Comparez Gaillard : Fès
« La mégisserie y est très active. Presque toutes les peaux de chèvres de la région des Beraber passent par ses tanneries, celles qui viennent du ïafilelt sont déjà préparées. Les corroyeurs de Fès excellent à donner au cuir le grain et la souplesse qui caractérisent le maroquin et qui est si remarquable surtout dans le « filali » ou cuir du Tafilelt. Il faut ajouter à cette industrie la fabrication des babouches, dont Fès fournit presque tout le pays et qui sont aussi exportées en Algérie, au Sénégal et en Egypte. Plus de 2.000 ouvriers sont occupés tant aux mégisseries qu’à la fabrication des babouches. On tisse aussi à Fès la soie et la laine pour la confection des haïks, bournous et autres objets de l’habillement des indigènes. Les ateliers de tisserands sont fort nombreux mais ne comprennent généralement qu’un métier: comme les canuts lyonnais, les maîtres-ouvriers travaillent à domicile; quelquefois ils se réunissent à deux ou trois dans un fondaq ou une grande chambre qu’ils louent à cet effet. Les métiers sont naturellement très primitifs ; malgré tout, ils luttent encore avec succès contre les tissus dé laine ou de soie européens, meilleur marché, mais moins appréciés dans le pays. »