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Sorte de trompette d’airain

LA FRONTIERE FRANCO-MAROCAINE

tées sur les faces d’énormes rochers, détachés du flanc de la montagne et roulés là, entraînés par de grandioses et lointains cataclysmes. A cette dernière catégorie appartiennent les pierres du Kheneg Tachtoufelt. Les savants y discernent des gravures préhistoriques, à traits profonds, lisses, d’une belle venue, représentant toujours de grands animaux, aujourd’hui disparus de ces régions, tels l’éléphant et le bubale; des gravures et inscriptions libycoberbères , animaux d’espèces actuelles (chacals, chameau, autruche, mouflon) et signes impossibles à comparer avec aucun des alphabets connus ; , enfin des inscriptions arabes , formules coraniques et invocations pieuses, gravées postérieurement à ces deux premières séries.

L’impression du voyageur à la vue de ces témoins indéniables de vie, dans ces régions maintenant désertiques, est profonde. Elles parlent, ces pierres, et narrent longuement l’histoire de l’homme et d’animaux d’un autre âge; d’une époque où l’oued Derrnel et tous les oueds sahariens, roulaient, gonflés d’eau, vers une mer immense, aujourd’hui desséchée, semant sur leur parcours, non cette végétation de lauriers roses et de tamaris étiques qui semblent, sur ces mausolées de grès, des plantes funéraires ornant le sépulcre dépeuples disparus, mais bien ces luxuriantes forêts, gigantesques comme les animaux de leurs repaires.

Nous voici maintenant à travers les solitudes des Hauts-Plateaux, le Dahra marocain qui ressemble à s’v méprendre à nos régions élevées de l’Algérie ; même régime de Chotts salés, de pâturages d’Alfa pour les moutons et les chameaux, le pays par excellence du

Nomade, vivant sous des tentes de toile et de peaux de bêtes; en remontant jusqu’au col de Teniet Sassi, nous franchissons le dernier contrefort de l’Atlas Tellien, d’où l’on peut admirer le panorama des plaines des Amgad et Oudjda, la vallée de la Tafna et le poste frontière algérien de Lalla Marnia. Brûlées l’été par les chauds rayons du soleil, ces régions sont du plus riant aspect au printemps ; au surplus elles ressemblent trop à nos provinces algériennes pour mériter une description particulière. J’aurai à en parler du reste, dans le chapitre suivant, où commencera le récit de mon dernier voyage.

Les Baâjra MeJctqnba , ou pierres écrites de la vallée du Tachtoufelt.

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