‹ Le MarocChapitre 18 sur 42 · LES IMPOTS, ETC · texte numérisé non relu

LES IMPOTS, ETC

carte comme une région nettement limitée, une et bien définie, se compose en réalité, au point de vue politique de parties très mal unies entre elles : c’est une confédération dont le chef nominal n’a le plus souvent sur ses sujets qu’une autorité très précaire. Le Riff au nord, le Doukkala, l’Abda, le Hahza, à l’ouest; Tafilet, Figuig, à l’est; le Dschesoula et le Tadschakant, au sud; sans compter une infinité d’autres régions dont la nomenclature fatiguerait inutilement l’esprit du lecteur, demeurent, au vrai sens du mot, des Etats indépendants que le sultan dompte de temps en temps par la force, mais qu’il ne gouverne jamais au sens européen du mot.

L’ensemble de ces territoires plus ou moins récalcitrants peut cependant être groupé en deux régions nettement tranchées, non pas au point de vue topographique, mais sous le rapport des devoirs politiques qui incombent à l’une et à l’autre. On appelle pays du Maghzen, c’est-à-dire pays du gouvernement, les régions qui reconnaissent sans trop de difficulté l’autorité du sultan, — le reste, c’est-à-dire l’ensemble des provinces insoumises, c’est le pays indépendant, le bled-es-Siba.

Le Sultan ou Chôrif suprême est maître absolu de la terre et des hommes, possesseur du sol, maître de la vie de ses sujets; il est éga-

lement le chef religieux de l’empire, le représentant de Mahomet. Au-dessous de lui le Sultan délègue une partie de son pouvoir à un certain nombre de ses frères, qui en qualité de kalifas (lieutenants), perçoivent l’impôt et l’envoient au maître, non sans avoir prélevé de fortes dîmes.

Près de la personne du Sultan, les hautes fonctions gouvernementales sont remplies par un premier ministre appelé grand vizir, un ministre des réclamations ou affaires étrangères, un ministre de la guerre et un caïd méchoarli, sorte de majordome, introducteur des étrangers et maître des cérémonies. Les fonctionnaires administratifs sont les pachas, sorte de préfets civils ou militaires qui commandent dans les villes; au-dessous des pachas, les caïds, les kalifas, juges militaires, puis viennent les préposés aux douanes ( métas séibs et moulines kasse ), les moulines d lior (agents de police), les mokadèmes koniahs , sorte de juges de paix, les cadis (juges civils), les adoulis (notaires), les mésekrines (gardeschampêtres), etc., etc.

L’administration de la justice, avec l’application des diverses peines, bastonnade, mutilation, etc., est exercée un peu par tous les agents du Sultan et souvent par l’empereur lui-même en guise de récréation, de passe-

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