‹ Le MarocChapitre 37 sur 42 · LA BATAILLE I) ISLY · texte numérisé non relu

LA BATAILLE I) ISLY

les dires, compte 30.000 chevaux, 10.000 hommes d’infanterie et 11 bouches à feu. Mais mon armée est pleine de confiance et d’ardeur; elle compte sur la victoire tout comme son général. Si nous l’obtenons, ce sera un nouvel exemple que la victoire n’est pas toujours du côté des gros bataillons, et l’on ne sera plus autorisé à dire que la guerre ri est qriun jeu du hasard (1). »

Conformément aux intentions qu’il exprimait dans cette lettre, et quelques heures après l’avoir écrite, le maréchal Bugeaud se mettait en marche le 13 août 1844, à 3 heures après midi, en simulant un grand fourrage .

A la tombée de la nuit, les fourrageurs revinrent sur la colonne et l’on campa dans l’ordre de marche, en silence et sans feu, jusqu’à deux heures du matin, moment auquel on se remit en mouvement.

L’armée française passa une première fois l lsly sans rencontrer l’ennemi et lorsqu’elle arriva, vers huit heures du matin sur la hauteur de Djerf-el-Akdar, elle aperçut, sur les collines de la rive droite, tous les camps marocains encore en place, et parmi eux celui de Mohammed avec ses drapeaux et son parasol, signe du commandement. Tout aussitôt on put voir

(1) Moniteur Universel, mercredi 18 août 1841.

la cavalerie ennemie se porter en avant pour nous attaquer, au second passage de la rivière.

Le maréchal Bugeaud donna comme point de direction générale le camp du fds de l’empereur.

L’ordre de bataille qu’il avait adopté avait la forme d’un triangle isocèle, légèrement concave à sa base et s’avançait, le sommet en avant, dans le genre de ce que les anciens appelaient le coin ou la tête cle porc.

Tout en tête, en arrière du fanion de direction, marchait le 8e bataillon des chasseurs d’Orléans, ayant à sa gauche, en échelon en arrière, le 41e régiment d’infanterie, et à sa droite le 32e; derrière le 8e bataillon et à intervalle de régiment s’avançait un bataillon formé de compagnies du 53e et du 58e.

Dans l’intervalle du carré formé par ces 4 régiments en colonne et commandé par le général Cavaignac, marchaient le maréchal et le général Lamoricière. Le côté droit du triangle, aux ordres du général Bedeau, était constitué par le 13° léger ayant derrière lui une section de montagne, le 15e léger, 1 bataillon de zouaves et le 9e bataillon de chasseurs d’Orléans; le côté gauche, colonel Pélissier, comprenait le 6e léger ayant derrière lui le 13e, une section de montagne, le 16e léger, le 10e bataillon de chasseurs d’Orléans, le 48e de ligne et l’ar-

LA BATAILLE d’iSLY.

rière garde; le troisième côté, était formé par le 3e léger, le 6e bataillon de chasseurs d’Orléans et une section de montagne.

Un musicien maure.

Enfin, au centre, venant derrière le maréchal : l’artillerie de campagne avec sa réserve, l’ambulance, le train des équipages, le troupeau. A droite de cette colonne, le 2° chasseurs, 1 escadron du 1er chasseurs, le magzhem (cava-

LE VAIÎOC.

lerie irrégulière). Toutes ces troupes étaient formées dans chaque corps ou fraction de corps, en carré.

Le maréchal donna rapidement ses instructions aux chefs des trois faces de son triangle

et à celui de son avant-garde, et au bout de cinq à six minutes de halte, on descendit vers la rivière au pas accéléré et au son des instruments.

De nombreux cavaliers défendaient le passage, mais ils furent repoussés par nos tirailleurs d’infanterie avec quelques pertes des dejux côtés, et le maréchal ayant atteint le plateau immédiatement inférieur à la butte où se trouvait Mouley-Mohammed, fit immédiatement ouvrir un feu d’artillerie par quatre pièces de campagne .

A ce moment, et pendant qu’on apercevait dans le camp du fils de l’empereur un désordre immédiat causé par nos boulets, des nuées de cavaliers sortaient à droite et à gauche de derrière les collines et assaillaient à la fois les deux ailes et la base du triangle. « J’eus besoin, a écrit le maréchal Bugeaud, en cette occasion, de toute la solidité de mon infanterie, mais pas un homme ne se montra faible. Nos tirailleurs, qui n’étaient qu’à cinquante pas en avant des carrés, attendirent de pied ferme ces multitudes, sans faire un pas en arrière; ils avaient

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