RELIGION JUIVE
Les Israélites devenus marocains ont fini par conquérir le droit de cité pour eux, et pour leur religion. Kjelégués, il est vrai, au fond des mellah, (sauf en quelques villes), ils n*en exercent pas moins au grand jour leur culte que le fanatisme musulman semble maintenant vouloir tolérer.
Chaque mellah contient des synagogues généralement assez bien entretenues; quelques-unes mêmes ont été très enrichies par des dons particuliers. Ce sont pour la plupart de vastes halls garnis de bancs, et éclairées par de nombreuses lampes veilleuses. 'Les prières se font en hébreu.
En butte aux mauvais traitements, et aux vexations des indigènes, les juifs ont opposé une union que la religion seule pouvait leur donner. Aussi, le culte est-il plus religieusement suivi au Maroc, que dans les pays où ils vivraient dans une sécurité absolue. Le samedi, jour du Sabat, tout est en fête au mellah; échoppes et magasins sont fermés. Parés de leurs plus beaux habits, qui, dans certaines villes du Moghreb, sont assez originaux, les hommes se rendent à la synagofjue d'où bientôt s'élèvent leurs voix psalmodiantes. Les fêtes religieuses sont les mêmes que celles célébrées en Europe par leurs coreligionnaires.
La concentration des Juifs dans les quartiers spéciaux ne fut jamais au Maroc, qu'une mesure de sauvegarde. Adoptée au Xlir siècle et renforcée au XVI® siècle, au moment où, à la suite de l'avènement des dynasties chéri fien nés, le lanalisme musulman se développa, celte obligation n'existe plus guère que dans l'intérieur; encore a-t-elle disparu à El-Ksar. Au surplus, en 1864. à la suite de démarches pressantes du grand philanthrope anglais Moser Haïm Montefior, le Sultan Abder Raham adressa une ciculaire à ses caïds, leur j^rescrivant de traiter les Juifs selon les prescriptions du Coran, et selon
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l'équité naturelle. Mais quelque temps après, le même Sultan donna des ordres contraires.
Le fanatisme musulman s'accommode très bien de certaines tolérances qui vont même assez loin, puisqu'il n'est pas rare de trouver dans le Riff, et dans certaines régions de Djebala, des saints communs à l'une et à l'autre religion. A Tanger même, le tombeau d'un Rabbin vénéré est un lieu de pèlerinage pour les Musulmans dont les enfants sont atteints de la diphtérie. Dans le Gueleya au Sud de Helilla, et à Merrakech, d'autres tombeaux juifs sont administrés par des Mokadems musulmans qui recueillent les aumônes, et les répartissent dans la famille des saints, pour l'entretien des mausolées (i).
(i) Le juif marocain est palticulUrement attaché & sa foi ; on ne l'^onnera pas qu'il en suive ptutfic la lettre que l'esprit. Il observe scrupuleusement les lilei et ne parait pas avoir saisi la portée morale de }a religion; ce cûté éthique lui échappe entièrement. Au contraire, on attache une grande importance à de» prescriptions eitétieures; un Juif ne prononce pas le nom de Dieu sans se couvrir la tête; si son taiboflch n'est pas à sa portée, il se couvre d'une étoffe. Il évite le nom d'Allah et se sert du mot rebbi {mon seigncui). Il observe avec rigueur toutes les fftes juives et le repos qui est prescrit ï leur occasion, ce qui fait que, pendant un e'md nombre de jours de l'année, le commerce est interrompu. Ces jours de fête sont employés à des visite» pendant lesquelles on absorbe force cau-de-vie. Chci les juifs strictement croyants, un tableau rectangulaire sur lequel est écrit le mot: Chaddaî, c'est-à-dire « Tsul-Puissnnt • (Jensen). Sur la porte même, et en ilehors. est le plus souvent dessinée une main, destinée ï écarter le mauvais itll, lEdm. Doutté. — Les Marocains et la Soeiité marecaimt. Revue g*né-
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Chapitre l^' : Budget. — Chapitre II : Impôts, Chapitre III : Emprimt de 62.000.000 fr. 5 0/0.