‹ Le MarocChapitre 4 sur 20 · LA PORTE DE CHELLA · texte numérisé non relu

LA PORTE DE CHELLA

AS même dans les cimetières qui s'étendent au bord des grèves, ni sur le promontoire de la kasbah des Oudayas, dans la grande féerie qu'offrent là-bas le ciel, la mer, les verdures et les rochers, je n'ai ressenti une plus forte impression de solitude et de siècles abolis, qu'entre les murs flamboyants de Chella, qui n'enferment plus que du silence. Il faut un effort de l'esprit pour se représenter que, derrière ces remparts, ce fut pendant des siècles un continuel passage de cavaliers au visage voilé que les sultans berbères rassemblaient dans cette enceinte pour les précipiter sur l'Espagne. De tout ce mouvement formidable, il semblerait que pour toujours il dût rester quelque chose : un écho, un murmure dans l'air. On tend l'oreille pour recueillir la rumeur de ces grandes chevauchées.

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