‹ Le Maroc d'aujourd'hui, d'hier et de demain;Chapitre 56 sur 71 · LA FRANCE ET LE MAROC SOUS LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

LA FRANCE ET LE MAROC SOUS LA RÉVOLUTION

et son successeur, auquel la Convention avait notifié l'avènement du nouveau régime révolutionnaire, le 1er mai 1793, maintint avec la France des relations toutes cordiales.

Vieille servante nègre.

Malgré les événements prodigieux, multipliés coup sur coup, qui se passèrent alors dans notre pays, malgré les guerres et les intrigues de tous nos ennemis, Antoine Guillet, notre consul à Salé, entretint et resserra si bien l'amitié delà France

et du Maroc pendant toute la période révolutionnaire, qu'il fit perdre aux Anglais tout crédit auprès du sultan, et les priva même des secours qu'ils en tiraient pour Gibraltar et pour leur escadre stationnée devant Cadix. C'est alors que ceux-ci, accoutumés à s'approvisionner à Tanger, furent obligés d'aller désormais à Oran ou même de solliciter l'appui du bey de Mascara, car tout commerce avec le Maroc semblait leur être interdit. La France, au contraire, conservait avec ce pays ses relations sur le meilleur pied ; et si elle eut quelques démêlés relatifs aux marchandises d'un Maure confisquées sur une prise portugaise et trop longtemps retenues contrairement à l'article 7 du traité de 1767, ces difficultés ne servirent qu'à mieux prouver la modération de Mouley-Soliman et l'attachement sincère qu'il nous portait.

Cependant, le fait le plus important de cette période fut la translation de notre consulat général de Salé a Tanger. L'ordre relatif à ce mouvement avait déjà été donné au citoyen du Rocher, le 25 novembre 1795 (4 frimaire an III), à cause des facilités que ce nouveau poste devait offrir à nos opérations politiques et commerciales. Alors, en effet, l'ancienne résidence de Salé avait perdu son importance, depuis que l'établissement de Mogador était devenu, sous Sidi Mohammed, la principale échelle

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