BUDGET
Dans sa consciencieuse et remarquable notice sur le Maroc, publiée en 1896, M. H. P. de la Martinière s'exprimait ainsi relativement au budget :
« Le Maroc n'a pas do budget dans le sens propre du mot; il n'a pas de dette; sa fortune est celle du Sultan et est constituée par le produit des douanes, des impôts, des contributions de guerre que le Makhzen lève durant ses expéditions.
D'après certaines estimations que nous donnons sous toutes réserves, les recettes de l'empire chérifien se monteraient à 12.500.000 francs par an, tandis que les dépenses ne dépasseraient point 6 millions.
En l'absence de tout document officiel, il est impossible de fixer exactement le chiffre du budget marocain ; on donnera ici, d'une manière tout à fait approximative, un essai de statistique à ce sujet :
Revenus des i)r(>priétés du Sultan 75.000
Hedia 400.000
Impôts (Achour et Zekkat) 3.000.000
Daera ou amendes i.ckx).ooo
Produits des douanes et octroi 10.000
Impôt des juif«^ ^ 10.000
Droits de péage pour les bêteb de somme 20x^.000
Quant aux dépenses dans lesquelles on comprend l'eDlreiicn de l'armce qui coûte fort peu, celui des harems, des fonctionnaires très peu pay<^^, les réparations aux palais impériaux, etc.. on peut les évaluer à 5 millions de francs. »
Sauf au sujet des douanes, l'on n'est pas actuellement plus fixé qu'on ne l'était autrefois sur l'importance des ressources financières de l'empire marocain. Ce qu'il y a de certain, c'est que celui-ci doit à un consortium de banques françaises 62.500.coo francs, et qu'au cours de la négociation de cet emprunt (1904), le Ministre des Finances du Gouvernement Impénal du Maroc a déclaré que la t moyenne annuelle des droits de douanes encaissés pendant les quatre dernières années, s'était élevée à 12.000.000 de pesetas ».
N'ous n'essaierons donc pas d'évaluer le chapitre des recettes du budget de l'Empire Marocain, ni celui de ses dépenses. Nous nous contenterons d'indiquer les ressources Eoancières connues, et de rappeler ce qu'est l'emprunt igo-j.