L ENTREE DANS LA LOINTAINE FEZ
Dans un tourbillon humain, un remous de foule, j’ai traversé l’immense cour qui précède le palais : j’ai passé sous la minuscule entrée de la porte immense. Je suis dans la ville : les beaux cavaliers, les cafetans émeraude et jonquille ont disparu. Je cherche à m’orienter, mais en vain. Je suis trop bouleversé par tout ce que j’ai vu, mes sens sont trop énervés par la succession rapide de ces visions insoupçonnées, invraisemblables. Il m’est impossible de songer où je suis, à ce que je fais. Je refuse de voir ce qui se passe autour de moi. Je m’égarerais à faire un pas : trop de siècles, trop de mondes me séparent d’hier. En vain, mon esprit cherche à s’évader de ces ruines qui parlent, de ces tombes où vivent cent milles âmes. Demain seulement, peut-être, je regarderai, je questionnerai, je tâcherai d’arracher â cette ville morte le secret de sa prestigieuse vie.
Le cortège et l’Ambassade franchissent l’entrée de la Ville Sainte.