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RECRUTEMENT

« Dans les tribus du makhzen, qui forment une colonie militaire, le recrutement se fait à peu près régulièrement à raison de un combattant par foyer; mais dans les autres tribus, la seule règle est le bon plaisir des caïds : lorsque le Sultan a besoin de soldats, ces fonctionnaires lèvent des recrues dans les familles qui n'ont pas d'argent à lui donner et les envoient au makhzen; pour qu'ils ne s'échappent pas, ils les font le plus souvent enchaîner pendant la route.

Ces soldats doivent rester en service jusqu'à leur mort, à

moins qu*ils ne se fassent remplacer par une personne de leur famille.

Il en résulte que dans Tarmée marocaine on trouve, côte à côte, des vieillards et des enfants; on y rencontre aussi des gens borgnes ou contrefaits, parce que les autorités prennent rarement la peine d'examiner les recrues au point de vue de leur aptitude au service. ^ {Le Maroc Moderne y Jules Erckmann, c ipitaine d*artillerie, ancien chef de la mission militaire fran çaise au Maroc.)

Quoique, en principe, tous les hommes du Blad-El-Makhzen doivent un service militaire plus ou moins actif, le recrutement de l'armée se fait principalement dans les quatre grandes colonies militaires makhzen, que Ton nomme guich. Les dénominations suivantes ont été adoptées pour désigner le guich de chacune de ces colonies : guich des Bohkari, guich des Cheraga, guich des Oudaïa et guich des Cherarda.

Les tribus makhzen, autres que celles de guich, fournissent des hommes qui ne rejoignent l'armée qu'en cas de besoin; ils sont désignés sous le nom de Nouaïb. Le recrutement de ces nouaïb se fait de la manière la plus irrégulière, parce que les individus désignés par les Caïds se rachètent lorsqu'ils sont assez riches pour cela.

Des engagés constituent des tabors (régiments) de volontaires qui, en général, se recrutent dans le Sous, et portent le nom de leur Caïd en chef.

Les officiers se recrutent dans les familles aisées et influentes. Leurs charges se transmettent de père en fils, ou s'achètent, ou sont confiées à des cheurfas dont le gouvernement veut se ménager l'influence religieuse. Il s'ensuit que ces divers éléments ne produisent que des hommes ignorants de la guerre, et, par suite, peu exigeants à l'égard de l'instruction militaire de leurs soldats.

ARMÉE 8q

Nous avons la très bonne fortune éCètre autorisés far M. Ch. REN E-LEC LERC ^ diplômé d'arabe et de berbère^ licencié es lettres, à reproduire ici de nombreux et importants extraits de la très remarquable étude quil a publiée sous le titre a Armée Marocaine », dans le Bulletin de la Société de Géographie d'Alger et de r Afrique du Nord (1Ç05).

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