‹ Le MarocChapitre 27 sur 57 · De Foucauld · texte numérisé non relu

De Foucauld

depuis la sortie de l'Atlas jusque la Daïa-ed-Daoura. Quand il y a assez d'eau1, c'est la région la plus riche du Maroc; mais il est fort rare que les crues arrosent tout le Tafïlelt.

Le Guir et son affluent l'oued llaïber ont de l'eau en pevmanence et sont bordés de nombreux ksours. En remontant les vallées vers le Nord, on voit les oliviers et les figuiers, puis les noyers, succéder aux palmiers. Il y a là une transition semblable à celle qu'on observe dans les vallées de l'Aurès, mais plus lente. Les indigènes considèrent que la région du Haut-Guir ou Guirfoukani s'étend des sources du fleuve au ksar de Saheli, où cessent les palmeraies et les cultures. Dans la plaine des Bahariat, qui est la zone d'épandage du fleuve, il n'y a pas d'oasis de palmiers, parce que les crues sont trop irrégulières ; les cultures de céréales sont plus ou moins étendues suivant les années.

Les oasis contiennent presque toutes un noyau intérieur irrigué en tout temps et consacré principalement aux arbres à fruits, et une zone extérieure qu'on ne peut arroser qu'au printemps et en hiver, voire même seulement dans les années pluvieuses et où l'on cultive seulement du blé et de l'orge. En dehors de l'irrigation, point de culture possible sur le versant saharien. Dans le cours inférieur du Dra, à partir du moment où il fait un coude brusque et se dirige vers l'Océan parallèlement aux crêtes de l'Atlas, « plus un dattier, plus une maison; au sortir d'El-Mhamid, l'Oued Dra entre dans le désert; il y reste jusqu'à la mer. Il coule en plaine; plus d'eau, son lit à sec s'élargit démesurément; ses bords sont aussi désolés qu'ils étaient riants tout à l'heure. » Cependant, à l'endroit où les affluents descendus de l'Atlas débouchent dans le Dra, on cultive, dans le lit même du fleuve, les espaces temporairement inondés

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