‹ Le mariage, ou, La grande question [microforme]Chapitre 22 sur 27 · BONHEUR DES ÉPOUX · texte numérisé non relu

BONHEUR DES ÉPOUX

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Non est bonum esse hominem solum, faciamus ei adjutorium simile aibi.

J1 n'est pas bon que l'homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui.

Gen. 11, 18.

La procréation, mes bien chers frères, est la fin première et principale du mariage. Les époux, pour être fidèles à eur noble mission et pour remplir leur grand devoir, doivent élever leur famille honnêtement et chrétiennement.

La deuxième fin du mariage est d’asgurer le bonheur aux époux, en leur procurant, dans la personne de leur conjoint, un aide nécessaire et un compagnon ou une comnagne agréable. “ Il n’est pas bon

que l’homme soit seul, dit le Créateur, faisons-lui une aide semblable à lui, qui sera l’os de ses os et la chair de sa chair ; c’est pourquoi il quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme ”.

D’:près les paroles du Créateur, il est évident que l’homme isolé ne peut pas être heureux. Ce qui est vrai de l’homme est également vrai de la femme.

Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance, il le créa pour lui, il le fit pour le ciel. C’est pourquoi notre âme ne sera jamais satisfaite ici-bas. Faite pour Dieu, il n’y a que Dieu qui soit capable de la contenter ; créée pour le ciel, elle ne sera parfaitement heureuse qu’au ciel.

Il en est de même de l’homme et de la femme. Dieu les ayant créés l’un pour l'autre, ils ne peuvent être heureux que l’un avec l’autre. Aussi, pour assurer leur bonheur naturel, Dieu ‘nstitua le mariage, dans lequel il les attache l’un à l’autre, et

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les unit si intimement qu'ils ne sont plus qu’une même chair.

Puisqu’il en est ainsi, les religieux, les religieuses et les prêtres sont done malheureux ! Voilà une conclusion qui découle naturellement de ce que nous venons de dire. Elle semble être une objection formidable à l’état religieux ou au célibat chrétien, mais il n’en est rien.

J'insiste sur cette idée, parce que, tout en faisant bien saisir la nécessité du mariage, elle ne fait pas moins bien ressortir la grandeur du célibat religieux.

Oui, mes frères, Pour répondre catégoriquement à la question posée, les religieux, les religieuses et les prêtres son malheureux. Dieu lui-même le déclare quand il dit : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » Jls sont malheureux dans le sens qu’ils sont privés du plus grand bonheur naturel qu’il y ait sur la terre, celui d’être à la tête d’une famille, le seul qui réponde pleinement au besoin du coeur humain. Comme nous l'avons déjà

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vu, en parlant de la nécessité du mariage:

pour l’homme, se priver de la société de la femme, et pour la femme se priver de la société de l’homme, c’est le plus grand sacrifice que l’on puisse faire après celui | de donner sa vie. “ Que celui qui peut | comprendre, comprenne ”, disait Notre- ï Seigneur en parlant de cette question.

Je dis qu’ils sont malheureux parce que, en renonçant au plus grand bonheur naturel qui soit donné à l’homme, ïils doivent se faire violence. Mais leur malheur fait leur bonheur. Il fait leur bonheur, parce qu’il est volontaire et voulu pour Dieu, Propter Deum. C’est précisément parce qu’ils souffrent,se sacrifient et se font violence qu’ils ont tant de mérite devant Dieu, et qu’ils sont tant honorés même par les hommes :

“ Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ”, dit Notre-Seigneur.

Comme il y a loin de là à l’idée que l’on se fait souvent, que les religieux, les religieuses et les prêtres n’ont rien à souffrir,

qu’ils sont les plus heureux au monde !

Celui qui entrerait dans le célibat religieux dans l’espoir d'y trouver une vie pleine de douceurs et exempte de peines, se tromperait du tout au tout.

La vie des religieux, des religieuses et des prêtres est une vie de sacrifice incessant et de mortification continuelle.

Humainement parlant, ils ne sont pas et ne peuvent pas être heureux : “ Il n’est pas bon que l'homme soit seul. ” Etant humains, ils vivent comme des anges. C’est bien beau, c’est sublime et merveilleux ; mais C’est la mise à mort du vieil homme, c’est l'immolation de la nature et le crucifiement de la chair, comme dit saint Paul.

Religieusement parlant, ils sont, en effet, bienheureux, parce que; après les martyrs, ils occupent la première place dans le coeur de Dieu et sont ainsi les amis privilégiés du Seigneur, parce que, après les martyrs, personne ne souffre plus qu’eux pour lui.

Quant aux époux, Dieu les veut heu-

reux. Dès le commencement, il les a créés l’un pour l’autre, dans une harmonie parfaite, et les a placés dans un jardin de délices. Le péché, il est vrai, a fait disparaître le Paradis-Terrestre et a rompu l’harmonie parfaite qui existait entre eux; mais il n’a pas changé les desseins de Dieu. Dieu veut encore le bonheur des ‘époux ; aussi, il les unit lui-même en mariage, les bénit et les entoure de sa protection; il a institué pour eux un sacrement spécial qui répare, par sa grâce, les ravages que le péché a faits chez eux.

Grâce à cette providence spéciale de Dieu, nous avons, partout, beaucoup de mariages heureux. Ils sont nombreux chez les pauvres comme chez les riches.

Tous peuvent l’être s'ils le veulent. Le bonheur des époux n’est pas un privilège accordé à quelques-uns seulement ; il est le secret de personne. Les époux malheureux sont tels parce qu’ils le veulent. Ils peuvent se frapper la poitrine et dire :

par ma faute ; c’est qu’ils négligent de

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