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prendre les moyens d'assurer leur bonheur.
Et ces moyens, mes frères, capables de rendre heureux les époux malheureux, et qui assurent le bonheur aux ménages, sont très simples et à la portée de tous Ceux qui ont un coeur et une volonté. Ils se réduisent à deux : à savoir, l'amour et la confiance. Unissez deux âmes dans un amour sincère et faitesles 8e reposer l’une sur l'autre avec une confiance entière, et vous assurez leur bonheur.
L'amour est l’âme du bonheur. Il n’y a pas de bonheur possible sans amour, pas plus sur la terre qu’au ciel. Se marier sans aimer, c’est vouloir être malheureux.
Aussi, ceux qui se marient pour tout autre motif sont malheureux en ménage.
Quant à vous, mes frères, vous ne VOUS êtes mariés ni par ambition, ni par intérêt, ni par passion. En vous mariant, vous n’avez pas cherché à entrer dans une famille de noblesse ou de grande fortune ;
vous avez voulu, au contraire, marier une personne de votre condition, votre semblable. Vous ne vous êtes pas non plus mariés bêtement : “ Vous assemblant comme le cheval et le mulet, qui n’ont pas de raison, ni comme les payens qui ne connaissent pas Dieu ” ; vous vous êtes mariés, au contraire, comme des chrétiens qui connaissent et aiment Dieu. Vous vous êtes ‘ mariés par amour, et vous êtes heureux ; et votre bonheur est d’autant plus grand que votre amour est plus pur et plus étendu.
Qui ne se rappelle avec bonheur les jours délicieux de la lune de miel? Comme moi, avez-vous déjà entendu de jeunes mariés, un peu pessimistes, dire : “ Nous sommes trop heureux, cela ne peut pas durer ! ” Mais pourquoi cela ne peut-il pas durer ? Ce qui fait leur bonheur en ces beaux jours, n’est-il pas toujours en leur possession ? Ayant toujours les mêmes moyens de bonheur, ils peuvent toujours en jorir, s’ils le veulent ; tout dépend d’eux.
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Vous vous rappelez le jeune vieillard dont je vous ai déjà parlé en deux re vrises; il a pu dire à la mort de sa vieiiie, après quarante-huit ans de ménage :
& Nous avons toujours été heureux ensemble, nous étions encore comme au jour de nos noces. ” Toute leur vie a été une longue lune de miel. Ce qu’ils ont fait, vous pouvez le faire, et goûter le même bonheur.
Qu'’ont-ils fait pour obtenir un si brilant résultat ? Ils se sont aimés. Ils se sont mariés par amour, et sont restés unis dans le même amour, qu’ils ont conservé vif et ardent toute leur vie.
Faites la même chose et vous aurez le même bonheur. Et le moyen de conserver toujours vif et ardent l'amour qui a fait le bonheur de votre début en ménage, est de le faire agir. Rendez-le actif, et il produira des fruits pleins de délices, et fera le charme de votre vie.
I1 y en a qui semblent croire que, du
moment qu’ils sont mariés, l’amour de leur conjoint leur est à jamais assuré, et qu'ils n’ont plus bescin de Je cultiver. Ne soyez pas de ceux-là, mes frères, car ils sont dans une erreur capable de causer bien du mal. Leur erreur vient de ce qu’ils ne connaissent pas le coeur humain.
Le feu le plus ardent perd graduellement sa chaleur et finit par s’éteindre, s’il n’est alimenté. Il en est de même du feu de l'amour. Si vous le négligez, il se refroidira, lentement peut-être mais sûrement, et finira par s’éteindre.
Vous devez donc apporter autant de soin et autant de zèle à maintenir dans le coeur de votre conjoint la flamme de l’amour, que vous en avez mis à la développer. Mariés, vous devez être plus amoureux que vous ne l’étiez comme garçon et comme fille. Les époux doivent avoir l’un pour l’autre plus d’égards affectueux et plus d’attentions empressées dans le ménage, que les fiancés n’en ont dans la fréquentation. Faites cela, et, comme
notre jeune vieillard, vous serez heureux en ménage.
L: vie commune vous rend la chose facile. Que la femme soit pour son mari l'aide et la compagne dont nous avons parlé abondamment dans les instructions précédentes et particulièrement en répondant à la question “ Qui doit-on marier ”, et elle s'attachera de plus en plus le coeur de son mari.
Quant au mari, il doit être pour sa femme un compagnon, un protecteur et un guide.
Qu'il soit un compagnon agréable. Qu'il s'étudie à lui épargner tout ce qui est de nature à lui faire de la peine, et à lui procurer toute la joie dont il est capable. Qu’il fasse preuve de bonne volonté en lui ménageant à propos des surprises agréables. Qu'il s'intéresse encore à tout ce qui lui est cher, qu’il s'efforce d’entrer dans ses sentiments et dans ses goûts. Ces attentions délicates de la part du mari
touchent le coeur de la femme et activent sa flamme.
Que d'hommes sont malheureux en ménage pour ne pas savoir être agréables à leur femme. Ils ne veulent pas se plier à ce qu’ils appellent des caprices de femme et des fantaisies. Rappelez-vous, mes frères, que vos épouses sont des femmes et que vous êtes des hommes : ce qui veut dire que vo: ne voyez pas les choses du même oeil et que vous ne les interprétez pas de la même manière. Ce qui peut paraître au ‘,ari un caprice, peut être pour la femme un besoin. C’est pourquoi, si vous voulez être pour elle le compagnon agréable que vous devez être et qu’elle a le droit d’attendre de vous, vous devez vous plier à ces prétendus caprices, du moment qu’ils ne sont pas clairement mauvais et déraisonnables.
De plus, qu’il sache reconnaître ses qualités, ses bonnes dispositions, et particulièrement son dévouement. Le dévouement d’une bonne mère, qui élève chrétien-
nement sa famille, est merveilleux. Elle a besoin que vous appréciiez Sa bonne volonté, et que vous encouragiez ses efforts. Dites-lui, et faites-lui comprendre par vos actes, que vous appréciez justement sa conduite, que vous admirez grandement son dévouement, et que vous reconnaissez parfaitement tout son mérite.
Une parole d'appréciation et un sourire d'encouragement de votre part, lui sont plus précieux et lui donnent plus de satisfaction et de bonheur réel que les biens matériels.
Le mari doit être pour sa femme un protecteur et un soutien. La femme a conscience de sa faiblesse ; aussi, instinctivement, elle se repose sur son mari. Elle a recours à lui dans le besoin. Qu'il soit alors un pourvoyeur éclairé qui voit ses besoins et y subvient avec empressement.
Qu'il ne se contente pas de lui donner seulement la nourriture et le vêtement, mais qu’il soit pour elle généreux. Cela ne veut pas dire que le mari doit être pro-
digue pour sa femme et dépenser pour elle plus que ses moyens ne lui permettent, mais qu’il doit se montrer empressé à lui être utile en toute chose.
Elle a encore recours à lui dans le danger. Qu'il la couvre alors avec sollicitude de sa protection ; qu’il fasse en sorte qu’elle se sente aussi en sécurité auprès de lui que l’enfant sur le sein de sa mère.
Comme saint Joseph auprès de la Vierge bénie, qu’il la protège des dangers auxquels elle peut être exposée. Si on en veut à sa personne, à son honneur ou à sa réputation, qu’il la défende avec ardeur contre ceux qui s’attaquent à elle, et qu’il la protège à tout prix de tout mal.
Elle a recours à lui dans les contrariétés. Là encore qu’il soit son soutien et son meilleur conseiller. Qu’il encourage et la console ; et qu’il lui fasse sentir qu’il sympathise avec elle et que son coeur bat à l’unisson avec le sien.
Jl doit être encore un guide. Le mari
est le chef, dit saint Paul, et la femme doit lui être soumise en toute chose. Mais il se rappellera que, s’il est la tête, la femme est sa compagne, sa chère moitié, celle qui renferme le coeur. Alors il sera pour elle un ami plutôt qu’un maître. Sa direction sera ferme, s’il y a lieu dans l’intérêt de la famille dont il doit vouloir le bien avant tout, mais toujours douce. Il évitera les paroles aigres, le ton sec et impérieux, et le commandement rude. Et surtout, il appuicra sa direction sur son exemple, en faisant lui-même, dans l'intérêt de la famille, autant et plus qu’il ne demande de sa femme.
Oui, mes frères, cultivez ainsi l’amour de votre conjoint, et vous assurerez Île bonheur de votre ménage. Vous, femme chrétienne, soyez pour votre mari une aide aimable autant qu’utile, empressée auprès de lui, et dévouée aux choses du ménage; et votre mari vous aimera, et vous l’aimerez vous-même davantage. Car le coeur est ainsi fait qu’il devient plus aimant à
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mesure qu’il manifeste son amour par des amabilités. Et vous, mari chrétien, soyez pour votre femme un compagnon agréable, un protecteur zélé, et un guide doux et affectueux, et votre chère moitié vous aimera, et vous aurez vous-même plus d'amour pour elle. Car vous activez votre flamme en même temps que vous rendez plus ardente celle de votre femme.
J’ai dit, mes frères, que, se marier sans aimer, c’est vouloir être malheureux. Et, en effet, comme l’amour est essentiel au bonheur, celui qui n’aime pas est nécessairement malheureux. Et c’est particulièrement vrai des époux. Le joug conjugal, doux, léger et plein de charme pour ceux que l’amour unit, est douloureux, lourd, un véritable supplice pour ceux qui n’aiment pas.
C’est donc à dire que ceux qui se marient sans aimer, sont condamnés à être malheureux toute leur vie ? Pas nécessairement toute leur vie, mais ils seront certainement malheureux, aussi
longtemps qu’ils n’aimeront pas ; cepeudant, ils peuvent aimer, s’ils le veulent, et changer ainsi leur malheur en bonheur.
Aussi, ceux qui se sont mariés sans aimer, pour quelque raison que ce soit, s’ils sont intelligents, ne vivent pas comme cela ; ils prennent les moyens d’adoucir leur vie.
Pour ceux qui ont de la bonne volonté, ces moyens sont relativement faciles.
Si un jeune homme peut gagner le coeur d’une jeune fille, pourquoi un homme marié ne pourrait-il pas gagner le coeur de sa femme ? Si une jeune fille sait, malgré son manque d’expérience, s’attacher un garçon, pourquoi une femme mariée ne pourrait-elle pas s'attacher son mari ? Il n’y a pas de froid que le feu ne puisse changer en une douce chaleur ; il n’y a pas de glace qu’il ne puisse fondre.
Allumez dans le coeur de votre conjoint le feu de l’amour, et vous ferez disparaître le froid de son indifférence pour vous, et la glace de son mépris.
Pour allumer ce feu béni, dont dépend