LES ÉTABLISSEMENTS DE L'EUROPE DEPUIS LE MOYEN-AGE
(Français — Anglais — Espagnols — Portugais)
c Ce sont des marins français qui les premiers ont ouvert la voie aux entreprises suivies des peuples chrétiens vers cette partie de l'Afrique. • (Le Maroc et ses caravanes, par R. Thomassy).
« El Bekri place, en 814, une descente des Normands sur la côte occidentale d'Afrique, descente qui aurait donné lieu à la fondation d'Arzila ». (Henri Fournel, Etude sur la couqtiéte de V Afrique far les Arabes).
Un baron normand (i), Jean de Bethencourt, ayant établi son fief aux Canaries en 1402, explora la côte d'Afrique, du Cap Cantin au Cap Blanc. Il poussa même une expédition à quatre journées dans rinffrieur, et revint, dit-on, chargé de richesses. •
Jean de Bethencourt, incompris par la France, fut bien ac-
(i) D'après ce que rapporte Vicra, dans son Histoire des Canaries, Bé thencourt visita la côte jusque bien au sud du cap Bojador, pour prendre des renseignements sur les ports, et avait le projet de construire une forteresse pour mettre le pays à contribution.
Ce vif désir de reconnaître le littoral et d'y créer des établissements se comprend d'autant mieux chez Bethencourt, qu'à côté de la carte qu'il possédait, il avait connaissance (ju'un Frère mendiant espagnol avait déjà visité la côte d'Afrique jusqu'au pavs des nègres, aux environs de 1229 ou de 1230.
La relation des pérégrinations de ce frère mendiant est, en effet, citée très souvent dans la Chronique des chapelains de Bethencourt.
Rien n'est donc plus naturel que le désir de reconnaître des côtes qui lui sont révélées j)ar des documents, et de s'assurer de leur valeur au point de vue des ressources qu'on peut en tirer et des établissements que l'on pourrait V créer. Ce n^est donc pas, comme l'interprète M. de Santarem, pour découvrir des côtes inconnues que Béthancourt prend la mer, mais bien nour reconnaître en détail des terres qui étaient déjà connues, mais qui étaieni personnellement inconnues de Béthancourt. (L. C. Binger. — Considéra* fions sur la priorité des découvertes maritimes sur la cote occidentalt d'Afrique).
cueilli par les rois de Castille qui acceptèrent la suzeraineté de cet embryon d'empire, comprenant les riches îles Canaries et les établissements de la côte. Ils se trouvèrent ainsi les premiers installés officiellement au Maroc.
Treize années plus tard, une flotte anglaise, à destination de la Terre Sainte, s'arrêtait à Ceuta dont les Portugais venaient d'entreprendre le siège. Ceuta succombait le 21 août 141 5 pour rester définitivement à 1 Europe.
Sous la direction de l'Infant Henri le Navigateur, les Portugais multiplièrent alors leurs entreprises. En 141 8 ils doublaient le Cap Noun terme de la navigation ordinaire. Battus en 1436 sous les murs de Tanger, ils n'en ifondèrentj pas moins, en 1440, un établissement au banc d'Arguin et au Rio del Oro. Investis de la souveraineté du Maroc par une bulle pontificale en 1446, ils surent tirer funi Jproht pratique de cette concession platonique en établissant leur autorité à Tanger, à Al Ksar et à Arzila, les trois clefs de 1 Ucéan. (Manuscrit (ïAzurara publié par le vicomte de Santarem).
Une tentative contre Gibraltar échoua, mais toute la côte Ouest tomba au pouvoir des Portugais, depuis Ceuta jusqu'à Santa Cruz, avec des postes à Al Ksar, el Kgheis, Tanger, Arzila, Anafé (aujourd'hui Casablanca), Safi, Azemmour, Mazagan et Mogador. L'occupation fut toutefois réduite en 1 549 à Tanger, et à Mazagan fondé en 1 506 par les Portugais, sous le roi Emmanuel.
De leur côté, les Espagnols s'emparaient de Mélilla abandonnée par ses habitants en 1497- La flotte qui permit cet exploit était, paraît-il, destinée à seconder les efforts de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde.
Quelques années plus tard, les Espagnols s'installaient au Penon de Vêlez et à Alhucemas. Notons en passant, que sous le pavillon espagnol, Christophe Colomb avait aidé les Portugais à défendre Arzila (1502). Larache et Rabat furent respectivement occupés en 16 10.
En 1845, deux Compagnies débarquaient à 8 milles de la côte algérienne, aux îles Zaffarines où l'Espagne a laissé une garnison. Plus récemment encore, Tétouan fut l'objectif de
la guerre Espagne- Marocaine. En 1859-1800, O. Donncl s'empara de la viJle dont la restitution fut convenue par le traHé de Oued Ras.
Les établissements de l'Angleterre au Maroc se limitèrent à Tai^er que les Portugais leur cédèrent par traité en 1662, mais ils furent abandonnés en 1685.
La France fit ^^lement quelques tentatives, l-'expedition du Chevalier de Bazily, en 1676, faillît aboutir à l'installation d'un com[>toir dansl'iledeMogador. Plus tard, vers 1O70, Louis XIV recommandait son bon sujet Rolland Fréjus à Moul«7 Rachd, pour le commerce de la poudre et des armes. Due ambassade ccnnmandée par Pidon de Saint-Oloii. en 16S2, facilita grandement les relations commerciales entre k-s deux pays. En 1/33 nous vendions au Maroc pour 640.000 livres de toile de France, et pour 900.000 de papier, de sucre et de quincaillerie sortant de nos manufactures (Thomassy).
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