‹ Le MarocChapitre 78 sur 94 · SUS · texte numérisé non relu

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Noms de nombres

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ijjen

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thenin

thnaïn

sin

thnaïn

thlatha

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krad

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arba'

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kouz

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khamsa

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semmes

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setta

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seddis

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personnes qui, après la lecture de cet exposé sommaire, )nt se rendre compte d'une façon plus approfondie du isme des langues indigènes parlées au Maroc, consulte- /ec profit les ouvrages suivants. Pour l'arabe: Reginaldo Irsatti' Guide de conversation hispano-arabe (dialecte lin). Tanger. Imprimerie de la mission catholique 1901. nuel est rédigé en espagnol; R, P. Fr. José Lerchtindi-

3l6 TITRE SEIZIÈME

Rudiments d'Arabe vulgaire. Même imprimerie. Excellent roîanuel, très qomplet. Rédigé également en espagnol; — R' P, Fr, José Lerchundi. Vocabulaire espagnol -arabe (dialecte marocain). Tanger. Imprimerie de la miîjsion catholique. Dictionnaire consciencieusement rédigé.

Pour le Berbère: René Basset, Manuel de langue Kabyle Pans. Maisonneuve et Ch. Leclerc. 1887. A défaut d'un manuel de Berbère complet, '^ette excellente grammaire de langue Kabyle où il est fait d*aillei'rs constamment allusion aux différents dialectes berbères, peut rendre de grands services pour l'étude de n'importe quel idiome berbère: — René Basset, Etude sur les dialectes berbères du Rif marocain. (Extrait d'un des volumes du Congrès des Orientalistes). Cette étude scientifique peut également servir de manuel de rifain; — Dr H ans Stumme. Manuel de chelh'a du Tazeroualt. Leipzig. I. Hinrich's sche buchlandlung, 1899. Cet ouvrage est rédigé en allemand. C'est un manuel très complet et abondant en renseignements du dialecte berbère du Sous.

En ce qui concerne les langues européennes, c'est l'espagnol qui est le plus employé au Maroc. C'est l'idiome dont se servent tous les israélites des ports de mer. A Tanger, à Larache, à Rabat et à Casablanca l'espagnol est usité couramment entre européens et indigènes. De fait, c'est la langue commerciale du Maroc, dans tous les ports où les Européens sont en contact avec les Marocains; sauf peut-être à Mogador où c'est l'anglais qui prime les autres langues. I^ français n'était jusqu'ici parlé que dans les petits groupements de nos nationaux au Maroc. Il fait cependant de réels progrès et commence à s'étendre peu à peu dans les milieux actifs. A Tanger par exemple, les israélites et les musulmans commencent à le baragouiner. Les étrangers eux-mêmes en apprennent quelques mots. C'est un signe des temps et l'indice d'une pénétration lente mais sûre de notre influence.

/. Généralités. — //. Bagages. Frais de voyage. III. Itinéraires principaux.

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Généralités

Il est inutile de répéter, après tant d'autres, que les voies de communication se réduisent, au Maroc, à de simples pistes traditionnellement suivies, et que le gouvernement n'a jamais essayé d'aménager. II n'y a pas de ministre des Travaux Publics auprès de Makhzen; le personnage dont le titre peut prêter à une confusion, VAmin el Mohendesioum ou chef des ingénieurs, est plus simplement chargé de précéder le Sultan en voyage, pour préparer le campement de l'armée et du Souverain. Les seules bornes indicatrices sont les cadavres des chameaux et des mulets, qui jalonnent les longues étapes des caravanes. Quant au passage des rivières, il se fait soit à la nage, soit à gué, ou par des bacs, ou sur l'un des six ponts qui franchissent les fleuves très nombreux du Maroc. Il n'est pas rare qu'on soit obligé d'attendre cinq ou six jours en cas de crue. Les voyageurs campent alors, et patientent.

M. de Foucauld msiste sur la nécessité de préparer minutieusement le moindre voyage dans l'intérieur du Maroc. La première condition est de jouir d'une excellente santé, car le moindre malaise, une faiblesse quelconque obligerait à des

arrêts fâcheux, pendant lesquels on n'aurait ni soins, ni confort En outre, il est presque indispensable de connaître la langue arabe. L'espagnol, très employé sur la côte, est presque totalement ignoré dès qu'on a dépassé l'hinterland immédiat des villes habitées par des Européens. L'interprète de profession est très sujet à caution.

On voyage à mule ou à cheval. Le déguisement que recommandent les anciens explorateurs n'est plus nécessaire aujourd'hui. M. Brives a même parcouru certaines régions inconnues du Haut Atlas avec Mme Brives; la plupart des Consuls et fonctionnaires européens à Fez et à Marrakech ont installé leur famille dans ces villes.

Dans le Blad el Makhzen, la sécurité peut être considérée comme absolue. Aussi loin que portent les souvenirs, aucun voyageur n'a éprouvé de sérieux dommages. Les quelques agressions récentes ont été circonscrites aux environs des villes. Il est cependant prudent de se faire accompagner par un soldat du Sultan un Makhezni que le Pacha détache de son guicK sur la demande du Consul duquel ressort le voyageur. Ce soldat est payé à raison de 5 pesetas par jour. La prétendue insécurité actuelle a eu pour conséquence de porter cette taxe à 7.50. Ce soldat sert généralement de guide; sa présence a surtout pour but de créer et d'engager la responsabilité du Makhzen. De temps à autre, le représentant du Sultan informe les puissances que les voyages dans l'intérieur seront pour telle période interdits aux Européens. Cette interdiction signifie simplement que le Makhzen refusera le Makhezni demandé, mais dont on se passe lacilement.

Même sécurité dans le Blad-Siba. Les Européens sont partout respectés, à charge de payer un très léger impôt, une sorte de péage (zetat)^ moyennant quoi, leur parcours s'effectue sous la protection des chefs de la tribu.

Sur les plus importantes voies de communication, le Sultan a établi des nzala, refuges composés d'une haie d'arbres épineux, derrière laquelle bêtes et gens dorment sous la surveillance des gardiens. La population étant très dense- au Maroc, l'on passe le plus souvent la nuit dans des villages dont les

chefs, responsables de la sécurité, ont le plus grand intérêt à ce qu'il n'advienne rien de fâcheux aux voyageurs. Si l'on ne campe pas en pleine campagne, c'est uniquement pour ne pas exposer ses animaux au pillage. M. Th. Fischer recommande de ne pas séjourner aux environs des Zaouia ou lieux saints dont la profanation, même involontaire, pourrait éveiller le fanatisme des indigènes.

Bagages — Frais de voyage

Il ne faut pas songer à s'approvisionner en route de vêtements, de pharmacie, d'armes ou de vivres tant soit peu compliqués. Le matériel de campement se compose essentiellement d'une tente, d'un lit, d'une batterie de cuisine, sommaire mais indispensable, de vêtemeilts solides et de rechange, d'une pharmacie, et de quelques conserves. La meilleure saison est celle du printemps, à cause du fourrage abondant, et de l'eau plus saine. On traite à forfait pour la location des mules qui ne portent guère plus de loo kilogs. — le chameau en porterait 200 — ; le prix moyen est de 5 pesetas par jour pour une mule, 3 pesp tas pour le muletier qui accompagne 3 mules. Pour les voyages un peu longs, il est plus pratique d'acheter les mules, et de les revendre une fois le voyage terminé. La traversée des rivières par bac se paye une peseta par bête, et par homme.

Les Européens ont un appréciable avantage à se grouper en vue d'une excursion de quelque durée, car les frais ne sont pas plus élevés pour plusieurs voyageurs que pour un seul.

Les vivres tels que pain d'orge, volaille et œufs se trouvent assez facilement et à des prix relativement modérés; mais il est bon d'avoir en réserve quelques boîtes de conserves.

Quant au vin, on en trouve dans toutes les villes de l'intérieur.

Sur la recommandation d'une légation on peut avoir des lettres de mouna, qui obligent le chef de chaque village à pourvoir à tous les besoins matériels du bénéficiaire; cette coutume

se perd de plus en plus. En principe la mouna est gratuite, mais en réalité elle oblige à faire des cadeaux dont Timportance ne doit pas être moindre.

Par les renseignements qui précèdent Ton peut juger approximativement du coût d'un voyage dans l'intérieur du Maroc

Itinéraires principaux

De Demnat a Tikirt. — De Demnat à la zaouïa de Sidi- Kchal, on est encore en Blad-El-Makhzen et la route esfîout a fait sûre; mais à partir de Daouïa Sidi-Kchal, on est obligé de prendre des zetat (i) pour voyager, car la sécurité est loin d'être bien établie. Le pays tantôt aride, tantôt d'une grande fertilité est d'une grande variété; quelques vallées, siutout celles qui avoisinent l'Oued Drâa, sont d'une grande richesse.

Demnat à Zaouïa-Sidi-Kchal 39 kilom.

Sidi-Kchal à Enzel 12 —

Enzel à Taguremunt 18 —

Taguremunt au col de Telout 22 —

Du col de Telout à Tisgui 23 —

De Tisgui à Tikirt 20 —

Distance totale 134 —

Le voyage se fait généralement en 4 jours.

De Fez a MéQUINEZ. — Une journée de voyage assez dure, 8 à 10 heures de cheval; mais la piste est bonne et presque toujours en plaine. Les cours d'eau se traversent sur 3es passerelles de pierre; sauf l'Oued Mahouda, que l'on franchit à gué facilement, à moins qu'il n'y ait crue.

De Fez a Oudjda. — Environ 350 kilom. Cette route était très fréquentée par les négociants qui vont,de Tlemcen à Fez ou

(i) Zktat. — Sauf-conduît.

VOYAGES IMNS L'INTÉRIKUR 321

vice versa. 1-es événements politiques récents l'ont à peu près interceptée. Elle coupe les affluents de TOued Innaouen vers leurs sources, traverse les territoires des Hayâma, passe à la Koubba de Sidi-Ben-Ahmed, à la Kaslxi du Cheik Abdallah, à la Koubba de Sidi-Dellal, au village fortifié de Meknassa, situé à 15 kilomètres environ au Nord-Ouest de la Ihâza, et à la Kasba du Caïd Ahmar. Elle coupe ensuite deux fois l'Oued Messoum, entre dans le territoire d'Eldjell, pays pauvre et désolé, franchit la Moulouya qu'elle traverse au gué de la Koubba de Sidi-Abd-Er-Rahman, passe par la plaine de Guettara, coupe l'Oued Qa. et se termine dans le pays des Angad jusqu'à Oudjda.

Cette route a été récemment étudiée en vue de l'établissement d'un service postal par piéton entre Fez et l'Algérie. Les gîtes d'étapes prévus par l'Administration sont, en partant de Fez:

Oued Innaouen 45 kilom.

Kasba Beni-Sliman 40 —

Taza 45( —

Kasba Messoum 48 —

Er-Red jin 45 —

Arouan-Sidi-Mellouk 50 —

Oudjda 60 —

De Fez a SfroU. — 25 kilom.; route parfois sûre, parfois dangereuse, selon que les tribus environnantes sont soumises ou révoltées. La première partie du trajet se poursuit à travers une région accidentée par de petites collines; de nombreux ruisseaux occupent la campagne qui est fort belle et possède une végétation des plus luxuriantes. Les jardins de Sfrou sont d'ailleurs les plus beaux du Maroc.

De Kasba-Beni-Mellah a Demnat. — La distance qui est de 12 kik)m. se parcourt généralement en 4 jours. Les pays traversés sont bien moins riches qu'entre Kasba-Tadla et Bcni- Mellah; parfois mcnie les habitations que l'on rencontre sont d'un aspect \out à fait misérable. La route, constamment en montagnes, est extrêmement difficile. Dans ce pays accid;^nté

3^2 TITRE DIX-SEFTrÊME

et ipea facile, les indigènes ont admirablement su tirer parti du sol. Presque ttonftes les pentes, même les rapides» sont cultivées» «t les plantations s'étayeat «en de nombretix gradms que ferment les murs de^otrtènement.

Kasba-Beni-Mellàh à Taouizert 23 kilom.

Taouizert à Dar-Bràhim 19 —

Dar-Brahim à Tabia 20 —

Tabia à Djemmâ, à Entifa 18 —

Djemmâ à Entifa à Bezon 8 —

Bezon à Demnat 40 —

Distance totale 128 kilom.

De Kasbah-Tadla a Kasbah-Beni-Mellah. — On passe d'abord TOum-Er-Rbia à gué, puis on traverse une superbe plaine très peuplée et de toute richesse; on rencontre ensuite la Kasba de Fechtala qui fut autrefois célèbre, ^ais qui est aujourd'hui complètement déchue; à quelque distance de Beni- Meilah, on rencontre Aït-Saïd, gros village qui ne comprend pas moins de 400 maisons.

Kasbah-Tadla à Tagzirt 12 kilom.

Tagzirt à Fechtala 10 —

Fechtala à Aït-Saïd 7 —

Aït-Saïd à Kasba des Beni-Mallah 10 —

Distance totale 39 kilom.

De Larache a Alkasar (35 kilom.). — Très bonne piste à 35 kilom. sur un jardin légèrement ondulé. On franchit le Loukkos en amont d'un grand coude, à environ 10 kilom. d'Elkra. Plaine superbe, vallée très large, d'une extra(»:diinaire fertilité, futurs champs de la colonisation maraîchère. Régions à étudier, et à exploiter.

De Larache a Fez (165 kilom.). — Cette voie est aujourd'hui plus parcourue que la précédente par les caravanes qui épargnent un jour, quelquefois deux de trajet, les rivières très nombreuses au Gharb et l'insécurité de la grande banlieue de

en 5 jours. Mais comme les nzala (i) sont fort nombreuses, les voyageurs ou caravaniers peuvent, à leur gré, allonger ou diminuer leurs étapes. Les territoires des Doukhala et des Reh'amna que Ton traverse, sont d*une fertilité connue.

De Mazagan à Sidi-Brahim 23 —

Sidi-Brahim à Souk-El-Arba Sidi-Addou 14 —

Souk-El-Arba à Souk-Tleta-Ben-Nour 24 —

Souk-Tléta à M'tal 27 —

M'tal à Nzala-Smira 34 —

Nzala-Smira à Sahridj (par le Heuy) 27 —

Sahridj à Souïnia 18 —

Souïnia à El-Kantara (le pont) 18 —

El-Kantara à Marrakech 9 —

Distance totale 194 kilom.

De Meknas a Kasbah-Tadla. — La route est très pénible; elle traverse un pays essentiellement montagneux couvert de roches. On traverse d'abord le territoire des Guerouan presque désert, d'un aspect tout à fait sauvage et où le gibier pullule; puis on arrive sur le plateau de la Tlata qui est au contraire une région très peuplée, très prospère, bien arrosée et couverte de cultures. La dernière partie du trajet s'accomplit dans le Tadla, vaste plaine circonscrite par des chaînes de montagnes et au milieu de laquelle coule l'Oum-Er-Rbia.

Meknas à Souk-El-Arba (Oued Beht) 33 kilom.

Tlata à Ait-Omar (plateau d'Oulmis) 36 —

Aït-Omar à Dar-Si-Mouloud 30 —

Dar-Si-Mouloud à Aït-El-Mati 14 —

Aït-El-Mati à Ksar-Beni-Zemmour 26 —

Ksar-Beni-Zemmour à Bou-El-Djad 19 —

Bou-El-Djad à Kasbah-Tadla 22 —

Distance totale 180 kilom.

La route est extrêmement dangereuse. Les tribus environnantes arrêtent souvent les voyageurs pour les dévaliser ou

(i) Nzala. — Postes établis aux étapes pour en assurer la sécurité.

franchit sur un pont de pierres, croisement de la route de Tanger.

Quelques heures séparent à peine de Fez. L'on traverse un plateau dénudé et rocailleux où les douars sont rares, et bientôt Ton af)erçoit la grande muraille blanche de Fez.

On pénètre dans la ville par la porte de Bab-El-Mahroum où sont généralement suspendues les têtes des rebelles.

De Marrakech a Saffi. -^ Longue d'à peine 170 kilomètres, cette route sera certainement très fréquentée, le jour où Ton fera de Saffl un port à peu près praticable; elle traverse le territoire des Abda et des Ahmar qui sont complètement soumis au Sultan; elle coupe TOued Tensift et la légère chaîne d'El-Djebila et les collines d'Ech-Châaba; elle passe par Bou- Izeffen-Dougla Oum-Erik, Souk-El-Tléta, Keddi-Ben-Dhou. Souk EI-Khemis, Dayat-ez-Zma, Ech-Châaba, Koubba-Sidi- Ramdan, Koubba-Sidi-Embarek.

De Marrakech au Sous. — Marrakech est séparée du Sous par la chaîne du Grand Atlas. On peut suivre deux routes: celle c-.e Ouichenddan pour le Haut-Sous, ou celle suivant l'Oued Enfis, et passant à Tagadir-El-Bour, le mont Goundafy que i on contourne à l'Ouest. On traverse ensuite la chaîne Tizi- Nast pour arriver à Ait- Youka dans la vallée du Sous. Cette voie est la plus courte pour aller de Marrakech à Taroudant.

La piste employée; pour aller de Marrakech à Taroudant quitte la route de Marrakech à Mogador, à la v.asba-El- Mzoudi, et traverse l'Atlas au col Bibaouan. Elle est praticable pour les chevaux et les chameaux chargés. Ce voyage demande 6 jours.

De Mazagan a Marrakfxh. — La rouie qui va de Mazagan à Marrakech, est très fréquentée par de nombreuses caravanes qui se dirigent vers la côte, elle n'est cependant pas la plus courte, mais elle est excellente, son sol est très ferme Elle est dépourvue de tout obstacle et abondamment poun-ue d'eau sur tout son parcours. — Le voyage se fait généralement

Tanger. Le parcours total s'effectue en 5 ou 6 jours sur un sol sablonneux, toujours praticable quelle que soit la saison.

A 40 kilom. on traverse un immense pâturage à peine coupé de quelques touffes de chêne-liège. La première étape est à Lalla-Mamounn, simple marabout pourvu d'une nzala; un marché y réunit, chaque semaine, deux ou trois mille paysans du Rharb. A côté, la grande lagune d'Ez-Zerga.

La route traverse, assez facilement, TOued Mda, au grand village de YArba Sidi-Aïssa où l'on s'arrête quelquefois, et atteint la deuxième étape (25 kilom.) à El-Habassi près de Sebou. Le fleuve est à une lieue du village, il a 70 mètres de large, et on le traverse sur de grandes barques dont l'exploitation se fait au bénéfice du Caïd. La traversée est lente, mais elle n'offre aucun danger.

Pendant cinq heures on longe le Sebou qui serpente dans un lit profond. Le territoire appartient aux Ben-Hassen très indociles, mais dont les luttes avec leurs voisins, les Zemmours, assurent en quelque sorte la sécurité au voyageur. On campe généralement chez les Mlaina dont l'hospitalité est cordiale. Ces tribus sont originaires d'Algérie, elles ont conservé le souvenir et les mœurs de Milianah et du Zaccar. Les Sultans leur ont reconnu une sorte d'indépendance et c'est une véritable petite République où la France trouverait le cas échéant un sincère appui.

Au point de vue agricole, d'ailleurs, les Mlaina sont très avancés, et leur cheptel comprend 169 bœufs, 42 charrues. Mlain n'est qu'à 85 kilom. de Larache, à moitié chemin par conséquent de Fez. C'est dans cette première partie du voyage qu'on peut facilement gagner une journée soit en terminant la première étape à el Habassi, soit en commençant la seconde à Melmoun.

On entre ensuite dans la région montagneuse, et l'on franchit le col de BaB-Tsïouka principale trouée avec TAcha, à rOuest vers Fez. Villages fréquents, très beau bétail, nombreuses maisons construites en briques fabriquées dans le pays. La dernière étape avant Fez est à l'Oued Mekken que Ton

pour les rançonner en leur faisant payer des droits arbitraires. On ne peut voyager que sous bonne escorte et en s'assurant Tanaïa (protection) de puissants personnages.

De Mogador a Marrakech. — La route presque carrossable peut se faire en 5 étapes, mais comme on trouve partout des nzala (caravansérails), on peut la faire plus vite ou plus lentement à volonté. On passe par Souk Tleta (marché du mardi), Aïn-Oumast, Sidi-Mokktar, Chichaoua, M'zoudia-Bir- Sedra. On traverse l'Oued Chichaoua, TOued Enfis, tous à gué.

De Rabat a Fez. — On traverse d'abord TOued bou Regrag, soit en bateau soit à gué, si la marée est basse. On entre ensuite dans la forêt de Mamôura, refuge des Zemmours, tribu pillarde que l'on doit éviter le plus possible. La première étape est chez le caïd Bou-Selam.

Le lendemain, on traverse l'Oued Beht et Ton fait étape chez un caïd de Cherarda.

Le troisième jour, passage de l'Oued Rdoum, et étape chez le caïd Embarek de Cherarda. A la dernière étape, l'on passe rOued Mekass sur un pont avant d'arriver à Fez (Erckmann).

Pour ce voyage il est indispensable de se faire accompagner par un soldat du Sultan.

De Tanger a Fez, 250 kilom, environ. — Le parcours s'effectue généralement en 6 jours, quoique les courriers du Sultan aient quelquefois franchi cette distance en 3 jours. La première étape est Oqbat el Hamra (20 kilom.) où se trouve une nzala, ou Berrian., un village à la hauteur d'Arzila (35 kilom.), ou Oulad Moura simple Nzal à 45 kilom. à moitié chemin de Tanger à El Ksar. Cette première étape est la plus désagréable, à cause des rivières très nombreuses; c'est également la moins sûre, quoique des postes aient été récemment établis pour protéger les caravanes.

La deuxième étape est EX Ksar el Kebir à 90 kilom. de

VOYAGES DANS l'INTÉRIEUR ^ZJ

Tanger, véritable ville oà le voyageur trouve une aimable et large hospitalité. Le Loukkos se traverse à gué à 50 mètres emvironj avant El Ksar.

La troisième étape est Chemaha (130 kilom.) village pittoresque dans les oliviers et les figuiers. Population très douce sur tout le parcours; poules et œufs abondants.

Avant la quatrième étape, il faut traverser TOued-R'dat. Les populations des environs sont assez ombrageuses,, et se ressentent du voisinage des Beni-Hassen. L'étape est dans: le village de Y Oued Ouergka (165 Idlom,), sur les bords du fleuve du même nom facilement franchi. Beaucoup de jardins maraîchers où de nombreuses roues hydrauliques' sont disposées pour Tirrigation.

La cinquième étape est la nzala des Beni-Anar (210 kilom.), après que Ton a traversé le Sebou, large comme la Seine à PariSi et que Ton suit pendant 5 ou 6- kilomètres. Le Sebou se traverse au gué d*Hadjer-Ouaqef {^pierre debotit), formidable rocher d'un aspect curieux. Le village de Beni-Anar qui domine la nzala du même nom, est situé sur le Djebel Zerhoum maccessible aux voyageurs et même au Makhzen. C'est la patrie du Prétendant actud.

Au terme de la sixième étape est Fez. A trente kilomètres avant d'y arriver, la route franchit l'Oued Meker sur un pont. C'est là que bifurquent les deux itinéraires sur Tanger et sur Larache.

De Tanger a Larache (60 kilom.). — Route peu parcourue; on lui préfère les 5 heures de traversée par des petits vapeurs presque quotidiena

Cette excursion par terre serait cependant très intéressante en raison de la traversée du Gharb' et des petites plaines où se développera vraisemblfeiblement là- première colonisation agricole de l'Europe ann Maroc. Deux étîapes très courtes pour un total de 60 kiJom. On fait lia première étape à la Gharbia, à quelques kilomètres d'ArziTa;. puis Ton suif la côte. Cette voie, avant les denaiers événements, était assez facile, assez sûre, pour qu'on pût la prendire sans guide.

328 TITRE UIX-ïlKl'TllvVE

De Tanger a TÉTOUAN. — En droite ligne, la distance ne dépasserait p^s 45 kîlom. Mais par suite du dé\'eloppement de la piste dans la région très montagneuse de l'Andjera, c'est une soixantaine de kilomètres que doit parcourir le voyageur, soit une très forte journée de cheval.

Le plus souvent, la distance n'est franchie qu'en deux jours. On couche alors au Fondouk. à 20 kilom. seulement de Tétouan. La piste est assez large; avant d'arriver au Fondouk un défilé très étroit constitue un dangereur passage.

Cet itinéraire est aujourd'hui considéré comme l'un des plus difficiles du Maroc. Depuis plus d'une année il est presque complètement abandonné par le voyageur qui préfère se rendre à Tétouan par mer.

De TarOUDANT a Agaiiir. — Pour rejoindre la mer, depuis Taroudant, on peut aller à Agadir par Guenancha Ilaouara, Zina et Mezegguen. Le voyage se fatt en deux

jours.

De tétouan a Ceuta (30 kilom,). — Belle route de 30 kilomètres environ, en corniche sur la nier. Très peu pratiquée quoique pittoresque.

De Tétouan a la mer. — Quator/e kilomètres d'une roule carrossable, la seule de tout le Maroc, construite en 1861 par les Espagnols. Cette route atteint la nier à Rio-Martil, où sont les bureaux et les magasins de la douane.

Une bibliographie complète des ouvrages concernant le Maroc ne comprendrait pas moins de 3.000 volumes. Nous donnons ci-dessous l'cnumcration des principaux d'entre eux, mais pour plus amples détails, nous renvoyons au très remarquable recueil bibliographique dû au Lieutenant-colonel Playfaro, et publié à Londres en 1892. On trouvera aussi d'intéressantes et utiles indications dans le Bulletin de la Société de Géographie d'Alger où M. Augustin Bernard fait paraître annuellement une vvvuv bibliographique des travaux sur la géographie de l'Afrique du Xord.

Ouvrages français

AKhîASD (Jean). — Voyages d'Afrique. Paris, 1632.

D'AUGERS (le Père François). — Histoire de la mission des Pères Capucins au Maroc. Niort, 1644.

DaU (le Père Pierre). — Histoire de la Barbarie et de nos corsaires. Paris, 1649.

ChaRAUT (A.). — Lettre écrite en réponse de diverses questions curieuses sur les parties de l'Afrique où règne aujourdhui Moulay Arxid Roy de Tafilète. Paris, 1670.

Mouette (le sit^ur G.). — Histoire des conquêtes de Mouley Archy et de Mouley Ismaèl. Paris, 1683.

Saint-Amant. — Voyage de M. le baron Saint-Amant. Lyon, 1696.

MouÊTfE (le Sieur G.). — Relation de la captivité du sieur Mouette dans les royaumes de F es et de Maroc. Paris, 1702.

Busnot (le Père Dominique). — Histoire du règne de Moulay Ismaèl. Rouen, 1714.

De la F ave (Père Jean). — Relation du voyage pour la rédemption des captifs pendant les années 1/23-172^^.

NOLESQUE (R.-P.). — Relations de trois voyageurs de la Mercy dans les Etats du Roy de Mavid. Paris, 1724.

CrOUZENAC (Abbé dv Hcaumont). - - Histoire de la dernière révolution dans V empire ottoman. Paris, 1740.

Mairault (Adrien-Maurice). — Relation de ce qui s'est passé dans le royaume du Maroc depuis rannée 1J27 jusqu'en 1737. Paris, 1742.

Maurville (Bédé de). — Relation de Vaff<dre de Larache. Amsterdam, 1775.

ChÉnier (Louis Sauveur de). — Recherches historiques sur les Maures. Paris, 1787.

Brisson (M. P. R. de). — Histoire du naufrage et de la captivité de M. de Brisson. Genève, 1789.

ROCHOU (Abbé Alexis). — Voyage à Madagascar^ au Maroc et aux Indes Orientales. Paris, 1791.

Roy. — Souvenirs d'un voyage au Maroc. Alger et Paris, 1844.

Didier (Charles). — Une Promenade au Maroc. Paris, 1844.

Thomassy (R.)- — Le Maroc et ses caravanes ou Relations de la France et de cet empire. Paris, 1845.

Renou (Emilien). — Description géographique de VEurope du Maroc. Paris, 1846.

Ibn Khaldoux. — Histoire des Berbères, 8 vol. Alger, 1852-56.

Coite (Narcisse). — Le Maroc contemporain. Paris, 1860.

Godard (Abbé Léon). — Description et histoire du Maroc. Paris, 1860.

DOZY (R. P. A.). — Histoire des musulmans d^ Espagne jusqtià la conquête de i Andalousie par les Almoraindes. Leyden, 1861.

Mars Latrie (le comte L. de). — Traités de paix et de commerce et documents divers concernant les relations des chrétiens avec les Arabes de V Afrique septentrionale au Moyen âge. Paris, 1 866-1872.

TiSSOT (Charles). — Les Monuments mégalithiques du Maroc. Paris, Recherches sur la géographie de la Mauritanie Tingitam, Paris,

Leclerc. — De Mogador à Biskra. Paris, Challamel, 1881.

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Marut (D*- a.). — Le Maroc. Paris, 1885.

De Campou (Ludovic). — Un Empire qui croule. Le Maroc contemporain. Paris, 1886.

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