‹ Le Maroc d'aujourd'hui, d'hier et de demain;Chapitre 55 sur 71 · C LE MAROC · texte numérisé non relu

C LE MAROC

disions plus Ijautj elle devait être de celles qui résistent le plus a rinllueuce du temps et des événements.

M. Chenîerj nommé consul par le roi, s'établit définitivement à Salé, et dès cette époque la correspondance de l'empire du Maroc, qui après l'abolition du consulat de Sale avait été confiée aux soins de notre consul de Cadix, reprit sa place naturelle dans les correspondances du Levant,

Notre situation avec Teftipire du Maroc était celle que nous venons de dire, quand Louis XVI monta sur le trône en 1774. Le nouveau souverain notifia son avènement au sultan marocain, et celui-ci, après lui avoir accusé réception de sn lettre, lui envoya en 1777 un ambassadeur ^ Talier Fenisch^ chargé d^ ramener en France un certain nombre de nos compatriotes faits prisonniers à la suite d'un naufrage, par les habitants du Riir.

Taher Fenîsch était chargé d'offrir au roi de France, à titre de présent, six magnifiques chevaux arabes. Le but de sa négociation^ détaillé dans une longue lettre, parlait de rechange éventuel et futur des prisonniers des deux nations; et au sujet flecesprisonnierSj le sultan Mohammed, fils d'Abdallah, fils d'Ismaël, faisait les propositions suivantes :

<ï Tout Chrétien, quel qu'il fut, fait captif dans

LA FilANCE ET LE MAROC SOUS LOUIS XVI* '217

toute rétendue des États marocains j devait être raclietéj par la mise en liberté d- un Musulman, tête pour tête ; « et dans le cas, disait le projet de firman, où il ne se trouverait point de captifs musulmans j on donnera cent piastres pour la rançon de chaque Cil ré tien; de même, quand il se trouvera des Musulmans captifs chez les Chrétiens, on donnera pour la rançon de chaque Musulman un Chrétien de la nation chez laquelle le Musulman sera captif, ou, s'il ne se trouve point de Chrétien captif de cette nation, une somme de cent piastres. On ne fem à cet égard aucune distinction entre le riche et le pauvre, Thomme robuste et celui qui sera infirme ; la rançon sera la même pour tous. Aucun captif ne demeurera une année entière, soit dans les terres des Musulmans, soit dans celles des Chrétiens. Quant aux septuagénaires et aux femmes, ils ne pourront être considérés comme captifs. Toutes les fois que quelques vieillards de cet âge ou quelques femmes se trouveront sur les vaisseaux des Musidmansou des Chrétiens^ on les remettra sur le champ en liberté sans rançon. C'est là, à ce que nous croyons, un sage accommodement, utile aux deux parties. Nous désirons que cet arrangement soit conclu par notre entremise. Si la chose est acceptée sur ce pied, envoyez-nous un écrit de votre part, portant rengagement de vous y conformer, et nous vous ferons tenir un écrit signé de notre main et

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muni de notre sceau, par lequel nous nous engagerons à accomplir tous les articles contenus dans la présente, en ce qui concerne le rachat respectif des esclaves aux termes ci-dessus exprimés- Si cela a lieu cet écrit restera entre vos mains.

a Nous vous envoyons en présent six de nos meilleurs chevaux. Nous vous prions de ne pas retenir longtemps près de vous notre ambassadeur; renvoyez-le nous promptement, aussitôt que rafïïure pour laquelle nous vous l'avons expédié sera terminée. Nous conserverons toujours la paix et la bonne intelligence avec vous. Nous vous prions d'ajouter foi à tout ce que vous dira notre ambassadeur. »

Les négociations de Taher Fenisch eurent un plein succès; elles resserrèrent les liens de bonne inteHigence qui nous unissaient au Maroc et lorsque la régence d'Alger sollicita Mohammed de s'allier avec elle contre nous, le Chériff répondit « qu'il faisait un cas particulier de l'amitié du roi de France et de sa nation, qu'il ne permettrait jamais qu'aucune prise française fût vendue dans SCS ports, ni les esclaves conduits par terre à Alger et que, pour garder la plus exacte neutralité, il ne consentirait pas que les prises' relâchassent dans ses ports. »

Mouley Jem qui succéda à Mohammed en 1789 ne conserva le pouvoir que quatre années

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