V. ci-dessous chap. iv
noncer tics peines, possédant môme vis-à-vis de ses enfants le droit de vie et de mort.
La condition de la femme est tout à fait subordonnée. Sa situation intellectuelle et morale est en général inférieure à sa situation légale, et les indigènes s'efforcent d'enlever aux femmes le bénéfice de la vocation héréditaire que leur a reconnue le Coran. Ils sont restés foncièrement attachés à la vieille idée de l'inégalité des sexes et continuent à voir dans le mariage l'achat de la femme par le mari.
Le mariage musulman repose sur la polygamie et sur le divorce. Or, le régime de la polygamie est évidemment exclusif de toute idée d'association entre les conjoints. « Les Arabes, ditBerbrugger, prennent plusieurs femmes, non par sensualité, mais par nécessité » : la sensualité y est bien pour quelque chose, mais il demeure exact qu'une des causes de la polygamie est la nécessité de se procurer des servantes. « La manière de produire et de vivre est le grand facteur de l'évolution humaine â. » Les indigènes n'ont pas du louage de service la conception que nous nous en faisons. Le travailleur libre n'est pas pour eux un salarié, mais un associé. Quant aux services que nous avons coutume de réclamer du serviteur à gages, du domestique, ils ne conçoivent guère qu'on puisse les demander à d'autres qu'à des femmes ou à des esclaves. Un chef indigène expliquait au marquis de Segonzac qu'une seule femme ne saurait suffire au triple rôle d'épouse, de mère et de servante sous le toit du sédentaire et moins encore sous la tente du nomade. Et c'est souvent la femme ellemême qui, dans le but d'alléger le fardeau de son labeur, invite le mari à prendre une autre épouse2. Il faut d'ailleurs distinguer : d'une manière générale, la polygamie est surtout pratiquée dans les villes, chez les