‹ Le MarocChapitre 40 sur 57 · E. Doutté · texte numérisé non relu

E. Doutté

nom, qui fut celui d'une grande confédération, ne s'applique plus qu'à quelques douars; tel vocable qui se rencontrait aux confins de laïripolitaine s'est transporté dans l'Atlas marocain, et ainsi de suite. Les généalogies des tribus ne les font guère remonter en général, dans leur forme actuelle, au delà du grand mouvement d'islamisation du xvie siècle. Quelques-unes ne datent pas d'un demi-siècle, d'autres de moins encore. Il ne faut d'ailleurs attacher qu'une importance limitée aux généalogies des tribus; même lorsqu'elles ne sont pas faussées par le désir de se rattacher aux Arabes, ces généalogies sont d'ordinaire celles, non de la tribu tout entière, mais des quelques familles qui se sont imposées à ses différentes fractions. Par le fait même que les populations sont imparfaitement fixées au sol, les indigènes d'une même tribu ont beaucoup moins de chances de descendre d'un auteur commun que les habitants d'un même village en France.

Il règne une grande confusion dans le vocabulaire en ce qui concerne la désignation des grands groupes ethniques du Maroc. D'après de Foucauld, les expressions de Kebaïl, Chellaha, Haratin, Beraber, sont autant de mots employés par les Arabes qui désignent une race unique, dont le nom national, le seul que se donnent ses membres, est celui d'Imaziren; les Arabes appellent de préférence Kebaïl les Imaziren de la partie septentrionale, ceux qui habitent au Nord du parallèle de Fez; ils donnent le nom de Ghellaha à tous les Imaziren blancs résidant au Sud de cette ligne, celui de Haratin aux Imaziren noirs, enfin celui de Beraber est réservé à la puissante tribu tamazirt dont il est proprement le nom. « Dans le Sud marocain, dit de Segonzac, les Berbères se donnent entre eux le nom d'Imaziren : on appelle Braber ceux du Moyen-Atlas, du Haut- Atlas et du Sahara, Chleuh ceux du Sous et de F Anti-Atlas, Haratin les Berbères noirs du bassin de l'Oued Dra. » Ailleurs, il distingue chez

les Berbères trois types : le type rifain, le type berbri, le type chellah. Pour nous, les Imaziren ou Berbères se ramènent à trois souches principales : une dans le Nord, où les Zenata paraissent être en majorité, deux dans le Sud, les Chleuh, qui paraissent se confondre avec les Guebala, et les Beraber. La langue tamazirt comprendra de même trois dialectes : zenatia, chelha et berberia. Les Haratin paraissent être, jusqu'à plus ample informé, des Chleuh imprégnés de sang noir. Quant aux Arabes ou à ceux qui se disent tels, ils se présentent sous des formes diverses. Tantôt ce sont des tribus entières; la plupart du temps, elles ont été appelées dans leur habitat actuel soit par des tribus, soit par des souverains au service desquels elles ont mis leur force. Ailleurs, c'est une fraction d'une grande tribu ou d'une confédération qui est arabe, alors que le reste est berbère, ou bien c'est un ksar maraboutique, une zaouïa; ailleurs enfin, c'est seulement une famille de chérifs ou de tolbas. Il ne faut donc pas opposer outre mesure, comme on l'a fait parfois, les Berbères et les Arabes, d'abord parce que • Berbères et Arabes sont extrêmement mélangés, puis parce que les Berbères, ou du moins quelques-uns de leurs groupes sont sans doute, au point de vue ethnique ' et anthropologique, assez peu différents des Arabes, cousins sinon frères des Sémites, enfin parce que les uns et les autres ont subi la profonde empreinte du sol, du climat et du milieu. Il n'y a plus, comme le disait Renan, que des races éthiques, qui sont la résultante des habitudes prises et du genre de vie séculaire, ainsi que des influences historiques, civilisatrices ou anti-civi-* lisatrices. Lorsque nous disons d'une tribu qu'elle esr arabe ou berbère, nous entendons donc simplement dire par là qu'elle parle arabe ou berbère et que les éléments arabes ou berbères sont ou prétendent être en majorité.

Tout compte fait, et sous les réserves qui précèdent,

les Berbères du Maroc peuvent être répartis en trois groupes principaux : les Rifains, les Beraber et les Ghleuh.

Les Rifains (Rouafa) ou habitants du Rif sont échelonnés en plusieurs rangs sur le littoral méditerranéen depuis la frontière algérienne jusqu'à la longitude de Fez à l'Ouest; ils comprennent une trentaine de tribus; les plus orientales, Kebdana, Trifa, Beni-Snassen, sont souvent considérées comme ne faisant pas partie du Rif proprement dit, mais plutôt du Garet. En ce cas, le Rif ne commencerait que dans la région de Melilla. Beaucoup de ces tribus rifaines, très petites, sont perdues dans des montagnes d'accès pénible et n'ont qu'une civilisation très primitive. Leur industrie est rudimentaire. Quelques tribus rifaines portent un nom célèbre dans les fastes du Maghreb, comme par exemple les Maghraoua, qui jouèrent un rôle considérable dans les luttes des Idrissites et des Ommiades d'Espagne et qui » donnèrent une dynastie au Maghreb. D'autres tribus rifaines sont plus connues par leurs récents exploits, les Guelaya par leurs luttes avec les Espagnols de Melilla, les Bokkouya par leurs actes de piraterie. Tous les Rifains du littoral sont d'ailleurs plus ou moins écumeurs de mer. Les Rifains, ou tout au moins certaines de leurs tribus, émigrent tous les ans en quantités considérables dans la province d'Oran, où ils se livrent aux travaux de la moisson et reviennent ensuite dans leur pays. Ils jouent dans l'agriculture de la province d'Oran le même rôle que les Kabyles dans les provinces d'Alger et de Constantine. Vêtus de la djellaba, ils vont tête nue, les cheveux coupés courts, à l'exception d'une petite tresse qui pend sur le côté de la tête.

Les Beraber forment un second groupe à contours moins nets que celui du Rif. Le nom qu'ils portent a une extension variable. On peut distinguer les Beraber stricto sensu', qui nomadisent au Nord de Figuig et du

Tafilelt, et les Beraber lato sensu, qui comprennent tous les habitants des massifs montagneux du centre du Maroc. De Foucauld entend le mot Beraber dans le premier sens ; la plupart des autres auteurs le prennenHans le second. On peut, avec Quedenfeldt, distinguer trois groupes de Beraber : un groupe sud-oriental, un groupe central et un groupe occidental.

Le groupe sud-oriental correspond aux Beraber de Foucauld. Issus de la souche sanhadja, ils forment, dit Ylstiksa, des populations que seul le Créateur pourrait compter; un certain nombre sont sédentaires, mais la plupart sont nomades. Ils se divisent en deux grandes branches : les Aït-Atta et les Àït-Iafelman; chacune d'elles se subdivise à son tour en de nombreuses fractions. Il s'agit d'ailleurs moins d'une tribu que d'une sorte de confédération; le nom même d'Aït-Iafelman signifie « les amis de la paix » : c'est une ligue, un leff.

Le groupe central comprend les grandes tribus du Moyen et du Haut-Atlas, Aït-Tserrouchen, Beni-Ouaraïn, Aït-Youssi, Beni-Mguild, Beni-Mtir. Les Aït-Tserrouchen se composent de deux grandes fractions, dont l'une habite le revers Nord du Haut- Atlas et le Dahra, l'autre le versant Sud du Moyen-Atlas, séparées l'une de l'autre par la vallée de la Moulouya et les tribus qui l'habitent; ces deux fractions ne sont pas moins différentes de mœurs qu'isolées de territoires; la première est composée de nomades, la seconde de montagnards sédentaires. Les Beni-Ouaraïn passent pour la plus grande de toutes les tribus berbères; ils occupent le Nord-Est du Moyen- > Atlas, entre le pays des Riata et celui des Aït-Youssi; ils ne parlent que le tamazirt, sont de mœurs sédentaires^ et habitent des villages. La partie centrale occupée par le grand massif du Bou-Iblan est peu habitée; c'est la région Nord-Ouest qui est la plus peuplée : de ce côté les Beni-Ouaraïn progressent vers l'Innaoun, refoulant les autres tribus. Les Aït-Youssi occupent toute la région

comprise entre Kasba-el-Makhzen et Sefrou, depuis la Haute Moulouya jusqu'aux abords de Fez; leur pays correspond à la partie la plus aride et la plus difficile de l'Atlas; partie sédentaires et partie nomades, ils apportent à Sefrou et à Fez des peaux, des laines, des planches de bois de cèdre. Les Beni-Mguild, une des tribus les plus étendues du Moyen-Atlas, sont compris entre les Aït-Youssi à l'Est, les Zaïan à l'Ouest, les Beni- Mtir au Nord. Ils ont trois domaines agricoles : la haute vallée de l'Oued Grigra, affluent de l'Oued Beht, la haute vallée de l'Oued Guigou, affluent du Sebou, enfin la haute vallée de la Moulouya; chacune des fractions de la tribu possède un ou plusieurs tirremts dans une ou même dans deux de ces vallées; le reste du territoire montagneux de la tribu est partagé de même entre les différentes fractions; les bergers y paissent leurs troupeaux, les bûcherons et les charbonniers en exploitent les bois. Les Beni-Mtir, très batailleurs, s'avancent jusqu'à la plaine de Sais et à la banlieue de Fez; après avoir vécu sur les rives de l'Oued Guigou, ils sont arrivés dans leur habitat actuel, chassés par les Aït-Youssi et les Beni-Mguild.

Le groupe occidental des Beraber, comprenant les Aït-Messat, les Aït-Atta-Oumalou, les Zaïan, est limité à peu près par une ligne qui joindrait Merrakech à Meknès et à Fez en passant par le Tadla. Quoiqu'elles cultivent peu, ces tribus, surtout les Zaïan, sont fort riches, car elles ont d'immenses troupeaux de chèvres, de moutons, de chevaux et surtout de bœufs d'une taille remarquable; la langue arabe est répandue chez les gens de condition élevée même parmi les femmes et les enfants. On rattache ordinairement aux Beraber d'une part les Zemmour et les Zaër, qui habitent entre Rabat, Meknès et le Tadla; de l'autre les Hayaïna et les Riata, entre Fez et Taza. Les Hayaïna se disent Arabes et originaires de ïlemcen. Les Riata, essentiellement

montagnards, ont leurs cultures et leurs villages dans de profondes vallées presque inaccessibles; ils ont oublié leur origine berbère et se disent Arabes ; ils sont peu à peu poussés vers le nord par les Beni-Ouaraïn, et refoulent à leur tour les Miknassa et les ïsoul. Bien qu'ils aient leurs villages, leurs terrains de culture et de pâturage dans la vallée de l'Innaoun,les Riata ensilotent leurs grains dans la montagne et y font également remonter leurs troupeaux lorsqu'ils se sentent menacés.

Ces Beraber sont en somme les moins connues et les plus primitives de toutes les populations du nord de l'Afrique; ils ne paraissent pas, au cours de l'histoire, avoir jamais subi aucune domination vraiment effective et susceptible de modifier leurs institutions sociales. Ils sont rudes et grossiers, d'une grande simplicité de mœurs, généralement monogames; très indifférents en matière religieuse, ils haïssent l'étranger plutôt que le 'chrétien.

Un troisième groupe berbère est celui des Chleuh, qui habitent le Haut- Atlas et ses contreforts. Au Nord, ils s'étendent jusqu'auprès de Mogador, englobant Merrakech et Demnat; les Haha ou Ihahen, les Mtouga, les Seksaoua, les Mesfîoua, les Ourika et d'une manière générale toutes les tribus dites des Diara de l'Atlas doivent être rattachées aux Chleuh. Au Sud, leur territoire, comprenant le Sous, s'étend jusqu'au cours du Dra. A l'Est, la limite des Chleuh est assez flottante et incertaine. Les Beni-Sadden, enclavés entre les Aït- Youssi et les Beni-Ouaraïn, se disent Chleuh et non Beraber. Dans les ksours du Tafilelt et dans la région du Guir, ce sont, semble-t-il, des Chleuh qu'on retrouve sous le nom de Guebala (gens du Sud), dominés et refoulés par les Beraber. Les oasis sahariennes ont d'ailleurs une population extrêmement mélangée.

Tandis que les Beraber sont en grande partie nomades, les Chleuh sont essentiellement sédentaires. Ils sont

beaucoup plus affinés physiquement et intellectuellement que les Beraber. Très travailleurs, ils essaiment volontiers et viennent gagner leur vie en Algérie, où ils s'emploient aux travaux des mines. C'est chez les Chleuh que sont surtout répandus les Haratin, population au teint foncé que certains auteurs tendent à considérer comme une race spéciale autrefois répandue sur une vaste superficie dans l'Afrique du Nord, mais qui, jusqu'à plus ample informé, semblent devoir être considérés simplement comme des métis de Berbères et de Soudanais.

Avec le Dra commence le désert; les Haratin, les nègres y fusionnent plus ou moins et forment une société où les éléments ethniques sont difficiles à distinguer. Les habitants du Dra sont du reste volontiers assimilés aux nègres par les Marocains.

Entre ces trois grands peuplements à caractères primitifs des Rifains, des Beraber et des Chleuh, masses compactes qui ont résisté aux invasions étrangères, viennent se placer d'autres groupes moins caractérisés. A l'Ouest des Rifains et jusqu'auprès d'El-Ksar et d'Ouezzan vivent les Djebala. Situés plus ou moins sur la grande route qui traverse l'Afrique du Nord et où tant de peuples se sont heurtés, ils comptent parmi leurs nombreuses tribus maints débris de peuples jadis célèbres, comme les Ketama, qui conquirent le Caire; les Sanhadja, apparentés aux Almoravides; les Ghomara, soutiens des Idrissites; les Masmouda qui firent trembler l'Afrique et l'Espagne avec Abd-el-Moumen; les Branès, qui portent le nom de l'ancêtre légendaire des Berbères. Comme les Rifains, les Djebala portent la djellaba, mais ils rabattent presque toujours le capuchon et portent souvent une sorte de turban ; ils n'ont pas la petite tresse de cheveux qui caractérise les Rifains.

Les populations de la presqu'île de Tanger sont un

mélange de Djebala et d'Arabes; une grande partie de la population de Tanger est elle-même rifaine. Dans le triangle Fez-Rabat-Tanger, correspondant à peu près à ce qu'on appelle le Rarb, les populations descendent en partie des tribus arabes amenées par la grande invasion hilalienne. Les Arabes Riah établis dans ces régions par les Almohades ont été presque complètement détruits par les Mérinides, mais d'autres Arabes leur ont été substitués; tels sont les Khlot et les Tlik de la vallée du Loukkos. De grandes tribus de langue arabe, mais de mœurs indiquant la même origine que les tribus de langue berbère, tels que les Beni-Hassen, s'étendent sur les bords de Sebou. Autour de Fez et de Merrakech vivent des tribus makhzen où le gouvernement recrute son armée, telles que les Oudaïa, les Cheraga et les tribus déportées à diverses époques pour des raisons politiques.

Le couloir de plaines qui sépare les massifs littoraux des chaînes de l'Atlas est un lieu de rencontre pour les tribus plutôt que le domaine de populations distinctes. Les montagnards des massifs littoraux : Miknassa, Branès, Tsoul, Hayaïna, s'y rencontrent avec les Beni- Ouaraïn et les Riata du Moyen-Atlas. En certains points sont des Arabes établis aux endroits stratégiques par les dynasties du Maghreb : telle une fraction des Ouled-el- Hadj aux portes de Fez, les Ahlaf de la plaine de Tafrata, les Angad de la plaine d'Oudjda. Tout un chaos de tribus se rencontre dans la plaine de Trafata, où la voie d'Est en Ouest qui va d'Oudjda à Taza et à Fez croise la voie du Sahara, qui, par la Haute-Moulouya, conduit au Tafilelt.

Dans le triangle Merrakech-Mogador-Rabat, correspondant à ce qu'on appelle le Houz, habitent de grandes tribus de langue arabe, paisibles, attachées au sol par une agriculture très développée, comme les Chiadma, les Doukkala, les Chaouïa, les Rehamna. Ces noms

s'appliquent à des groupes sociaux plutôt qu'à des circonscriptions provinciales. Le pays des Chaouïa, qui correspond à l'ancienne province de Temesna, fut habité d'abord par des Berghouata, fraction des Masmouda; dévasté par les Almoravides, il fut repeuplé au xne siècle avec des Arabes hilaliens; au xvie siècle, les Mérinides y amenèrent des Zenata et des Hoouara, Berbères nomades arabisés qui ont formé la population actuelle des Chaouïa (les pasteurs). Les Doukkala sont un mélange de Berbères Sanhadjiens et d'Arabes, ces derniers introduits par les Almohades et devenus presque sédentaires. Les Rehamna sont une fraction des Arabes Douï-Hassen ; autrefois nomades au Sud de l'Atlas, ils ont subi une forte infusion de sang berbère; il se sont, comme les autres Arabes du Maroc occidental, plus ou moins sédentarisés sous l'influence de la richesse agricole du pays qu'ils habitent.

A l'Est des Beraber, dans les steppes du Dahra et dans la vallée de la Moulouya, errent des nomades absolument analogues aux peuples pasteurs des hautes plaines de la province d'Oran, notamment les Beni-Guil, les Ouled-el- Hadj, les Hoouara, les Ouled-Djerir, les Douï-Menia. Dans le Sahara proprement dit vivent des tribus arabes dont la piraterie est la principale industrie et qui franchissent des distances considérables, écumant le désert depuis le Touat jusqu'à l'Atlantique et depuis l'Atlas jusqu'au Soudan.

L'étude des tribus marocaines est encore à ses débuts; seules, des monographies détaillées, comme il en a déjà été publié quelques-unes, permettront de compléter et de rectifier le tableau sommaire que nous venons de tracer. Il faudra d'ailleurs se hâter d'entreprendre cette étude, avant que les institutions primitives des Berbères disparaissent devant la civilisation européenne, comme elles ont disparu en Kabylie et dans l'Aurès.

Il faut considérer le Maroc comme composé de quatre

à cinq cents petits États, les tribus, qui sont les véritables unités politiques. Non seulement le Maroc n'est pas un Etat centralisé, mais ce n'est pas un Etat du tout au sens européen du mot. On a dit quelquefois que le Maroc eet un empire qui croule : cela n'est pas exact, c'est un empire où l'assemblage des diverses parties n'est pas encore achevé. Cependant aux tribus marocaines se superpose le pouvoir chérifien, dont il convient de connaître le caractère, la nature, les organes, les modalités, l'étendue et les limites.

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