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Le Maroc est un des rares pays dont la monnaie nationale n'ait à l'intérieur même de ses frontières qu'une valeur subordonnée à celle d'une monnaie étrangère, laquelle dépend de l'étalon or de l'union monétaire (i).

En effet, le Hassani subit le change sur la peseta espagnole, et il est conséquemment l'objet de nombreuses spéculations. A Tanger, l'on cote le Hassani en perte sur la peseta ; ainsi par exemple, en avril 1905 : 20 % de perte du Hassani sur la peseta, puis 33 % de perte de la peseta sur le franc

Mais dans les villes du littoral atlantique on coterait, à la parité de Tanger, directement 66 % de perte

(i) Sous le règne du sultan prédécesseur de Mouley Abd-el-Aziz, l'anarchie monétaire fut à son comble au Maroc. Pour y remédier, ce souverain, sur l'avis de ses conseils européens, fit frapper des piastres d'argent au poids de 2g gr. 120 et au titre de 900* avec monnaie divisionnaire au titre de 835". l^a parité réelle de la piastre espagnole de 5 pesetas au poids de 25 grammes et de la piastre marocaine était 116 1/2 piastres espagnoles pour 100 piastres marocaines. Mais, dans la pratique, le gouvernement marocain eut la faiblesse, tout d'abord, d'accepter l'équivalence de ces deux monnaies, de sorte qu'une première dépréciation s'attacha à la piastre marocaine. Puis, forcé par des besoins d'argent et subissant aussi des avis intéressés, le gouvernement chérifien crut pouvoir corriger les eilcls de sa fausse manœuvre, en faisant frapper de nouvelles piastres marocaines au poids de 25 grammes, c'est-à-dire à égalité de valeur avec les piastres espagnoles. S'il s'en était tenu à une frappe proportionnée aux besoins de la circulation, la dépréciation de la monnaie liurait pu être maintenue dans des limites assez étroites. Mais le nouveau sultan Abd-el-Aziz, crovant avoir trouvé une source inépuisable de richesse dans la fabrication d^unc monnaie dont la matière baissait toujours de prix, accéléra la frappe des nouvelles piastres, en ayant recours non seulement aux hôtels de Monnaie de France, mais à ceux d'Angleterre et d'Allemagne. De sorte qu'aujourd'hui, le Maroc est inondé de piastres indigènes de valeur intrinsèque égale, il est vrai, à celle des piastres espagnoles, mais subissant une double dépréciation du fait de la surfrappe et du changement de poids adopté.

fit, conséquence curieuse, l'ancienne piastre de 29 gr. 120 confondue avec la nouvelle, n'échappe pas à sa dépréciation de 20 0/0 par rapport à la monnaie espagnole (jui perd elle-même environ 37 0/0 au change avec la monnaie internationale, c'est-à-dire avec l'or. Il résulte de ces circonstances nue le Maroc, où le change se fait 1 >ut d'abord en monnaie espa» gnole, doit, \m\ix tous ses paiements à Pétraiii^er, verser 157 hassanis pour une dette de 100 francs or.

(Revue financière du lemps^ n** du 28 novembre 1904.)

La valeur du Hassani est fixée par sa puissance d'achat; elle dépend de l'offre et de la demande de cette monnaie. Un fort arrivage de bétail ou de céréales, d'importantes traites à paypf ont donc une grande influence sur elle. Il s'ensuit que des variations se produisent parfois brusquement dans les cours. Ainsi, le 14 février 1905, le Hassani était coté 26 à 9 heures du matin, 14 à midi, et 18 à 6 heures du soir.

En banque (non pas à la Douane, ni dans les magasins de détail), la monnaie divisionnaire argent subit une dépréciation (i 1/4 % à Tanger).

A son tour, la monnaie de bîllon, monnaie qui ne circule guère qu'à Tanger, est dépréciée. Son cours, en avril 1905 était de 20 % de perte sur le hassani argent.

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