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Imp.

Exp.

Outre CCS 3 pays, ayant des relations maritimes régulières et s'occupant le plus de la pénétration commerciale du Maroc, il faut indiquer comme pays importateurs :

1° La Belgique dont les importations ont oscillé de 125.000 en 1899 à 614.229 en 1904, et dont les sucres sont en plus grande faveur que les sucres français.

2' L'Espagne, qui a exj)ortc de 185.000 à 200.000 j)esetas par an, principalement de pois chiches.

3'' L'Autrichc-Hongrie, 675.000 de sucre en 1903, au lieu de 87.000 en 1902, accroissement qui s'explique surtout par l'insuffisance des eflorts tentés jusqu'à présent jx)ur Tintroduction du sucre français sur la place.

Les principaux articles d'importation sont ; Les cotonnades, (1.250.000), presque toutes de Manchester, et en 1903, quelques-unes d'Allemagne.

Les sucres pour i million et demi, sur lesquels la part de la France est particulièrement faible et dont l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche se partagent le profit. Cet article est en progrès; en 1889, on en importait à peine })our 700.000 pesetas.

La hoiigic, le thé, surtout anglais — de 300.000 à 900.000 p. suivant les années (maximum en 1904).

Les principaux articles d'exportation sont :

Les fèves, dont l'Angleterre, en rgoo, achetait iK>ur 1.6000.000 pesetas.

Le mais, — De 200.000 à 500.000 pesetas suivant la récolte.

Les années 1900 et 1903 furent les plus favorables. (Allemagne et Angleterre).

Les amandes, — Pour 500.000 pesetas en 1900, pour 72.000 en 1889, pour 412.000 en 1903; article très variable, destiné à l'Allemagne.

L s luines. — En progrès (300.000 pesetas en 1903). Achetés par la France depuis quelques années.

Les Lires ^ les gommes, les peaux de chèvres y tous produits habituels de l'exportation marocaine, et dont l'importance est influencée, non pas tant par la qualité de la récolte, que par la situation politique de la région.

Navigation. — Le port de Saffi est l'un des plus mauvais de tout le Maroc. Le mouillage est particulièrement précaire par le vent du large; le cap Saffi protège un peu contre le vent du N. et du N.-O. On trouve de grands fonds de 15 à 30 mètres à 150 mètres de terre; malheureusement un rocher y détermine un banc dangereux pendant neilf ou dix mois de Tannée. L'établissement d'une jetée serait pourtant très facile; d autre part un simple wharf permettrait de dépasser le banc et d'opérer avec facilité. Une pétition récente des habitants et des agents de navigation a été présentée dans ce sens au Makhzen par le corps consulaire. On réclame également l'installatiou d'un fanal qui pourrait guider les navires sur cette côte dan gereuse.

Les arrivées et les départs sont très irréguliers, le mouvement maritime à Saffi n'étant pas très considérable.

Le débarquement des voyageurs et des marchandises s'effectue par barrasses; le prix est d'une peseta par voyageur, il varie entre deux et trois pesetas par colis.

MOUVEMENT DU PORT

ÂDRlais

Français

Allemands

Espagnols

Autres pays

Total

Postes : Française, Allemande, Espagnole.

Puissances représentées par des agences consulaires à Saffi : Allemagne, Autriche, Espagne, Italie.

Salé

La ville de Salé est située en face de Rabat, à l'embouchure du Bou-Regreg, sur la rive droite.

C'est l'ancien repaire des pirates marocains, et, actuellement encore, les habitants sont fanatiques et sauvages.

L'adjudant Bernaudat de la mission militaire française dirige à Salé l'instruction de 70 à 80 hommes.

La population est estimée à 15.000 habitants dont quelques centaines d'israélites.

Poste Française.

Sfrou ou Sefrou

Sfrou est à une journée de marche de Fez, au Sud, sur la rive droite de l'Oued Sfrou, affluent du Sebou qui coule à quelques kilomètres de l'Est.

Ville de 3 à 4.000 habitants dont le quart israélites.

Les habitants, bons agriculteurs, cultivent de magnifiques jardins d'arbres fruitiers, et se livrent à la culture de la vigne

La ville est propre cl bien construite.

Les laines de Sfrou sont renommées, et l'on en fait un grand commerce.

Population très douce et très hospitalière.

VILLES ET CKNTRES 403

LE TAFILELT

M. Maurice Zimmcrmann, nous a remis l'étude suivante sur le Tahlelt qu'il a exploré en 1900.

Du Grand Atlas où il prend sa source, TOued Ziz après avoir arrosé d'étroites mais fertiles vallées, vient se perdre dans les sables du Sahara, entre les bassins de l'Oued Drâa à l'Ouest de la Zousfana à l'Est.

C'est son bassin inférieur qui constitue l'immense dépression très allongée, orientée du Nord au Sud, le long de laquelle s'égrènent, en véritables chapelets, les oasis du Tafilelt. Après les pluies de l'hiver, la presque totalité de cette dépression se transforme en un vaste marais, le Daïa-ed-Daoura .dont la fertilité est alors très grande.

Rohlfs, un des rares explorateurs qui ait traversé le Tafilelt dans sa partie Nord, de l'Ouest à l'Est, lui attribue 150 ksours et pas moins de 100.000 habitants de race bcraber.

Le Tafilelt est le berceau de la dynastie Hassanide actuellement régnante. Mais cette circonstance y rend précisément encore plus vive, plus âpre que partout ailleurs au Maroc, la rivalité des Çoffs (partis politiques) qui a de tout temps si profondément influé sur l'évolution de la Société musulmane.

Mouley Hassan, père du Sultan actuel du Maroc, a dû entreprendre une véritable expédition pour affermir son autorité chez les ksouricns du Tafilelt. Cette tentative de restauration du pouvoir chéri ficn est restée vaine, quoique très meurtrière cl très onéreuse. Aussi El-Mouley-Abdul-Aziz, le Sultan actuel, ne Ta pas renouvelée.

Une autre conséquence non moins curieuse et bien connue de l'origine lafilala de la dynastie actuelle, c'est qu'à la mort de ( haque Sultan de celle famille, d'innombrables ksouriens de toutes les conditions, se prétendant alliés au défunt, quittent hâtiiement les oasis du Tafilelt, juchés sur des ânes, des mules ou des chameaux, ou simplement à pied, et s'acheminent vers Fez, dans l'intention d'y faire valoir leurs droits à la succession impériale.

A leur arrivée à Fez, si pas en cours de route, ces étranges prétendants, très pacifiques d'ailleurs, apprennent quun nouveau Sultan est rnonté sur le trône. Imperturbablement, avec cette belle résignation empruntée à la robuste philosophie du fatalisme musulman, ces compétiteurs, dont le plus misérable d'entre eux ne fit certainement pas, en cheminant vers la conquête d'un trône, les moindres rêves» tournent tranquillement bride et regagnent le berceau de la famille filalienne, soutenus jusque-là par le mektoub rehbi (c'était écrit) traditionnel.

I.es deux ksours principaux du Tafilelt sont le ksar Rissani résidence de l'Amel allié au Sultan dont l'autorité est plutôt précaire, et le ksar Bou-Adam à l'extrémité méridional.^ de 1 oasis.

Bou-Adam est le grand marché du Sahara marocain, le carrefour des routes commerciales qui relient Tombouctou, le Soudan, le Haut-Sénégal et les oasis du Touat, du Goura ;a' et du Tidikelt aux régions marocaines de l'Oued Drâa et de la Saguiat-el-Hamra.

Le Tafilelt est en relations commerciales avec Mogador et Fez.

Du Tafilelt à Fez on compte environ 275 kilomètres di? route extrêmement accidentée et pour ainsi dire impraticabl? en hiver.

Les transports se font par mule en 10 ou 11 jours et coûtent de 18 à 20 francs les 100 kilos, (,'e prix est grevé par les ncsi.i jeux zetat (sorte de péage) imposés par les tribus de cette partie de l'Atlas à toutes les caravanes qui empruntent leurs territoires.

Les marchandises à destination du Tafilelt ou les produits qui en viennent, pa\cnt à Fez un droit de porte oscillant entre 5 et 10 '\, ad valorem calculé sur le prix d'achat majoré des charges du transport.

L'importation des nuirchandises européennes à destination des oasis du Tafilelt a lieu par le port de Larache où elles <\cqiittcnt un droit d'entrée de 10 'V, ad valorem.

De Larache à Fez les transports s'effectuent par chameaux

et reviennent à environ lo francs les loo kilos. On compte I/O kilomètres entre ces deux points.

d'intervalle, car les dattes qui arrivent à Londres et sur les autres marchés européens avant la Noël, se vendent naturellement plus cher que lorsqu'elles y parviennent après.

On évalue à 300.000 francs la valeur des exportations annuelles des dattes du Tafilelt tant par. Mogador et Tanger que par T Algérie.

Les autres produits du Tafilelt sont les peaux de chèvres, les ambres et le fameux cuir tanné (Djeld El Filali). Quant aux plumes d'autruches, à la poudre d'or, aux gommes, au sel qui arrivent au Tafilelt, tous ces produits sont de provenance soudanienne et ne font que transiter dans les oasis filaliennes.

Par Mogador, Tanger, Fez et Marrakech, le Tafilelt reçoit :

Des sucres de France et de Belgique;

Des draps et de la verrerie d'Allemagne;

Des cotonnades, du thé, des bougies d'Angleterre;

Des soieries françaises, mais en petite quantité.

L'industrie de Fez alimente le Tafilelt de soierie, de vctements de coton, d'objets de sellerie, de ferblanterie.

On peut évaluer le commerce général du Tafilelt à environ 5.000.000 de francs par an.

Le chemin de fer du Sud Oranais, qui tend à devenir la grande voie de pénétration transaharo-marocaine d'Oran à Figuig, s'infléchit fortement vers le Tafilelt dont actuellement elle n'est plus éloigée que d'environ 250 kilomètres. Il faut donc considérer que, très prochainement tout le commerce du Tafilelt : importation et exportation, s'effectuera par le chemin de fer sud oranais qui mettra le Tafilelt à quatre jours d'Oran, à une semaine de Paris.

Les Tafilalas ont déjà compris les avantages considérables que leur offrent les transports par voie ferrée don': chaque terminus, au fur et à mesure de l'avancement de la ligne vers le Sud-Ouest, est fréquenté par leurs caravanes de plus en plus nombreuses.

DEUXIKME L'ARTIË

L'économie des frais de transport réalisée en empruntant la voie ferrée d'Oran au lieu des routes mulelières du Tafilclt à Fez et de Fez à [,arache ou Tanger, peut être évaluée à près dL' 92 "„ sur la généralité des articles d'importation, notamment les cotons bruts, et à près de 200 % sur la valeur d'achat des dattes exportées.

L'entrée en franchise, par les ports d'Oran et d'Arzcu des marchandises à destination des oasis sahariennes, autorisée par le décret du 27 décembre 1896 qui a institué les Entre- (>ôts-Francs de l'Extrême-Sud-Oranais, augmente très sensiblement l'économie résultant pour les ksouriens du Ta&lclt de l'emploi de notre grandi; ligne de pénétration orano-marocaine. C'elle-ci qui dessert Méchéria, AïnScfra, Beni-Ounif de Figuig et Ben Zirig, s'arrête à Béchar terminus act'i-îl. Prochainement elle atteindra l'importante agglomération des Kenadsa, à 180 kilomètres des oasis filalienncs dont l'Algérie tend à absorber ainsi la richesse économique, en alimentant de plus en plus le commerce d'importation du Tafilelt, et en constituant, pour les produits de cette région, un débouché illimité et extrêmement avantageux.

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