‹ Le MarocChapitre 92 sur 94 · isî · texte numérisé non relu

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Les importations an<:^lais(*s comprennent celles de Gibraltar, or celles-ci ne sont souvent que des marchandises françaises ou allemandes en simple transbordement. L'augmentation continue de TAutriche-Hongrie est due à rétablissement d'une ligne dont le point de départ est Fiume, mais qui draine en passant beaucoup de fret en Tunisie et en Algérie. Son progrès n'est donc qu'apparent.

La part prépondérante de l'IIspagne dans les exportations c^t constituée surtout par le bétail à destination de ]\Iélilla, de

Ceuta cl même de Barcelone. En outre, la navigation espagnole étant la plus nombreuse à Tanger, toute marchandise embarquée sur l'un des vapeurs qui font le service quotidien entre Algéciras, Cadix et le Maroc, est considérée comme importée en Espagne quelle que soit la destination véritable.

L exportation si importante pour TEgypte est uniquement due aux Babouches de Fez et aux Haïcks marocains réputés dans tout le monde musulman.

Si au point de vue de la répartition par nationalité, l'on risque de sérieuses erreurs en s'en tenant exclusivement aa pavillon qui couvre très accidentellement les marchandises, il faut aussi observer dans la répartition par article, que les résultats de Tanger ne pourraient donner qu'une idée très inexacte du mouvement d'ensemble. En réalité l'Europe importe chaque année au Maroc une quantité sensiblement égale de chaque marchandise. Les différences considérables qui servent parfois pour tel article, et pour tel port, proviennent surtout de ce que la même marchandise autrefois transitée par ce port, a pris une autre direction. — C'est ainsi qu'en 1901, les cotonnades anglaises importées à Tanger ont fléchi de 2.300.000 environ, parce que la ligne Bland de Gibraltar faisait à partir de cette année-là diverses escales marocaines a transporté à sa destination la marchandise qui auparavant était transbordée à Tanger. Cette observation s'applique du reste à peu près à tous les autres ports.

J.es principales marchandises importées à Tanger sont :

Tissais (le coton. — Les i)rincipales marchandises importées à Tanger sont : De 4 à 6 millions chaque année dont 9/10 pour l'Angleterre.

Sucres. — Autrefois incontestés, les sucres français sont aujourd'hui très sérieusement c(.)nibattus par les sucres autrichiens et allemands. Environ i million par an, dont moitié par la France.

Driips. — 475.950 en 1900, chiffre le plus bas, contre 927.601 en 99 et 1.102.327 en 1903. Les Allemands étaient maîtres

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du marche jusqu'en IQOI. Certaines maisons lyonnaises en prennent aujourd'hui une pari active.

Soieries. — Environ i million. La France maîtresse îibsolue jusqu'en 1903, est maintenant combattue par l'Italie (172.000 p. en 1904).

Farines. — Les farines de (lênes qui pénétrèrent à la faveur des grèves de Marseille, commencent une concurrence dangereuse. De 238.o(K) p. en 1900, la demande est arrivée à 547.000 en 1903.

Bougies, — I^our 200.000 p. environ en kjoi, et 307.413 en 1904. L'Angleterre les fournit pour la plupart; les Belges ont importé 800 caisses en 1903, et la France 22/.

Thé, — De 500.000 en 99 à i million en 1903. Provenance surtout anglaise, sauf quelques tentatives heureuses de l'Allemagne.

Vins, — L'Espagne les fournissait autrefois (322.000 en 1900). La France pour les vins de marque, l'Algérie pour les autres ont presque accaparé le marché (432.000 en 1904).

Tabacs, — 300.000 p. environ. Quelques cigarettes d'Algérie. Tabac non ouvré, importé par l'Autriche- Hongrie et la Hollande.

Matériaux de consirudion. — 250. (.h>o p. en I9(X), 982.643 en 1904. Les fers sont frant^ais, allemands et Belges; les tuiles, ciments et plâtres, français.

Les princij)aux produits exportés de Tanger sont :

Bœufs. - - so.cxK) têtes en 1900 qui fut l'année la plus forte; 20 à 25.000 depuis. On les compte au prix moyen de 120 \*.

Œufs. — Pour 2 millions environ. En raison de la proximité, la plupart des envois sont destinés à rKsjjagne. Ces œufs sont plus petits que ceux de la côte Ouest.

Peaux de c/tcvrcs, — 1.027. 4;/) p. en 1901 contre 323.541 en 1899. C'est dire de quelle variation est suscejUible cet article principalement exjxjrté ])our les Etats-l'nis il l'Allemagne.

Cire. — En IQOO cet artirle, dont l'exportation atteignait à jxnne 200.000 p. en 1899, monta à 1. 154.825. La fraude

consistant en Taddition de la paraffine n'est pas étrangère à l'arrêt de la faveur.

Babouches. — Haïks et tapis. — Ces produits de Tindustrie marocaine s'exportent généralement par Tanger où les navires sont les plus nombreux pour toutes les directions. L'Egypte achète la plupart des babouches; la Tripolitaine reçoit quelques haïks, et les tapis sont très demandés en Europe.

Dattes. — On en a exporté pour 350.000 p. en 1902. C'est le chiffre le plus élevé pendant les 6 dernières années.

Taroudant ou Tarudant

La ville de Taroudant est située dans la grande vallée du Sous, non loin du fleuve, à égale disîànce des deux chaînes du Moyen et du Grand Atlas. Elle se trouve à environ deux jours de marche d'Agadir-Fouté qui était anciennement son grand port de ccmmerce. La ruine de l'une a amené la décadence de l'autre: actuellement Taroudant est sans industiie, et jx)ur ainsi dire sans commerce.

11 y avait anciennement à Taroudant d'importants établissements romains, comme le prouvent les nombreuses ruines que l'on rencontre partout dans les environs.

Au xvr siècle Taroudant fut le centre d'action des chéri f s. Elle fut leur capitale, et c'est de là que rayonna l'islam chjz les populations berbères. A ce sujet, on montre avec respect l'emplacement où fut dressée la tente du Sultan Mouley Soliman.

A une certaine é]joque, Taroudant devait sa richesse et" sa splendeur aux caravanes du Soudan qui y apportaient leurs produits. Encore actuellement, on rencontre, dans son immense enceinte en ruines, des représentants de toutes les races africaines (C'hleuhs, Maures, Arabes, Draoui, Soudanais).

Soumission a été faite des tribus voisines dont la plus nombreuse porte le nom d' O uhul-El-Hallouf (Les enfants du sanglier) nom qu'elle mérite à cause de ïra sauvagerie.

Grâce à l'Oued Sous dont les eaux sont dérivées dans de

nombreuses séf^iiiii, la ville esl entourée de grands vergers et de jardins, d'arbres fruitiers, oliviers, palmiers, orangers, etc.

La population est de û à 7.000 habitants, dont environ i.ooo israéiites.

Taza

(Le Défilé.)

La ville de Ta/a est située ii 100 kilomètres de Fez à l'Est, en suivant la vallée de l'Innaoïien.

Bâtie au pied du djt'liel Riatha, la ville est sur le rocher escarpé, accessible seulement par un seul côté.

Taza située à 700 mètres d'altitude, domine toute la vallée de 130 mètres, (.''est une forlcresse c]ui commande le seul passage allant de Fez en Algérie pur la vallée de l'Innaouen, affluent du Sebou, et celle de la Moulouïa. Elle est doue sur le seul tracé possible pour un chemin de fer de pénétration venant d'Algérie.

Malheureusement Ta/a est sous la dépendance des Riatha, tribu berbère insoumise et guerrière.

On estime la population à 4.000 habitants.

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