‹ Le mariage, ou, La grande question [microforme]Chapitre 24 sur 27 · TS · texte numérisé non relu

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votre bonheur, voici ce que vous devez faire :

Premièrement, n’accusez pas. Le mari qui accuse sa femme, ou la femme qui accuse son mari, sera accusé à son tour.

Et n’allez pas croire que votre innocence vous mettra à l’abri. Si on n’a rien à vous reprocher, ant pis pour vous, parce qu’alors on vous calomniera ; et, une fois embarqué sur le terrain de la calomnie, on ne sait plus où s’arrêter. De plus, en vous faisant l’accusateur de votre conjoint, vous l’offensez, et, partant, vous l’éloignez encore davantage ; et vous-même vous vous en éloignez, en vous confirmant, par vos accusations, dans vos mauvaises dispositions à son endroit. Evitez de porter des accusations et vous enlevez le plus grand obstacle à votre amour. Il faut dire la même chose des reproches amers et de la manie de disputer, qu’il faut éviter pour les mêmes raisons.

Deuxièmement, pardonnez. Vous dites:

‘“ Mais comment pardonner? Mon mari a

de si grands défauts : il court, il boit, il néglige sa famille, et il est bien dur pour moi... — Et ma femme donc: c’est une méchante créature, elle a une langue venimeuse, elle est toujours à me disputer, elle n'a pas soin de sa maison, et passe son temps chez les voisines à parler en mal de moi...” Mais précisément, c’est parce que votre mari ou votre femme a de grands défauts et est capable de grandes fautes que vous devez pardonner. En pardonnant, vous faites p.euve de bonne volonté, vous faites un acte de bonté auquel votre conjoint sera sensible ; et, ainsi, vous l’attirez à vous, en même temps que vous vous portez vers lui.

Troisièmement, rendez-vous compte des qualités de votre conjoint. Tout homme est un composé de bon et de mauvais, de qualités et de défauts ; et sa conduite, un mélange de bien et de mal. Il n’y a pas une personne sur la terre, quelque méchante qu’elle soit, qui n’ait du bon et beaucoup de bon. Votre mari ou votre

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femme n’est pas une exception à cette loi générale. Sachant que votre conjoint a du bon, vous devez vous rendre compte de ce bon. Pour cela mettez de côté vos préjugés contre lui, fermez les yeux sur ses défauts, et ouvrez-les sur ses bonnes qualités, et vous serez surpris, après tout, de constater qu’il en a autant que vous, et que, par conséquent, il est aussi aimable que vous l’êtes vous-même. Et ainsi, votre conjoint qui, dans votre froide indifférence, vous semblait si détestable, haïssable même, vous apparaît maintenant, sous un jour favorable, et vous le jugez digne de votre amour. Et, comme l'amour appelle l’amour, le feu sacré, qui fait le bonheur des ménages, est ainsi allumé dans vos coeurs.

Mes frères, le moyen d’être heureux est d’aimer, et, pour les époux, une des conditions essentielles de l’amour est la confiance. C’est pourquoi, j’ai.dit que la confiance est l’un des deux grands moyens d’assurer le bonheur des époux.

‘omme cette instruction est déjà longue, je n’insisterai pas sur ce moyen. Je ie contenterai de vous dire d’avoir toujours une confiance inébranlable en votre femme ou en votre mari. Mettez-vous en varde contre tout ce qui pourrait nuire à cette confiance. Ne vous laissez pas tromper par les apparences, ni par les faux rapports... Evitez de vous prêter l’un à l’autre des intentions mauvaises ; Supposez-vous, au contraire, toujours animés des meilleures intentions. Ne laissez pas le soupçon entrer dans votre esprit, ni la jalousie dans votre coeur.

Ces vices sont la ruine de la confiance; ils chassent la joie du foyer et y invitent la douleur et les pleurs. Le soupçon rend injuste et cruel celui qui l’entretient. La jalousie rend fou. Un mari jaloux n’entend pas raison et se fait le bourreau de sa femme. Une femme jalouse est un instrument de torture. Elle est elle-même souverainement malheureuse et rend les autres malheureux. La jalousie change

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l'amour en haine. La personne, que le jaloux croit le plus aimer, est celle qu’il torture davantage.

Mes frères, soyez heureux en ménage.

Ne permettez pas à la jalousie d’eutrer dans votre coeur. Ayez confiance en l'honnêteté de votre conjoint. Aimez votre mari, aimez votre femme. Appliquezvous à vous entr'aider, et à rivaliser ensemble d’amabilités. Faites cela, et votre ménage sera ce qu’il doit être, ce que Dieu veut qu’il soit, un paradis sur terre. — Ainsi soit-il.

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