le sym-
bole de la fidélité mutuelle que se doivent les époux : “ L'homme quittera son père et sa mère et s’attachera à son épouse ”, comme Jésus-Christ est attaché à son Eglise.
Puis suivent quelques courtes prières formulant des voeux de bonheur, et appelant sur les mariés les faveurs célestes et les bénédictions du Seigneur.
Ensuite le prêtre monte à l’autel pour y célébrer la sainte messe, une messe spéciale pour l’époux et l’épouse. Les prières spéciales de cette messe de mariage sont des plus expressives, et montrent toute la sollicitude maternelle de l'Eglise pour les mariés, et combien elle veut leur bonheur.
Voyez l’introït : “ Que le Dieu d'Israël vous unisse, et que lui-même soit avec vous, lui qui a eu pitié de deux enfants uniques (Tobie et Sara) : faites, Seigneur, qu’ils vous bénissent de plus en plus. Heureux ceux qui craignent le Seigneur et qui marchent dans ses voies, ”
Bénir Dieu, mes frères, c’est l’occupation des anges, c’est le ciel sur la terre.
Oui, Seigneur, faites que les mariés vous bénissent de plus en plus ; faites qu'ils vous bénissent, non plus isolément, mais ensemble, doublement ; faites qu’ils vous bénissent dans leurs enfants au centuple:
car vous bénir sur la terre est un avantgoût du bonheur céleste.
Le graduel : “ Votre femme, sera, dans l’intérieur de votre maison, comme une
vigne fertile. Vos enfants seront autour de votre table, comme de jeunes planis d’oliviers. ” Comparaisons charmantes, toutes de fraîcheur et de vie, qui suggèrent la prospérité, la joie et le bonheur.
Le trait : “ Ainsi sera béni tout homme qui craint le Seigneur. Que le Seigneur répande de Sion ses bénédictions sur vous, et qu’il vous fasse voir tous les jours de votre vie la prospérité de Jérusalem. Et puissiez-vous voir les enfants de vos enfants et la paix dans Israël. Que le Seigneur vous bénisse du haut de Sion,
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lui qui a fait le ciel et la terre. ” La cemmunion est une répétition se la fin du trait : “ Ainsi sera béni l’homme qui craint le Seigneur, puissiez-Vous voir les enfants de vos enfants, et la paix dans Israël. ”
Voyez maintenant les trois oraisons ; d’abord, celle du commencement de la messe : “ Exaucez-nous, Dieu toutpuissant et miséricordieux, afin que ce mariage, que nous venons de célébrer, soit rempli encore davantage de vos bénédictions. ” Et la secrète : “ Daignez recevoir, Seigneur, le sacrifice que nous vous offrons pour le bien sacré du mariage ; et, comme vous en êtes l’auteur, disposez-en pour le bonheur des époux. * Enfin, celle de la fin de la messe : “ Daignez, Seigneur, Dieu tout-puissant, être favorable à votre institution, et conservez dans une longue paix ceux que Vous unissez par un lien légitime. ”
Comme il est facile après cela pour les époux de s’abandonner pleinement et avec
une confiance illimitée entre les mains de Dieu, et d’entrer dans les sentiments qu’exprime l’offertoire : “ J’ai espéré en vous, Seigneur, je vous ai dit : 7ous êtes mon Dieu, mon sort est entre vos mains.”
Mais ce n’est pas tout. Il y a encore la bénédiction nuptiale, bénédiction solennelle de l’épouse qu’elle ne peut recevoir qu’une fois, et qui se donne seulement pendant la messe. Après le pater, le prêtre suspend le saint sacrifice, se tourne du côté de l’épouse et dit :
“ Laissez-vous fléchir par nos prières, Seigneur, et accompagnez par vntre grâce le sacrement que vous avez insti.ué pour la propagation du genre humain, afin que votre assistance conserve ce qu’unit votre autorité. Par Notre-Seigneur Jésus- Christ.
“ O Dieu, qui, par votre puissance, avez créé de rien tout l’univers ; qui, dès le commencement du monde, après avoir fait l’homme à votre image, lui avez
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donné, pour être son aide inséparable, la femme, que vous avez formée de lui-même, afin de nous apprendre qu’il n’est jamais permis de séparer ce qu'il vous a plu d’unir ; Ô Dieu, qui avez consacré le mariage par un mystère Si précieux, que l'alliance nuptiale est la figure de l'union sacrée du Christ et de son Eglise ; Dieu, par qui la femme est unie à l’homme, et qui donnez à leur union intime la seule bénédiction dont nous n’ayons été dépouillés ni par la punition du péché originel, ni par la sentence du déluge : regardez d’un oeil favorable votre servante, qui, devant être unie à son époux, implore votre protection. Faites que son joug soit un joug d’amour et de paix ; faites que, chaste et fidèle, elle se marie en Jésus-Christ ; qu’elle suive toujours l'exemple des saintes femmes ; qu’elle soit aimable pour son mari comme Rachel, sage comme Rébecca ; qu’elle jouisse d’une longue vie et qu’elle soit fidèle comme Sara. Que l’auteur du péché ne trouve rien en elle qui soit de lui; qu’elle demeure
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ferme dans la foi et dans l’observance de vos commandements, afin que, uniquement attachée à son mari, elle ne souille le lit nuptial par aucun commerce illégitime ; que, pour fortifier sa faiblesse, elle ait une vice toujours réglée ; que sa pudeur lui mérite le respect ; qu’elle s’instruise de ses devoirs dans la doctrine du salut; qu’elle obtienne de vous une heureuse fécondité, que sa vie soit pure et irréprochable, et qu’elle parvienne au repos des saints dans le royaume du ciel. Faites, Seigneur, qu’ils voient tous deux les cnfants de leurs enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, et qu’ils arrivent à une heureuse vieillesse, Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. ”
Le prêtre, après cette bénédiction si impressionnante, continue la messe, et, arrivé vers la fin, avant de bénir le peuple, il se tourne de nouveau vers les mariés, et dit : “ Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob, soit avec vous, et qu’il répande en vous sa bénédiction,
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afin que vous voyiez les enfants de vus enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, et que vous possédiez ensuite la vie éternelle par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père et le Saint- Esprit, dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il. ”
Après toutes ces cérémonies solennelles et si significatives, comme l’exhortation suivante, que nous faisons après le mariage, est bien appropriée : “ Vous voilà mariés, mon cher frère et ma chère soeur, vous voilà unis pour la vie. Le sacrement de mariage que vous venez de recevoir a imprimé un sceau divin à votre union et l’a sanctifiée. Avec ce grand sacrement,vous avez reçu les bénédictions de Dieu et de l'Eglise, et toutes les grâces nécessaires pour remplir fidèlement les devoirs de votre état.
“ Considérez combien elles sont précieuses ces grâces, auxquelles est attaché votre bonheur en cette vie et en l’autre ; car il ne peut pas y avoir de vrai bonheur
pour vous dans le mariage, si Vous n’y vivez pas chrétiennement, et si vous négligez les obligations qu’il vous impose ; et, sans le secours des grâces de votre état, vous ne remplirez pas ces obligations, ou vous vous en acquitterez mal, et vous vous perdrez.
“ Comprenez, par là, avec quel soin, et avec quelle ardeur vous devez travailler à les conserver et à les accroître en Vous, ces grâces, par une piét: sincère et par la pratique constante de toutes les vertus chrétiennes. En croissant en vertu, vous croîtrez en grâces; et, si vous croissez en grâces, les dons et les bénédictions de Dieu se muitiplieront sur vous et sur vos enfants ; et ces bénédictions du Seigneur assureront votre bonheur et celui de votre famille.
“ Prenez donc garde de vous exposer au danger de perdre ces grâces, en vous abandonnant, en ce jour, à une dissipation indécente, aux réjouissances licencieuses, aux plaisirs criminels des enfants du siècle. Bannissez de vor noces tout ce qui
pourrait être contraire à la décence et à la modestie chrétienne. Conviez-y Notre- Seigneur Jésus-Christ, priez-le d’y présider, avec sa sainte mère Comme aux noces de Cana, et réjouissez-vous en sa présence.
“ Regardez ce jour, où Dieu lui-même vous a bénis dans le sacrement de mariage, comme un grand jour pour vous; un jour que vous devez passer dans la crainte du Seigneur, et dans une grande dévotion, à l'exemple du jeune Tobie et de tant d’autres saints, qui ont mérité la bénédiction de Dieu pour eux-mêmes et pour leurs familles, et qui l’ont transmise, comme un héritage, à une longue postérité.
“ Remerciez Dieu des grandes grâces qu’il vous a faites aujourd’hui, demandezlui de les rendre efficaces en vous, et proposez-vous de tout coeur d’y coopérer tidèlement. Mais surtout, à la fin de ceite journée, pensez à donner votre coeur à Dieu, à lui recommander vos âmes, à le prier, de nouveau et avec grande ferveur,
de répandre ses bénédictions sur vous et sur ceux qui naîtront de vous.
“ Enfin, n’oubliez pas de vous mettre sous la protection de la Sainte Vierge, de vos anges gardiens et de vos saints patrons, afin qu’ils veillent sur vous et vous protègent contre la malice et les tentations du démon, et vous préservent de tout malheur. ”
Mes frères, la célébration d’un mariage est un événement souverainement important auquel s’intéressent le ciel et la terre, et dont les conséquences sont énormes pour le bien ou pour le mal. Puissiezvous tous, d’abord, vous, garçons et filles, vous préparer sérieusement et religieusement, afin de vous assurer un mariage chrétien ; et, ensuite, vous, qui êtes déjà mariés, rappelez-vous souvent les engagemer:s solennels que vous avez pris au jour mémorable de vos noces, et appliquezvous à y être toujours parfaitement fidèles. -— Ainsi soit-il.
Filii quippe sanctorum sumus, et non prssumus îla conjungi, sicut gentes qui ignorant Deum.
Nous sommes les enfants des saints, et nous ne pouvons pas nous unir comme des payens, qui ne connaissent pas Dieu.
ToB., Viit, 5.
Nous avons vu dans la dernière instruction, mes bien chers frères, la beauté du mariage chrétien ; comment Dieu luimême unit les époux et sanctifie leur alliance ; comment il comble les mariés de grâces et de bénédictions.
A côté du mariage chrétien, que reçoivent ceux qui craignent Dieu, ceux que le baptème a fait enfants de Dieu, et qui sont véritablement chrétiens et bons catholiques, il y a le mariage clandestin. Le pre-
mier est l'oeuvre de Dieu, qui sanctifie l'alliance de l’homme et de la femme ; le second est le produit du démon, et une alliance de péché. L'un est une chose sainte, un sacrement ; l'autre une chose infâme, un concubinage. En recevant le mariage chrétien, les époux posent un acte de religion et font l'oeuvre de Dieu ; en se mariant clandestinement, les prétendus mariés posent un acte d’impiété, sont coupables de sacrilège et font l’affaire du démon.
Cette différence, du tout au tout, mes frères, vient d'abord de la manière de célébrer le mariage, et ensuite des dispositions qu’on y apporte. Le mariage chrétien est celui qui est fait selon toutes les lois de Dieu et de l'Eglise, et qui est reçu dignement, dans les dispositions dont nous avons déjà parlé. Le mariage clandestin, au contraire, est celui qui est fait en opposition aux lois de l’Eglise, et reçu dans de mauvaises dispositions.
L'Eglise, comme vous le savez, dans un nouveau décret sur le mariage, publié en
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COMMENT SE MARIR
1908, et mis en force le jour de Pâques de cette même année, dit : “ Ces mariages seuls sont valides, qui sont contractés devant le curé de la paroisse ou l’évêque du diocèse ou le représentant de l’un ou de l'autre, et en présence de deux témoins au moins. ” Pour qu’il y ait mariage, il faut donc la présence du curé ou d’un prêtre autorisé et deux témoins. Dans les paroisses organisées, tous les mariages qui ne sont pas faits dans ces conditions, sont nuls et sans effet.
Je constate avec bonheur que, depuis quelque temps, ces mariages clandestins se font de plus en plus rares. Pendant mes premières années au milieu de vous, ils étaient une plaie. A tout instant, nous avions la douleur de lire dans les journaux la publication de quelqu’une de ces tristes alliances. En l’an mil neuf cent onze, le mal »st devenu à l’état épidémique, si bien que, durant une certaine période,;au grand scandale des gens, au détriment des âmes et pour la honte de la paroisse, il y eut plus de mariages des nôtres, faits devant
le minictre protestant qu’à l'Eglise.
C'était à se demander, vraiment ! si la paroisse n’était pas une paroisse protestante plutôt que catholique ! C’est alors que j'ai dû sévir et prendre, pour enrayer le mal, les moyens énergiques que vous savez. Aujourd’hui, grâce à Dieu ! les mariages clandestins sont très rares, et, quand ils arrivent encore, on a, au moins, la décence de les cacher ; ce qui empêche le scandale.
J’ai dit que les mariages hors de l'Eglise sont nuls. Remarquez qu’il ne s’agit pas ici du mariage civil ou simplement légal.
Comme tel, ce mariage ne vaut que pour les choses extérieures, sur lesquelles l’autorité civile a juridiction. Magloire et Bertha, par exemple, tous les deux chrétiens et enfants de l'Eglise, se marient devant un notaire public ou tout autre officier civil, ayant juridiction en la matière. Comme catholiques, leur mariage est nul ; cependant, la loi civile les tiendra pour mariés et les traitera comme tels ; si bien, que, si Magloire ne remplit pas
envers sa femme les devoirs que la loi du pays lui impose, Bertha n’aura qu’à avoir recours à l'autorité civile, qui obligera son mari à lui rendre justice.
Magloire et Bertha peuvent donc dire qu'ils sont mariés devant la loi civile, mais ils ne peuvent pas dire qu’ils sont mariés devant l'Eglise et aux yeux de Dieu. Et, c'est de ce mariage dont il s'agit ici, du vrai mariage qui unit les âmes en même temps qu'il assemble les corps, et qui rend les deux époux inséparables, selon ces paroles de Notre-Seigneur : ‘“ Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. ”
Nous voyons par ces paroles que c’est Dieu qui unit les époux dans les vrais mariages. Or, mes frères, Dieu ne peut agir que conformément aux lois de son Eglise. Celui qui a dit : “ Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles ”, en s’adressant à l’Eglise, ne peut pas être contre elle. Celui qui a dit, en s'adressant aux
apôtres, les colonnes de l’Eglise ; “ Rece-
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vez le Saint-Esprit, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les cieux ”, ne peut pas être opposé aux lois de l’Eglise. ”
Non, mes frères, ceux qui ne se marient pas conformément aux lois de l'Eglise : à savoir devant un prêtre autorisé et deux témoins, Dieu ne sanctionne pas leur mariage ; ce qui veut dire qu’ils ue sont pas mariés, et que leur prétendu mariage n’est qu’un concubinage légalisé.
Mais, pour être légalisé, il n’est pas moins coupable ni moins scandaleux.
Magloire et Bertha sont mariés civilement, et leur mariage civil est connu comme tel publiquement. Ils savent que leur mariage est nul, et le public sait également qu’ils ne sont pas mariés véritablement ; et, néanmoins, ils vivent ensemble, à la vue et au su de tout le monde, tout comme s'ils étaient mariés véritablement.
C’est déjà assez grave de vivre en concubinage occulte ou caché, puisque c’est
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vivre dans l'habitude du péché, en révolte continuelle contre Dieu, ajoutant audacieusement les péchés aux péchés, et cela sous le regard même de Dieu, dont l’oeil scrutateur est toujours tout grand ouvert!
Les coupables s'attirent nécessairement les châtiments du péché: “ Le résultat du péché, dit saint Paul, c’est la mort. ” Ils s’exposent à toutes ses conséquences inévitables, conséquences terribles ; ils s’exposent à chaque instant à la honte de voir leur dégradation connue du public ; et, par-dessus tout, ils risquent leur éternité.
Cependant, le concubinage notoire ou public est encore plus grave. A la malice du concubinage occulte, il ajoute le scandale. Le pécheur public et scandaleux, après s'être moqué de sa conscience dont il a fait taire la voix, brave cyniquement la conscience publique, et s’en moque ouvertement. Il tend à renverser l’ordre des choses ; à mettre le vice à la place de la vertu, et à prendre le mal pour le bien.
Vous le voyez, comme Magloire et Bertha, il marche la tête haute, comme si sa con-
duite était tout à fait honnête et recommandable. Est-ce assez révoltant ?
Ayons pitié de ces pauvres malheureux qui ont fait la coupable folie de se marier hors de l’Eglise, et qui n’ont pas eu le pieux courage de réparer leur faute ; mais n’ayons aucune pitié pour leur conduite damnable et pour leur vie scandaleuse ; faisons-en connaître tout l’odieux, dénonçons-les, à temps et à contretemps, et exposons-les à l’indignation publique.
Nous ne pouvons pas être plus sévères que Notre-Seigneur : “ Malheur aux scandaleux, dit-il, il faut qu’il y ait des scandales, mais malheur à celui par qui vient le scandale. Il vaudrait mieux qu’on lui suspendit une meule au cou et qu’on le plongeât au fond de la mer. ”
Le concubinage de nos Magloires et de nos Berthas est une peste. C’est pourquoi il faut éviter ceux qui en sont atteints. Dans toutes les sociétés bien organisées, ceux qui sont atteints de maladie contagieuse sont séparés des autres et mis en lieu sûr, afin d'empêcher
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
{ANSI and ISO TEST CHART No. 2)