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LES CULTES

Catholique. — Il semble qu'à toute époque Tintolérance contre la religion chrétienne ait été moins vive au Maroc que dans les autres pays barbaresqucs. C'est d'ailleurs là que persistèrent le plus longtemps les traces du Christianisme, encore distinctes, dans les mœurs de certaines tribus. Malgré l'invasion arabe, les Chellalas, réfugiés dans l'Atlas, continuèrent à pratiquer leur ancien culte chrétien jusque vers le XII* siècle. A cette époque il y avait encore un évêque .^ Marrakech où, jusqu'en 1803 un foudah spécial et sûr fut affecté à l'habitation des chrétiens. Les évêchés de Tingis (Tanger) Sala (Salé) Tacolcrida et Volubilis figurent encore dans la hiérarchie catholique (voir le Moniteur de Rome du 15 octobre 1887), et relèvent de l'évêque de Carthage, primat d'Afrique.

Sous le règne de Mouley Ismaël (fin du XVII* siècle), les missions espagnoles, déjà installées à Marrakech depuis 1227, et à Fez depuis 1243, jetèrent d'importantes ramifications dans la plupart des villes de la côte et de Tintérieur. Elles étaient composées des Franciscains déchaussés de la province de San Diego d'Andalousie:

Au XVIII* siècle, à Méquinez notamment, leur privilège n'était pas absolu, car deux chapelles étaient desservies par des prêtres français, et deux autres par des Portugais, mais en 1822, les missions furent confinées dans la seule ville de Tanger et elles furent alors de précieux auxiliaires pour la politique Espagnole.

Leurs membres, depuis 1830, sont tous originaires du collège de Saint Jacques de Compostelle.

Actuellement le personnel du culte catholique dépend d'une Préfecture apostolique dont le siège est à Tanger. Il compte 61 missionnaires, et il a 9 stations principales (Tanger, Tétouan, Casablanca Mogador, Mazagan, Larache, Saffi, Rabat,' Alcasar). Le culte est desservi dans 5 églises et 9 chapelles; Tins-

truction primaire rentre parmi les attributions des missionnaires qui tiennent p écoles et un collège pour garçons. Des sœurs franciscaines tiennent l'hôpital, un pensionnat pour filles et neuf écoles.

Les Franciscains espagnols prétendent avoir le monopole du service de la religion catholique au Maroc. Ce droit exclusif, qu'ils ne peuvent plus déduire des traités politiques, ressortirait, paraît-il, d'une bulle Ponti&cale.

Des prêtres, français et italiens, ont été menacés d'interdit ecclésiastique, s'ils se permettaient d'exercer leur ministère sans l'autorisation des Franciscains. Depuis deux ou trois ans seulement, ceux-ci tolèrent que des religieuses étrangères soignent des malades.

Protestant. — La mission protestante de langer a édifié un temple dont la construction fut assurée par une souscription publique. Un dépôt de Bibles, une école et un dispensaire très suivi par les femmes indigènes, complètent son organisation.

11 La Southern Morocco Mission fonctionne depuis une quinzaine d'années ; presbytérienne, son centre est à Glasgow. Sa station principale csi Marrakech, où elle entretient trois ménages et quatre demoiselles missionnaires; puis à Mogador, avec un ménage et deux demoiselles; enfin un ménage dans chacune des villes de Saffl, Mazagan et Azcmmour. I.'o'uvre consiste a ouvrir des dispensaires et des ouvroirs. Le dispensaire de la mission de Marrakech est quotidiennement fréquenté par une cinquantaine de malades, et sept petites Marocaines travaillent à l'ouvroir; le tout est fort bien installé et dirigé par des gens parfaits de bon vouloir et de dignité. » {Le Maroc d'aujourdhui. Eug. Aubin.)

Temple prolestant de Tanger.

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