‹ Le MarocChapitre 32 sur 57 · Doutté · texte numérisé non relu

Doutté

mont appelées El-Adoua et El-Lamtiin; El-Adoua est l'ancien quartier connu sous le nom d'El-Andalous. La rivalité entre les habitants de ces deux quartiers de la ville sainte de Moulay-Idris est très ancienne et très vive. L'Adoua est divisé en six quartiers; le Lamtiin n'en compte pas moins de douze; de plus, les jardins situés sur les hauteurs, et dans lesquels se trouvent les maisons les plus agréables à habiter, forment des quartiers à part.

Rabat, située sur les bords de l'estuaire du Bou-Regreg, au milieu de jardins d'orangers, regarde sa voisine, sa rivale d'antan, l'antique Salé, jadis repaire de pirates qui inquiétaient les côtes chrétiennes et fournissaient le Maroc d'esclaves chrétiens, aujourd'hui encore demeurée très fanatique. Rabat, clef de l'empire, commandant le seul chemin sûr qui relie les deux capitales, ville très musulmane, pleine des souvenirs de la lutte contre les chrétiens, habitée par une population de citadins lettrés, est de plus le débouché commercial de Meknès et d'une région très fertile. La tour de Hassan, les ruines de Chella, situées dans la banlieue de Rabat, témoignent de l'importance historique qu'eurent toujours cette localité et ses "environs.

Meknès i forme une curieuse transition entre Fez et Merrakech; elle a, comme Fez, des souks enfermés dans des rues étroites et hautes et des habitants fanatiques, mais, comme Merrakech, elle a certaines rues larges et poiKÎreuses, des maisons basses, une population fortement métissée de noirs. Elle a aussi ce que n'ont ni Fez ni Merrakech, et ce qui n'existe peut-être que là au Maroc : des rues et des carrefours plantés d'arbres; elle a encore comme originalité ses fortifications immenses, ses portes fastueuses et sans goût, ses énormes constructions, travail gigantesque des esclaves chrétiens,

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