LES EXPÉDITIONS DE RICHELIEU
LOUIS XIV ET MOULEY ISMAEL
C’est un fait généralement peu connu et qui cependant est bien digne de l’être que la gloire des premières découvertes lointaines du moyen âge, celle de ces explorations audacieuses qui ouvrirent aux peuples de l’ancien continent les routes de l’Inde et du Nouveau-Monde, appartient sans conteste à notre nation.
Sans doute, l’on sait aujourd’hui d’une façon certaine, que plusieurs siècles avant Christophe Colomb, des pêcheurs partis des côtes d’Islande ou même de Norvège avaient visité l’Amérique; l’on n’ignore pas davantage que bien avant le xve siècle des navigateurs catalans et génois avaient suivi la côte occidentale d’Afri-
LE MAItOC.
que et visité peut-être le cap de Bonne-Espérance. Mais entraînés au hasard des courants marins, se laissant aller au gré des flots ou de leur fantaisie, ces aventuriers n’avaient jamais su tirer parti des terres nouvelles qu’ils avaient découvertes et vers lesquelles ils eussent été embarrassés de se diriger une seconde fois. Il serait donc aussi injuste d’enlever à Christophe Colomb la gloire d’avoir découvert l’Amérique qu’à Jean de Béthencourt celle d’avoir le premier découvert les Canaries, avec cet honneur de plus en faveur de notre compatriote qu’il signala l’archipel canarien en 1402, alors que Colomb n’eut connaissance de l’Amérique qu’en
Depuis longtemps déjà et bien avant cette époque nos commerçants de Provence et du Midi de la France étaient en relations d’affaires, non seulement avec les ports marocains de la Méditerranée, mais encore avec les villes de l’intérieur; cependant les bâtiments qui servaient à ces transactions ne passaient point le détroit de Gibraltar, et Béthencourt fut le premier Européen qui reconnut scientifiquement tout le littoral marocain, de Tanger à hauteur de ce que l’on nomme aujourd’hui le cap Blanc.
Béthencourt et son compagnon Gadifer de la Salle avaient pris possession au nom du roi Charles VI de la nouvelle conquête et il n’eut