MOULIÉEAS
été confondu avec le chêne-liège dans le Haut-Atlas marocain. Le chêne kermès (Quercus coccifera) remplace le chône yeuse dans les mauvais terrains, dans les régions peu arrosées et aux faibles altitudes; il se présente presque toujours sous l'aspect d'un arbrisseau de 2 à 4 mètres de hauteur, constituant un buisson avec des tiges grêles. Il assure le boisement d'endroits stériles sur lesquels aucune autre essence forestière ne pourrait se développer. Il est surtout abondant dans les massifs littoraux médiocrement arrosés du Maroc oriental.
Les conifères constituent avec les chênes les plus vastes peuplements dans les forêts de l'Afrique du Nord. Le pin d'Alep (Pinus halepensis, arabe snouber) est l'essence la plus répandue et la plus rustique de toute la Berbérie. Il couvre d'immenses espaces depuis le littoral jusqu'à la lisière du Sahara. Doué d'un tempérament particulièrement robuste, il vient dans des régions qui ne reçoivent pas plus de 30 centimètres de pluie annuellement, et réussit à vivre sur les plus mauvais terrains. Ses limites d'altitude sont à peu près les mêmes que celles du chêne-liège et de l'olivier, c'est-à-dire 1 500 à 1 700 mètres. Il paraît cependant beaucoup moins répandu au Maroc qu'en Algérie, les terrains fissiles et perméables qu'il préfère y occupant une moins grande surface. Il se rencontre un peu partout, en alternance soit avec le chêne-liège, soit avec le chêne vert.
Le cèdre (Cedrus Libani var. atlantica, arabe meddad) occupe une région bien déterminée, comprise entre 1400 et 2 500 mètres d'altitude. Il n'est pas exclusif pour le choix du terrain, mais il lui faut des pluies ou des neiges abondantes, un sol frais, une station ensoleillée, bien aérée et néanmoins pas trop chaude. Il forme rarement des peuplements très homogènes. Il pousse par bouquets entremêlés de clairières occupées par des prairies et par des broussailles. Avec lui poussent quelques ifs, parfois de grande taille, des
érables, quelques chênes zéens, des houx, des cerisiers, quelques sorbiers. Au Maroc, les principaux massifs de cèdres se trouvent dans le Moyen-Atlas, chez les Beni- Mguild et les Aït-Youssi, qui apportent le bois, débite en planches, sur le marché de Fez; ces beaux massifs forestiers du Moyen-Atlas, entrecoupés de pâturages, paraissent occuper environ 300 000 hectares; ils sont encore peu connus. Le cèdre se rencontre également dans certaines parties des massifs littoraux du Maroc.
Le thuya (Callitris quadrivalvis , arabe arar), le genévrier oxycèdre (Juniperus oxycedrus) et le genévrier de Phénicie (Juniperus phœnicea) confondus par les indigènes sous le nom de taga, ont à peu près la même distribution géographique; résistant admirablement aux vents et aux intempéries, ils paraissent avoir tenu jadis une grande place dans le boisement des plateaux élevés et des massifs intérieurs, aux altitudes supérieures à 800 mètres, notamment au voisinage du Sahara; mais on n'en trouve plus aujourd'hui que des restes, notamment dans la partie occidentale du Haut-Atlas. Les indigènes exploitent la résine du thuya, qui donne la gomme sandaraque.
En somme, la répartition des forets se modèle exactement sur celle des pluies. Les forêts occupent des bandes plus ou moins discontinues, qui correspondent aux diverses lignes de relief, tant des massifs littoraux que de l'Atlas. Lorsqu'il tombe plus de 60 centimètres de pluie, surtout dans les terrains siliceux, ce sont les chênes qui dominent, surtout le chêne-liège et le chêne vert. Dans l'intérieur et dans les régions qui reçoivent moins de 60 centimètres d'eau, les conifères l'emportent : pins d'Alep, thuyas et genévriers. Enfin le cèdre couronne les hauteurs et se confine dans les régions d'altitude.
Dans le Haut-Atlas, au-dessus de la limite supérieure
des arbres (2 700 m.), les buissons de Ribes, Rosa, Berberis constituent les formations alpines inférieures. Rarement les pentes sont couvertes de gazons et les rochers de mousses ; on trouve quelques saxifrages, un beau chrysanthème et quelques autres espèces rappelant les plantes vivaces alpines, parmi lesquelles se montrent des espèces du Nord de l'Europe. Les labiées odorantes, telles que les lavandes, les menthes, le thym, les sauges, etc., sont aussi très abondantes sur ces sommets.
Au bord des cours d'eau se trouve une végétation d'un type spécial, composée de tamarix, de saules, de clématites, de myrtes, etc. Des lauriers-roses, dont les fleurs forment l'agrément du paysage aux mois de juin et de juillet, s'élèvent jusque vers 900 mètres; ils recherchent de préférence le lit des rivières et le bord des sources.
On passe de la forêt au maquis par degrés insensibles. Le maquis, composé d'arbrisseaux, couvre dans l'Afrique du Nord de vastes espaces sur les terrains pauvres. Il se dégrade de plus en plus : les arbrisseaux sont peu à peu remplacés par des sous-arbrisseaux et, des plantes frutescentes; le maquis passe à la friche, qui est le dernier degré d'appauvrissement du boisement. Les espèces qui constituent le maquis sont les mêmes que celles du sous-bois. Les principales sont l'olivier, le lentisque, qui jouent un rôle prépondérant; le chêne kermès, l'arbousier, la bruyère, le phyllirea, le myrte, plusieurs espèces de genêts et de citises, les cistes, les hélianthèmes, les lavandes, les romarins, les armoises, les euphorbes, etc..
Même à l'état de nature, la forêt et le maquis n'occupent pas toute la surface du Tell ; sur certains terrains peu propres à la végétation arborescente, ou lorsque la quantité de pluie est trop faible, la surface du sol est occupée par des plantes bulbeuses et des graminées,
auxquelles se mêlent de place en place seulement quelques broussailles : c'est ce qu'on pourrait appeler la broussaille-prairie, entremêlée tantôt de palmiers-nains, tantôt de jujubiers. Le palmier-nain (doum) caractérise assez bien, dans le Maroc septentrional et occidental, les plaines qui reçoivent de 30 à 60 centimètres de pluies. Il est remplacé, dans les régions plus sèches et à demi steppiennes, par le jujubier. Dans les plaines du Maroc occidental, le jujubier occupe la zone intérieure qui succède à la bande littorale bien arrosée. Ailleurs, ce sont les plantes bulbeuses, comme la scille et l'asphodèle, couvrant d'énormes espaces, qui frappent surtout le regard. Beaucoup de plantes sauvages ont, dans l'Afrique du Nord, une tendance manifeste à former des peuplements vastes et denses. A l'époque de la floraison, elles recouvrent les plaines de vastes tapis rouges, jaunes, bleus ou blancs, formés de soucis, de pâquerettes, de camomilles, de mauves, etc. Les férules, appartenant à la famille des Ombellifères, et dont les tiges atteignent de 2 à 3 mètres de hauteur, sont particulièrement répandues dans les plaines du Maroc occidental; dans les terres noires, elles sont accompagnées de fenouils, de chardons, notamment de khorchef ou artichauts sauvages.
Le Tell marocain qui borde l'Atlantique a été presque entièrement déboisé par la culture; bien que celle-ci soit loin d'occuper toute la surface du pays, elle est néanmoins beaucoup plus intense dans les plaines telles que celles des Ghaouïa et des Doukkala que ne l'était la culture indigène en Algérie et en Tunisie. Il n'y a pour ainsi dire pas un arbre de Tanger à Fez, non plus que de Tanger à Larache, et les régions qui s'étendent entre Casablanca et Fez, entre Casablanca et Mogador, entre Casablanca et Merrakech, sont encore plus complètement déboisées. Le déboisement n'a malheureusement pas été limité aux terres cultivables ; les abus du pâtu-
rage et les déprédations de toutes sortes ont ruiné la végétation sur de vastes espaces où le sol, impropre à la culture, est aujourd'hui stérilisé. Le chameau, qui peut atteindre à trois mètres de hauteur, mange ou brise tout : écorce, bourgeons, branches. La chèvre s'attaque surtout à la végétation ligneuse et dévore les bourgeons terminaux des plantes, qui dépérissent et finissent par mourir. Le pâturage du mouton est beaucoup moins destructeur que celui de la chèvre, et les bêtes à cornes, qui ne mangent que l'herbe, sont les moins nuisibles de toutes. Cependant le mouton empêche le sous-bois de se reformer, détruit la racine, durcit *la terre par le piétinement et produit une sorte de feutrage qui rend difficile la pénétration de la pluie dans le sol et la croissance de l'herbe. Les bonnes essences disparaissent, les espèces secondaires plus résistantes prennent leur place et la forêt passe à l'état de maquis. Il n'y a pas que la forêt qui recule; le manteau de plantes herbacées vivaces et de sous-arbrisseaux s'en va de toutes parts en lambeaux, et le pâturage avec lui, ainsi que le combustible. Sans doute, on ne peut nier la nécessité de la prise de possession par l'agriculture de terres autrefois recouvertes par le maquis, non plus que le rôle indispensable de l'industrie pastorale, mais il y a un intérêt de premier ordre à éviter les excès et les abus. Il faut prendre garde que l'intervention européenne, comme cela s'est produit en Algérie, n'accroisse encore le mal en refoulant les indigènes vers les régions forestières, en suscitant de nouveaux besoins en combustible, en permettant de pénétrer dans des régions jusqu'ici défendues par leur isolement, et en mettant, en un mot, toutes les forces de la civilisation au service de l'économie destructive et de la barbarie.
Le Tell passe à la steppe par une série de transitions et de gradations. Dans le Maroc occidental, la steppe occupe toute la zone intérieure des plaines située à une
certaine distance de la mer et où les pluies de l'Atlantique ne parviennent plus qu'en faible quantité; au Sud et à l'Est, les reliefs de l'Atlas font reparaître les boisements partout où l'altitude et l'humidité sont suffisantes. Ces steppes sont de riches régions de pâturage; les pasteurs et les troupeaux y pratiquent un nomadisme d'une forme assez spéciale, qui les amène, soit à descendre vers le Tell et la bordure littorale après l'enlèvement des récoltes, soit à remonter vers le Moyen- Atlas à l'époque où les neiges y ont disparu et où ils rencontrent en plein été une végétation abondante. Dans le Maroc oriental, on retrouve une vaste zone de steppes, en tout semblables aux grandes steppes des provinces d'Oran et d'Alger, qui n'en sont que la continuation. Cette zone a pour limite occidentale la vallée de la Moulouya et occupe toute la région comprise entre cette vallée et la frontière algérienne, région qu'on appelle le Dahra marocain. Les steppes du Maroc oriental, où la végétation est beaucoup plus maigre et plus rare que dans les steppes du Maroc occidental, nourrissent néanmoins de nombreux troupeaux. Elles ont une grande extension du Sud au Nord; exception faite de quelques plaines littorales ou sublittorales et de quelques massifs montagneux, les steppes s'avancent presque jusqu'au bord de la mer dans le Garet, dont le nom même indique que les gara ou gour, formes de terrain subdésertiques, dominent dans la contrée. Cependant les steppes n'ont un caractère bien tranché que jusqu'à l'Oued Za et à la région de Berguent; la plaine de Tafrata a déjà un caractère mixte, et la plaine des Angad doit être considérée comme appartenant au Tell.
La végétation des steppes est composée surtout d'espèces coriaces peu nombreuses, aptes à résister à la fois au froid et à la chaleur. L'alfa est la plus connue des graminées des steppes, en raison de son rôle dans le
paysage et de son importance économique. Ses grosses touffes irrégulières sont séparées par des espaces libres où poussent quelques plantes annuelles pendant la saison des pluies. L'alfa craint l'humidité et est exclu en général des régions où il tombe plus de 50 centimètres de pluie en moyenne et où il est remplacé par le diss ; mais, bien qu'il soit caractéristique de la steppe, ce serait une erreur de croire, comme on le fait souvent, qu'il y demeure confiné ; lorsque le sol est bien drainé, l'alfa s'étend dans la région forestière et montagneuse et parvient jusqu'au bord de la mer, aussi bien dans la région de Tanger que dans le Maroc oriental. On le rencontre à des altitudes très diverses, depuis le niveau de la mer jusqu'à 1 800 mètres. Il est cependant plus rare au Maroc qu'en Algérie et en Tunisie. Néanmoins, sur le versant Nord du Haut-Atlas, il occupe d'importantes surfaces chez les Chiadma et les Haha.
Dans les steppes mêmes, l'alfa évite les dépressions dont l'humidité ou le degré de salure lui seraient funestes et se cantonne dans les parties du sol les plus saillantes ou les plus déclives. Pendant qu'il occupe les terres caillouteuses ou tout au moins non argileuses, le sparte (Lygeum spartum) vit à un niveau inférieur. Plus bas encore, dans les fonds argileux et dans les dépressions limoneuses, s'étalent les deux armoises : l'armoise champêtre (Artemisia campestris ou te g ouf et) et surtout l'armoise blanche (Artemisia herba-alba ou chih), dont les longues bandes d'un vert plus pâle tranchent de loin sur la masse de la végétation. Elles sont accompagnées d'une série de plantes : polygonées, labiées ou graminées, qui aiment les mêmes terrains. Sur les terres salées qui occupent parfois les dépressions se pressent des salsolacées, auxquelles s'associent des touffes de sparte. Le paysage vert-jaune (alfa), vert-blanc (sparte) et vert-gris (armoise ou salsolacées), dont la teinte se dégrade suivant l'abaissement du relief et d'après la végétation qui
en résulte, est très caractéristique des steppes de l'Afrique du Nord. Sur le vert-gris des armoises tranche par endroits, au printemps, le vert-émeraude des orges et des blés, tandis que, sur certains sommets, l'alfa se dissimule sous le vert sombre des arbres.
Sur quelques points se forment des dunes de sable, caractérisées surtout par le drinn (Aristida pungens). La région sableuse qui entoure Mogador est couverte de retem {Rétama retem), légumineuse qui a l'aspect d'un genêt à fleur blanche et dont chaque branche porte d'innombrables escargots.
Enfin, indépendamment de la végétation forestière réfugiée sur les montagnes, certaines dépressions un peu plus fraîches et un peu plus profondes présentent des traces de végétation arborescente; dans ces dépressions poussent souvent, sous forme d'exemplaires isolés, de magnifiques betoums ou pistachiers de l'Atlas (Pistacia atlantica). Dans le thalweg des oueds, on trouve aussi quelques arbustes.
Dans le Maroc occidental, la région située au Sud du Tensift, sur une largeur d'environ 50 kilomètres en partant de la côte, est une région de brousse ; puis la steppe se prononce de plus en plus à mesure qu'on s'avance dans l'intérieur. L'arbre caractéristique de cette région est l'arganier (Argania sideroxylon, arabe halgan ou louz-el-Berber , amande des Berbères), qu'on rencontre à l'état sporadique jusqu'à l'Oum-er-Rebia. Bien qu'il appartienne à une famille très éloignée de celle de l'olivier au point de vue botanique, il lui ressemble par son aspect général, et on pourrait le définir un olivier épineux. Il donne le même genre de paysage que l'olivier : c'est un paysage de parc à la française, ou si l'on veut une steppe parsemée d'arbres espacés et offrant, par suite, une certaine analogie avec la savane.
Les régions sahariennes qui confinent au Maroc proprement dit sont presque entièrement dépourvues de
LE CLIMAT, LES EAUX ET LA VEGETATION r>9
Végétation, en dehors des points ou lignes d'eau qui constituent les oasis. Cependant, au voisinage de l'Atlantique, par suite de l'humidité plus grande, les bons pâturages sont abondants, mais il faut entendre par là des pâturages sahariens, bons pour les nomades et leurs chameaux, et qui n'ont rien de commun avec ce que nous désignons en Europe sous ce vocable. Quelques gommiers parsèment la Feïja et le Bani. Le Dra et ses affluents sont accompagnés d'un cordon de cultures, de pâturages, de vergers, qui s'élargit en certains points, correspondants aux zones d'épandage, pour former des mader. Comme le répète de Foucauldà maintes reprises, les oasis du Sahara marocain sont de simples lignes, de minces rubans de verdure, et n'occupent qu'une très faible superficie relative. Surtout à l'Est de l'écran du Siroua, le Sahara marocain, si l'on s'éloigne des lignes d'eau et d'oasis, est aussi stérile, sinon plus, que le Sahara algérien. La vaste hamada qui s'étend entre le Guir et le Tafîlelt est particulièrement désolée et presque dépourvue de toute végétation.
Telles sont les conditions géographiques dans lesquelles l'homme est appelé à vivre au Maroc. La nature et le relief du sol, le climat et la végétation se combinent diversement pour y déterminer un certain nombre de régions naturelles, qui passent les unes aux autres par des transitions graduelles, mais qui sont néanmoins bien caractérisées. Dans les massifs littoraux, les régions naturelles qu'on peut distinguer sont le pays des Djebala, de Tanger à Pefion-de- Vêlez; le Rif, de Penon-de- Velez à Melilla; le Garet, de Melilla à la Moulouya. Dans les plaines du Maroc occidental s'individualisent le Rarb, de Tanger au Sebou; la région de Fez; puis le
couloir de Taza, qui se continue jusqu'en Algérie par les plaines de Tafrata et des Angad ; au delà de la région des Zaër et des Zemmour, qui s'insère comme un coin entre le Maroc du Nord et le Maroc du Sud, sont les plaines du Houz, qui s'étendent de Rabat à Mogador et à Merrakech jusqu'au pied de l'Atlas. Viennent ensuite les grandes chaînes de l'Atlas, Moyen-Atlas, Haut-Atlas et Anti-Atlas, enfermant entre elles la région du Sous, puis les oasis du Todra, du Reris, du Ferkla, du Tafilelt et du Dra, ces dernières déjà en plein Sahara. Enfin viennent la vallée de la Moulouya et le Dahra, commencement des steppes de la province d'Oran. Ces diverses régions sont d'inégale étendue et d'inégale valeur économique. Les unes sont des régions agricoles, les autres des pays d'industrie pastorale, d'autres enfin sont désertiques et ne connaissent que la culture irriguée, confinée aux points d'eau. Les plus intéressantes à divers titres sont celles qui bordent l'Atlantique : le Rarb, le Houz et le Sous. Mais ces plaines sont solidaires des régions montagneuses qui les encadrent et dont les unes leur ouvrent l'accès de la Méditerranée, tandis que les autres les séparent du Sahara. Ces régions montagneuses ont leur valeur propre, notamment comme zones forestières et comme zones de cultures fruitières. Elles sont le refuge des populations berbères, qui y ont toujours vécu à l'écart des influences civilisatrices, descendant seulement vers les plaines pour s'y ravitailler dans les périodes paisibles, pour inquiéter et piller les agriculteurs et les citadins dans les périodes troublées.