‹ Le MarocChapitre 32 sur 42 · PREMIERS CONSULS FRANÇAIS A FEZ · texte numérisé non relu

PREMIERS CONSULS FRANÇAIS A FEZ

rappellerons qu’en 1577 un consulat français fut établi par Henri III au Maroc.

Deux ans plus tard, un arrêt du roi de France confiait cette charge au Marseillais Bérard et octroyait au titulaire les mêmes droits qu’aux « consuls establis ès parties d’Alexandrie et de Syrie, Tripoli de Barbarie, Gelby, Thunis, Bonne et Argier, » et cela à cause de grands services rendus à notre commerce par l'affranchissement des Français esclaves chez les Maures (1). Un autre brevet accordait au sieur

(1) 10° juin 1557. — Consulat de Maroc et Fez, en faveur de Guillaume Bérard. Henry par la grâce de Dieu, etc.

Considérant qu’il est nécéssaire pour le bien de nos subjects trafîquanlt ès royaumes de Maroc et de Fez, pays, terres et seigneuries qui en deppendent, qu’il y ait ès dictes parties un consul de la dicte nation françoise créé et autorisé de Nous, pour y avoir l’œil et intendance sur toutes les affaires qui y peuvent concerner sur le service de nos subjects et pour y tenir un bon ordre de politique et de justice; savoir fesons que nous inclinant libéralement à la prière et requeste qui Nous a esté faicte par le roy des dits royaumes de Maroc et de Fez, nostre très chèr et parfaict amy, en faveur de nostre très cher et très aimé Guillaume Bérard, de nostre ville de Marseille... le constituons par ces présentes, consul de la nation françoise ès dicts royaumes, pays, terres et seigneuries deppendantes d’yceux et qui appartiennent au dict roy et octroyons au dict Bérard de l’exercer aux honneurs, aultorités et prérogatives, prééminences, droicts, proffits, revenus et esmolumens qui y appartiennent... et en la propre forme et manière que les consulats qui nous appartiennent.

11e juin 1577. — « Brevet pour la nation françoise ès royaume de Maroc et de Fez en faveur de François Vertia :

... Comme, oultre le consul... créé pour avoir... sur intendance au faict du traffic et commerce qu’y exercent nos sub

François Vertia le titre de « facteur pour les nations ès royaumes de Maroc et de Fez ».

A la mort de Bérard, survenue en 1591, ses fonctions furent dévolues à un certain George Fornier, et quelques années après nous voyons le roi Henri IV envoyer au Maroc l’explorateur Moquet, qui fut chargé de visiter et d’étudier cet empire.

Bien qu’à cette époque un certain nombre de nos compatriotes fussent établis dans l’empire des chérifs, bien que nous ayons d’eux divers documents sur l’histoire du Maroc à cette.date, par exemple un récit de la bataille de Tagouate livrée près de Fez le 12 mai 1596, dû à Pierre Treillant, ancien officier de l’armée de Mouley-Hamed et une Relation du royaume de Maroc et des villes qui en dépendent , adressée à Henri IV par un sieur Delisle, l’histoire de nos rapports avec le Maghreb au xvie siècle contient plus d’une lacune. Dans les premières années du xvne siècle notre consul à Fez et au Maroc était un sieur de Castellane qui mourut en 1607 et fut remplacé deux ans plus tard par un personnage du même nom.

jects, il soit besoin y commettre aussi pour le facturage dépendant du dict commerce quelque personnage qui y rende le soin et debvoir requis savoir fesons, e<tc. »

Dans Thomassy, Le Maroc et ses caravanes. Paris, Didot. 1845,

LOUIS XIV ET MOULEY-ISMAEL

Quelques années plus tard, en 1629 et en 1630, Richelieu entreprenait sur la côte du Maroc deux expéditions maritimes dont la direction fut confiée au commandeur de Razilly, chevalier de Malte et à un certain Jean- Armand dit Mustapha qui s’intitule « Turc de nature »,

Sur la route cle Fez.

dans la très curieuse relation qu’il a adressée à ce sujet au cardinal sous le titre de ce Voyages cC Afrique faits par le commandement du Roy ».

Les expéditions de 1629 et de 1630 eurent pour résultat la conclusion d’un traité de commerce avec la ville de Salé, la concession aux Français qui y faisaient le trafic, d’un certain nombre de privilèges et enfin la mise en liberté de tous les esclaves chrétiens.

Trente-cinq ans plus tard, en 1666, le voyage au Maroc du Marseillais Roland Fréjus resserra encore les liens d’amitié qui nous liaient au Maroc. Cet envoyé habile sut entrer dans l’amitié de Mouley-Archid dont l’étoile se levait alors au Maghreb, et obtint du nouveau sultan non seulement l’assurance de faciliter notre commerce, mais la promesse de se fournir de poudre et de munitions de guerre uniquement dans notre pays. Quand le sultan Mouley-Ismaël succéda à son frère Mouley- Archid, les bonnes relations nouées avec le précédent sultan par Louis XIV s’améliorèrent encore, grâce à la modération du roi de France qui sans penser à vouloir s’établir en maître dans un empire d’où le nouveau chérit avait pris à cœur d’expulser les conquérants étrangers, ne songea qu’à resserrer avec le Maghreb des relations pacifiques et uniquement commerciales.

Nous avons dit les succès remportés sur les Européens par Mouley-Ismaël qui reprit Tanger aux Anglais, Larache et La Mamorra aux Portugais. 11 n’avait rien de ce genre à tenter contre Louis XIV qui put ainsi développer avec le nouveau souverain musulman des rapports de bonne amitié.

Cela n’empêchait point qu’on se tirât, de temps en temps , quelques coups de canon,

LOUIS XIV ET MOULEY-ISMAEL

comme par exemple lorsque Château-Renaud détruisit plusieurs bâtiments corsaires de Salé et mit quelque temps le blocus devant ce port. Ce fut une occasion pour Mouley-lsmaël d’entrer en relations plus directes avec la cour de France, et ce prince envoya l’année suivante, à Versailles, une ambassade qui y fut reçue avec une étiquette et des égards dont Saint-Simon nous a parlé avec détails.

Ramenés au Maroc en 1682 par une escadre française, ces ambassadeurs qui avaient élaboré avec nous un traité de commerce, furent bientôt suivis par le baron de Saint-Armand qui venait au nom de Louis XIV demander au sultan la ratification de la convention signée à Versailles. Bien que le souverain africain s’y refusât et qu’il interdît notamment au sieur de Garian, membre de la mission française, d’acheter les juments arabes que celui-ci était désireux d’acquérir, nos relations commerciales ne souffrirent point de cette fin de non-recevoir et notre trafic avec le Maroc continua à se développer paisiblement.

A la nouvelle du refus de ratification signifié par Mouley-lsmaël, Louis XI V supposa, non sans raison, que son plénipotentiaire à Fez avait manqué de tact ou de savoir-faire, et sans se laisser décourager par cet échec, il décida sur-le-champ l’envoi au Maroc d’un deuxième

LE MAKOC.

envoyé qui fut M. Pidou de Saint-Olon.

Les instructions données par le souverain français à son nouveau délégué, méritent d’attirer l’attention des hommes d’Etat par la haute sagesse, la pensée politique qui y dominent. S’élevant au-dessus des préjugés religieux de son époque, Louis XIV prescrivait à Saint-Olon « d’agir avec circonspection, et, en se méfiant de la parole des Maures, de se servir de tout ce qu’il y avait de réel dans les dispositions manifestées par l’empereur du Maroc pour en tirer tout l’avantage possible en faveur du commerce, de la sûreté de nos vaisseaux et de l’exportation des marchandises du royaume. » Il était dit encore dans les instructions du roi que tout ce qui avait trait à la différence de religion devait être écarté, qu’on devait éviter de blesser sous ce rapport un prince qui, au point de vue du dogme, pouvait se croire dans la vérité comme les catholiques s’y croyaient eux-mêmes, qu’on n’avait à s’occuper que d’intérêts temporels et matériels, laissant à la volonté et à la puissance divine le soin de s’occuper des spirituels.

L’envoyé français avait ordre, en outre, « d’entrer dans tous les moyens qu’il estimerait les plus justes pour établir une paix et des capitulations qui pussent assurer la tranquillité et les avantages réciproques du coin-

LOUIS XIV ET MOULEY-1SMAEL.

merce et de la navigation des sujets des deux États (1). »

Enfin il était spécifié encore, à propos de la question des préséances diplomatiques, si importante à cette époque, que M. de Saint-Ülon s’efforcerait de n’avoir aucun démêlé avec les envoyés des princes chrétiens à Fez, notam-

Vi liage près de Fez.

ment avec celui du prince d’Orange, qui « était un juif sans importance ». Toutefois, au cas où le stathouder aurait là-bas tout autre agent,

« l’envoyé de France devait, en toute occasion de cérémonie, prendre le pas sans difficulté; car l’empereur du Maroc ne pouvait qu’appuyer cette préséance, sachant bien que Sa Majesté était reconnue dans tout le Levant *

(1) Louis XIV à Mouley-Ismaël. Lettre partie.

pour le premier et le plus grand de tous les princes chrétiens ».

Porteur de ces instructions, Saint-Olon partit pour le Maroc à la fin de juin 1693 et arriva le 5 mai suivant à Tétouan où le sieur Estelle, notre consul à Salé, lui apporta le passeport dont il avait besoin pour aller à Méquinez séjour actuel de l’empereur.

« Mouley-Ismaël, dit Saint-Olon, dès qu il m’aperçut de loin, descendit de cheval et se prosterna la face en terre, pour rendre grâce à Dieu de ce que les Chrétiens venaient le voir dans son pays. On me fit descendre à son approche et quand il fut à portée de me parler, il s’arrêta et me cria que j’étais le bien venu, qu’il me voyait volontiers et que sachant l’union qui existait entre le Grand-Seigneur et l’empereur mon maître, qu’il reconnaissait pour le plus grand des princes chrétiens, il voulait aussi se lier d’amitié avec Sa Majesté. »

Mouley-Ismaël était de bonne foi et prêt à tout faire pour contenter l’envoyé français, tout ce qui n’était point incompatible avec ses principes religieux. Il mit devant Saint-Olon un certain orgueil à témoigner qu’il n’ignorait rien de ce qui se passait de 1 autre côté de la Méditerranée, et son appréciation sur les souverains d’Europe est assez curieuse.

ce L’empereur d’Allemagne, dit-il, n’est que

LOUIS XIV ET MOULEY-ISMAEL

le compagnon de ses électeurs. Le roi d’Angleterre est l’esclave de son Parlement. Le roi d’Espagne est un enfant soumis à la conduite des femmes; les autres princes chrétiens ne sont souverains qu’en apparence; seul l’empereur de France sait régner par lui-même et se rendre l’arbitre absolu du sort de son peuple et de sa volonté. »

Mouley parla ensuite de sa propre politique et rappela « l’inimitié commune à sa nation et a la nôtie contre les Espagnols, leur décadence politique et l’avantage que la conquête de leur pays apporterait à la France ». S’étendant avec chaleur et mépris contre euç, il ajouta qu’il voulait aussi contribuer pour sa part à leur ruine et que « l’empereur de France » ne devait point lui refuser le même secours qu’il donnait au Grand-Seigneur contre ses ennemis puisqu à 1 imitation du sultan de Constantinople, il voulait aussi se lier d’amitié avec lui.

De ce langage diplomatique, écrit M. Thomassy, il résultait deux faits : le premier que le sultan du Maroc avait constamment présent à sa pensée, avec une pointe de jalousie, le sultan de Constantinople, le second qu’il eût désiré s appuyer sur Louis XIV pour se proclamer l’égal religieux et politique de son rival.

Voilà ce dont Saint-Olon n’eut pas le plus

léger soupçon. Oubliant ou ignorant l’histoire de l’islamisme et l’opposition des grands schismes qui l’avaient divisé, il ne vit pas tout ce qu’il y avait à mettre en jeu dans l’âme d’un sectaire et combien cette ambition de Mouley lui offrait un moteur sûr et peut-être tout-puissant pour le succès de ses négociations. Mais il aurait fallu savoir tout d’abord le prix que l’empereur attachait à être regardé comme chef des vrais croyants, il aurait fallu être initié à toutes les questions religieuses qui dominent l’état politique des Musulmans, et Saint-Olon ne paraît pas en avoir bien connu une seule. Il se perdit en considérations sur la nécessité pour le roi de France de racheter les esclaves français captifs au Maroc, tout en gardant sur nos galères les Turcs qui y ramaient pour le service du roi, il ne sut point comprendre qu'en offrant l’échange par tête et à égalité, Mouley faisait preuve d’une condescendance rare puisqu’à la même époque (avril 1693), les Espagnols avaient accepté de délivrer huit Maures pour un Espagnol et que les Hollandais avaient payé huit cents écus chaque rameur déserteur, alors que Saint-Olon n’en offrait que cent.

Finalement il échoua dans sa mission n’en ayant jamais compris l’importance, au retour de Mouley qui s’était attendu à autre chose de la part de l’envoyé du premier des princes chré-

LOUIS XIV ET MOULEY-ISMAEL

tiens. « Lorsque vous avez été en notre] présence, lui écrivait le sultan le 13 août 1693, nous avons cru que c’était pour nous proposer

Une servante à Fez.

quelque affaire de grande importance comme vous faites avec le Grand-Seigneur; mais nous avons vu que tout se réduisait à demander environ deux cents esclaves, qu’un simple mar-

chandpeut tenir et avoir en plus grand nombre. »

Évidemment, en cette affaire, c’était Mouley qui avait raison.

Malgré l’échec des négociations que nous venons de rapporter, et malgré les intrigues ourdies contre nous par l’envoyé du prince d’Orange, la haute estime en laquelle le sultan tenait Louis XIV, l’amena à envoyer en France à titre d’ambassadeur extraordinaire l’amiral Ben-Aïssa, chargé de reprendre les traités de Saint-Amand et de Saint-Olon et de les amener à bonne fin. Le Mercure de France et les chroniqueurs de la fin du xvne siècle nous ont raconté les détails de cette députation singulière dans laquelle l’envoyé de Mouley-lsmaël se montra beaucoup plus fin et plus civilisé qu’on pouvait s’y attendre. Ben-Aïssa devint bientôt l’homme à la mode et il eut plusieurs mots qui firent pendant six mois les délices des ruelles.

Après un assez long séjour à Paris, d’où il partit encore sans avoir rien conclu, car cette fois on ne le trouvait point muni de pouvoirs suffisants pour signer le traité relatif aux esclaves, Ben-Aïssa retourna au Maroc, et c’est à son arrivée dans son pays qu’il fit à son maître un tel portrait de la princesse de Conti (Mlle de Blois), fille de Louis XIV et de Mlle de

LOUIS XIV ET MOULEY-ISMAEL

La Yallière, que Mouley se décida à la demander en mariage.

La requête adressée à M. de Pontchartrain fut faite « au nom du Chérif descendant du prophète, par Abdalah-Ben-Aïssa le serviteur et le ministre de la monarchie des Achémites et de la royauté couronnée, et capitaine de la mer ».

On sait comment Louis XIV y répondit. On ne tira point parti d’une circonstance grâce à laquelle la France eût pu prendre au Maroc une situation prépondérante, sinon par une alliance effective tout au moins en faisant traîner la chose en longueur. On répondit à Mouley que la différence des religions était un obstacle insurmontable au mariage, et la cour se contenta de s’amuser (1) d’un fait extraordinaire à la vérité, mais dont on ne sentit point la portée.

Mouley-Ismaël comprit ou fit semblant de comprendre les raisons qui empêchaient Louis XIV d’accéder à la demande qu’il lui avait adressée, et son affection pour la France ne semble point s’être amoindrie de la réponse dilatoire qu’il reçut de Pontchartrain. Malgré certaines vexations qu’il ne faut point juger d’après leur gravité apparente , nos compatriotes jouissaient alors au Maroc d’une liberté

(1) La démarche cle Mouley était bien de nature à stimuler

d’action relativement très grande, et le souverain musulman, en dehors de la question des esclaves, sur laquelle il se montrait intraitable, demeurait animé vis-à-vis de nous d’intentions spécialement bienveillantes.

C’est ainsi qu’en 1709, c’est-à-dire à un moment où le prestige français était amoindri en Europe par des défaites successives, Mouley écrivait encore à Louis XIV pour lui demander d’être traité par notre pays de la même façon que la Porte ottomane, ajoutant que si « la France avait besoin d’un secours de troupes pour se défendre contre la Maison autrichienne, il était prêt à l’envoyer tant en cavalerie qu’en infanterie ».

la verve d’une nation qui a les jeux d’esprit faciles. Les poètes s’en donnèrent au cœur joie.

Senecé écrivit des stances qui commençaient ainsi :

Que me demandez-vous superbe Tingitane Osez-vous y penser

La fille de Louis jusqu’au rang de Sultane Peut-elle s’abaisser?

Et .J. -B. Rousseau :

Votre beauté grande princesse Porte des traits dont elle blesse Jusques aux plus sauvages lieux,

L’Afrique avec vous capitule Et la conquête de vos yeux Va plus loin que celle d’Hercule.

Voyez aussi un livre imprimé à Cologne en 1700, chez Pierre Marteau et qui est peut-être de Courtils de Sandras, publié sous le titre : Relation historique de l’amour de l’empereur de Maroc pour la princesse douairière de Conli, par le comte D...

LOUIS XIV ET MOULE Y-I SM AEL

Louis XIV avait parfaitement compris comme on l’a vu, quel intérêt avait la France à conclure avec Mouley des capitulations semblables à celles consenties par la Porte, en 1709, mais il était arrivé à une période d’abattement amenée, en dehors de l’âge et des infirmités, par des revers de toute sorte. A cette époque le mysticisme dans lequel il s’enfonçait de plus en plus l’empêchait de juger désormais la question du Maroc avec sa lucidité ordinaire. Il se contenta donc de répondre au sultan pour décliner son offre relativement aux subsides en troupes.

Ce qu’il importe de retenir des négociations de la France avec Mouley-Ismaël au xvne siè— .cle, c’est qu’à cette époque nous étions la première puissance européenne à posséder au Maroc une réelle influence, la seule avec laquelle l’empereur musulman eût consenti à traiter sur le pied d’égalité. On a vu la façon dont il appréciait les autres souverains de notre continent : la demande de la main de la princesse de Conti est non seulement un fait unique dans nos annales diplomatiques, mais dans toutes celles des puissances qui ont eu affaire avec le pouvoir musulman. De tels rapports créent, entre deux puissances, malgré la fluctuation des événements et des influences, une communauté d’intérêts et de sympathies souvent im-

périssables. C’est certainement grâce au prestige de Louis XIV que, malgré tout, nous sommes encore au Maroc la nation prépondérante, la race européenne la plus sympathique aux Chérifs.

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