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RELIGIONS III

en .1835, avait visité le Caire, la Mecque et TOrient; il était un ennemi acharné des chrétiens, et même des Turcs qu'il traitait de renégats.

Les Harnacha, ou fidèles de Ali-Ben-Hamdouch (confrérie des l'êtes d'acier) lancent en Tair des boulets de métal et les leçoîvent sur le crâne qu'ils se fêlent aussi à coups de hache, ou en le cognant contre un mur. A la suite de ces exercices, ils sont couverts de sang et hideux à voir.

Ces deux congrégations ont leurs zaouïa à Mekinès oti chaque année une foule d'adeptes se rend en pèlerinage.

Fêtes musulmanes

El-Mouloud. — Anniversaire de la naissance de Mahomet. Les jours qui précèdent se passent en sacrifices d'animaux et en préparatifs de cuisine. Le jour de la fête tout est porté à la moscjuée et mangé en commun.

El-Achoura (la dizaine). — Le premier de l'an des Arabes. Il tombe le 10 du mois de Moh'arrem, parce que ce jour là Dieu a protégé 10 prophètes:

I® Moïse sauvé des eaux;

2'' Abraham, en rendant fraîche la fournaise dans laquelle on l'avait jeté;

3° Salomon, en lui restituant son fameux anneau;

4® Adam, lors de ses démêlés avec le diable;

5*^ David qui avait perdu sa couroime;

6° Idris (Enoch), en le gardant dans le paradis;

7*" Job, en l'arrachant à ses épreuves;

8" Jonas, en le faisant sortir de la baleine;

9° Noë, en le sauvant du déluge;

10® Jésus en l'empêchant d'être crucifié par les Juifs, car on lit dans le Coran que Jésus fut enlevé au Ciel, et que ce fut un traître de ses disciples qui, du reste lui ressemblait beaucoup, fut tué à sa place par les Juifs.

MOULAD-AISA. — Dix jours avant le premier de l'an des

infidèles, les Marocains célèbrent le Moulad-Aïsa: la Nativité de Jésus (Noël).

Ela-ID ES-SER'IR. — Petite fête qui suit immédiatement le ramadhan. L'allégresse et les franches lippées succèdent au carême.

Aid EL-Kebir la grande fête instituée par Mahomet en souvenir de la délivrance d'Ismaël. On l'appelle Aid el K*ourban, el-Baïram, la fête des sacrifices, ou la fête du mouton. Elle tombe 40 jours après* la petite fête; chaque famille tue au moins un mouton, souvent deux, trois ou quatre. On mange trois jours et trois nuits, et pendant ce temps, il existe une espèce de trêve par entente tacite. L'on peut voyager sans crainte partout, personne ne vous attaquera.

Aïd-el-Kébir

Extrait d'une correspondance du journal Le Temps, «• du 2S février 190^.

UAïd-el-Kébir est la fête que l'on nomme en Turquie a Courban- Baïram ». C'est une solennité tout à la fois de réjouissances et de contrition, pendant laquelle chaque famille musulmane doit sacrifier, le premier jour, un mouton. La fête dure sept jours, mais c'est surtout pendant les premiers trois jours qu'elle est célébrée avec le plus d'apparat. Elle a commencé cette année avant-hier (16 février 1^5). Soit qu'il ait cru politique d'éblouir la mission française par l'éclat de cette fête qui met si bien en évidence la majesté religieuse du sultan, soit qu'il ait voulu se donner l'illusion d'une autorité qui devient tous les jours plus précaire dès qu'on quitte la région où siège le pouvoir central, le makhzen a fait cette année des efforts surhumains pour que la célébration de la fête laissât à tous l'impression du complet rétablissement du pouvoir chérifien. Il est juste d'ailleurs de reconnaître qu'il y a en partie réussi, car sans atteindre la magnificence avec laquelle rAïd-el-Kébir était célébrée sous le règne de Moulai el Hassan, elle a dépassé de beaucoup, comme concours de tnbus et hommages rendus au souverain, la fête des trois dernières années. Dès sept heures du matin, les troupes makhzéniennes d'infanterie et de cavalerie avaient pris leurs positions sur la route qu'avait à parcourir le cortège chérifien pour se rendre du palais impérial à la mosquée où devait avoir lieu le sacrifice du mouton. Le temps était splendide et la nature du terrain sur lequel ont lieu ces parades a également contribué au succès de la fête. C'est une plaine immense d'où la vue s'étend sur deux grandes lignes de montagnes convergeant l'une veis l'autre. Au milieu des deux lignes rouges que formaient les soldats réguliers se trouvait la mu^^iquo militaire, et, aux deux extrémités des haies éclatantes de cavaliers et de fantassins, étaient installées en bat-

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