‹ Le MarocChapitre 31 sur 57 · DOUTTÉ · texte numérisé non relu

DOUTTÉ

Elles sont les seules qu'un savant, un lettré, un âlem qui se respecte puisse consentir à habiter. Les citadins de ces trois villes sont des descendants plus ou moins adultérés des anciens Maures chassés d'Espagne, comme en témoignent beaucoup de leurs noms qui sont manifestement espagnols. Bien qu'ils soient surtout nombreux dans ces trois villes, on trouve d'ailleurs des Àndalous dans d'autres villes du Rarb, notamment à Tanger, Chechaouan, El-Ksar.

11 y a quatre villes dites makhzenia, c'est-à-dire impériales, où le sultan réside habituellement. Ce sont Fez, Rabat, Meknès et Merrakech. Ces villes ont des aspects bien différents.

Fez est située au fond d'une étroite vallée où l'enserrent des montagnes pelées1. De hautes maisons, dont les murs en briques ne sont jamais reblanchis à la chaux et semblent toujours en ruines, des rues étroites, tortueuses, forment un réseau inextricable; un silence qui serre le cœur, le manque absolu de points de repère, qui fait que l'on se sent comme perdu, tout cela cause à celui qui descend dans la ville de Moulay-Idris une impression pénible dont les musulmans eux-mêmes ne se défendent guère. Quelques quartiers de Fez, ceux des jardins, en arabe el-arassi, ont un caractère plus gai : vers le haut de la ville, en effet, les murs enclosent des jardins verdoyants, qu'irriguent les eaux abondantes des montagnes voisines; les rues sont bordées par des murs moussus et ombragées par quelques grands arbres.

Fez est divisée en deux villes : Fez-lc-Vieux et Fez-le- Nouveau, Fâs-el-Bali et Fàs-ej-Jdid; la dernière est uniquement peuplée de Bokharis, de nègres, de Draoua, de journaliers; le mellah est situé aussi à Fàs-ej-Jdid. Fàs-el-Bali, Fez-le-vieux, est la ville noble par excellence; elle est séparée par la rivière en deux parties respective-

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