‹ Le Maroc d'aujourd'hui, d'hier et de demain;Chapitre 43 sur 71 · G6 LE MAROC · texte numérisé non relu

G6 LE MAROC

mes et la sécurité future de ses nationaux au Maroc. Malgré ce qu'eût pu dire l'Angleterre, elle eût eu le droit de demander des compensations territoriales légitimeSj de ne pas se contenter d'une indemnité pécuniaire toujours aléatoire avec un créancier comme le sultan du Maghreb, de planter son drapeau d'une façon durable sur la terre africaine chaude encore du sang glorieux de ses enfants.

Malheureusement l'Espagne est encore comme la France, empreinte de cet esprit chevaleresque qui tend ù devenir de plus en plus rare en un temps pratique comme le notre. Ce n'est ni l'Angleterre ni TAllemagne qui auraient agi ainsi, mais, autres races, autres procédés.

Il suffit de lire le traité de Toued Ras ou de Wadras, comme disent les Espagnols, signé le 26 a\Til 1860 entre T Espagne et le Maroc, pour sentir combien fut généreux le gouvernement de la reine Isabelle, mais généreux de cette générosité qui n*est pas permise aux peuples si elle faitFhonneur des individus. La reconnaissance des vieux droits de l'Espagne sur Ceuta^ sur les presidios d'Afrique et sur une petite portion d'un territoire africain situé sur la côte atlantique: Santa Cruz de mar pequena, enfin une indemnité de cent millions de francs tels ont été tous les avantages que TEspagne a retirés d'une campagne glorieuse qui lui a coûté beaucoup en sang et beau-

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' coup d'argent. « Nous n'allons pas civiliser les Arabes avait dit O'Donnell aux CortèSj en demandant des fonds pour rexpédition : nous allons seulement en Afrique obtenir la réparation des injures reçues »

Et encore, si les obligations du traité de Wad- Ras avaient été remplies à la lettre^TEspagne eut trouvé dans leur accomplissement une satisfaction tout au moins d'amour-propre; mais, en dépit des promesses les plus formelles^j la convention du 26 avril 1860 est demeurée jusqu'ici lettre morte, y compris surtout la seule clause qui fut moins platonique que les autres : le paiement des cent millions destinés à indemniser le gouvernement espagnol des frais considérables de Texpédition O^Donnell (1),

Pas une année, pas un jour pour ainsi dire ne se sont écoulés depuis trente-cinq ans sans que les possessions espagnoles d'Afrique n'aient été en butte aux attentats des tribus marocaines auxquelles elles confinent. En 1885, en 1888, en 1893 notamment, ces attentats ont pris les proportions d'agressions collectives qui ont motivé de la part de l'Espagne non seulement des remontrances diplomatiques portées à Fez, mais certains préparatifs militaires; dans aucun cas, cependant, ce commencement de répression n'a

(1) Cette expédition a coùtd environ 70 millions de francs.

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