‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 100 sur 153 · SIDI-BEL-ABBÈS. — TLEMCEN · texte numérisé non relu

SIDI-BEL-ABBÈS. — TLEMCEN

sailles apparaissent; terrains rocheux. — 126 k. Aïn Tellout, avec une jolie cascade de 40 m., dans le ravin de l'Ain Tellout, et une tour en ruines sur la rivière (on l'aperçoit à dr., ainsi que la chute, tout de suite après la gare). - On franchit un viaduc; parcours assez pittoresque,

135 k. Lamoricière, sur la rive dr. de Tisser, à 715 m., dans une région riche et bien arrosée. L'Isser descend en cascades à rO. du village.

La voie franchit Tisser, puis s'élève; beaucoup de brousse.

— 145 k. Oued Chouly. — On passe sur 2 viaducs et dans plusieurs tranchées.

157 k. Aïn Fezza. On contourne par une courbe énorme, que coupent des tunnels, le profond ravin du Safsaf ; entre les tunnels, superbes échappées sur le cirque d'El Ourit, couronné de magnifiques escarpements de roches rouges, entremêlées d'un fouillis de plantes et d'arbustes; pont élevé sur le Safsaf au milieu de cascades. En contre-bas, lacets de la route nationale.

— Au delà d'un dernier tunnel, la voie traverse un bois d'oliviers et passe au pied d'El Eubbad ou Bou Médine, dont on aperçoit les minarets et les coupoles à g.

166 k. TLEMCEN, ville de 30,000 hab., dont 5,000 européens, 5,500 Israélites et 19,500 indigènes, ch.-l. d'un arrond. de 156,000 hab., et située à 806 m. d'alt., au pied de falaises rougeàtres presque à pic, ressaut du massif montagneux qui la domine au S. et que couronne la koubba de Lalla Setti. Au N. s'étend la vaste plaine d'Hennaya, que continue vers TO. la plaine de Lalla Marnia. Au delà de la plaine, l'horizon est fermé par le massif des Trara, où Ton distingue le Fillaoucen, le Tadjera, le Djebel Sfyane, et, à TE. de la coupure de la ïafna, par laquelle on peut apercevoir la mer, la chaîne des Seba Ghioukh et du Tessala. C'est des remparts N. de Tlemcen ou du haut du minaret de la grande mosquée qu'on jouira le mieux de ce merveilleux panorama.

. Indépendamment de sa situation magnifique, Tlemcen est très attachant par ses monuments de l'époque arabo-berbère : sauf la grande mosquée, qui est du xn^ s-, à peu près tous datent de la fin du xni® s. ou de la première moitié du xiv" s. et sont, par conséquent, contemporains de ceux de Grenade. Bien qu'au cours de ces dernières années, des démolitions nombreuses lui aient fait perdre de sa couleur locale, Tlemcen reste la ville la plus intéressante de TOranie.

Omnibus : — des hôtels à la q^are.

Hôtels -. — Charles (Bellot; Pl. a C-2), pl. des Victoires (35 ch.); de France (Gonnet; Pl. 6 B3), r. de Fès (50 cli. ; gar.); des Voyageurs, espl. du Méchouar ; du Nord, r. du Théâtre.

Poste et télégraphe : — bd National, face au collège.

Banque : — de V Algérie, bd National.

Voitures de place: — station, espl. du Méchouar.

Le centre de Tlemcen est la belle et ombreuse esplanade ou avenue du Nechouar.

Le Mechouai\ citadelle située au S. de la ville, de forme rectangulaire, d'env. 490 m. sur 280, est partagé entre divers services militaires. L'ancienne mosquée du Mechouar sert de chapelle pour l'hôpital militaire (visible sur demande; peu intéressant); le minaret (début du xiv® s.), haut de 30 m., est carré et couvert de panneaux décorés d'arcades entrelacées.

Le quartier israélite^ entre l'esplanade du Mechouar et la place de la Mairie, d'aspect misérable et grouillant, offre parfois des scènes curieuses.

Sur la place de la Mairie (kiosque), et la place d'Alger (buste de Gavaignac érigé en 1911 sur une stèle avec figure en bronze de l'Histoire), qui en est la continuation, se trouvent au S. la mairie, au N. la grande mosquée, à l'O. la mosquée de Sidi ^ Bel Hassen.

La ^grande mosquée ou Djama el Kebir (entrée par le côté E.; on fournit des babouches aux visiteurs; modique rétribution), vaste quadrilatère, de 60 m. sur 50, a été achevée en 1135. A l'angle S.-O. de la façade, koubba à dôme polygonal. Sur le côté N., minaret rectangulaire bâti en briques, décoré sur ses quatre faces de colonnettes et de panneaux ornés de fleurons en terre cuite de couleur : il est haut de près de 35 m. (belle, vue).

Au N. de la cour, la base du minaret est enveloppée d'un portique à deux nefs; à l'E. et à l'O., autres portiques à trois et à quatre nefs. Ceux-ci se relient au S. à la salle de prière, rectangle de 50 m. sur 25 divisé en treize nefs de six travées ; une coupole à nervures s'élève au centre de la nef médiane. Le mihrab se distingue par son élégante ornementation, très apparentée à celle de la mosquée de Cordoue.

La ^mosquée de Sidi Bel Hassen (1296) a été transformée en musée des antiquités (s'adresser au concierge de la mairie; pourboire).

Le musée a pour salle principale l'ancienne salle de prière divisée en 3 nefs (colonnes en onyx, beau plafond de cèdre) : inscriptions arabes \ tablette d'onyx datant de 1328, sur laquelle est tracée une mesure linéaire étalon; cuve à ablutions, en onyx; plusieurs jarres; blocs en onyx portant des épitaphes de personnages princiers du xv« s. ; cadran solaire de Mansoura.

Dans une seconde salle : beau chapiteau en onyx, provenant du palais de Mansoura (xiv« s.); boiseries du xi'' s. et des siècles suivants; mosaïques de faïence du début du xiv« s. ; au milieu, lustre en cuivre de la grande mosquée, probablement de travail andalou, du xiii« s. ; — dans les vitrines : fragments de poteries, trouvés sur l'emplacement d'un atelier récemment découvert à Agadir, datant du x« s. : poteries à reflets métalliques-, plâtres sculptés; bronzes; documents préhistoriques.

Au étage, riche collection géologique et herbier. |

Lorsqu'on prend, au S,-0. de la place d'Alger, la rue de la Victoire, puis la rue HaëdOj on se trouve dans Tancien quartier des Koulouglis. On y rencontre la mosquée de Sidi Brahim, près de la caserne de Gourmellat. Le tombeau de Sidi Brahim est placé en dehors de la mosquée sous une koubba (coupole à 8 pans; murailles ornées d'élégantes arabesques).

Vers rextrémité S. de la rue Ximénès se trouve une école indigène de tapis, dont on peut voir les travaux.

Sur la dr. de la rue Haëdo, la mosquée Oulad El Imam, du début du XIV* s., a un minaret haut de 17 m., orné d'une décoration céramique en trois tons. Près de l'extrémité de la rue Haëdo, à dr., infirmerie indigène et élégante médersa de style mauresque moderne. Sur la g., quartier de cavalerie et casernes.

En dehors de Tlemcen, entre les portes de Fès et d'Oran, au pied même des murailles, est situé le Sahridj, grand bassin long de 200 m., large de 100 et profond de 3.

La partie N.-O. de Tlemcen est une ville tout à fait française; le milieu en est occupé par la place Cavaignac, que traverse le boulevard National. Dans ce quartier se trouvent : Véglise, les postes et télégraphes^ la sous-préfecture, le palais de justice, et, rue d'Oran, V école arabe- française avec le cours d'apprentissage d'indigènes.

De là, si Ton sort de la ville par idi' porte du Nord, on trouvera, à 10 min. à g., un fragment de l'ancien rempart berbère : c'est Bab El Karmadine, la porte des tuiliers.

Revenant à la place de la Mairie, on se dirigera par la rue Mouïlah, à l'angle S.-E., vers la place des Victoires; au milieu, reproduction de la Diane de Gabies.

Au N.-E. de la place de la Mairie se trouve un intéressant quartier indigène, commerçant et industrieux. Prendre la rue de Mascara. A g., après le n*" 39, petite place, reste de l'ancienne Kisaria, centre des affaires du vieux Tlemcen. Un marché couvert a été construit dans la partie haute; des maisons européennes s'élèvent entre ce marché et la place Bugeaud. Plus bas, dans la rue de l'Huilerie, qui s'en détache à g., pittoresques échoppes des pileurs de café. Plus loin, à l'angle de la rue de Mascara (à dr.) et de l'impasse Derb El Msoufa, mosquée de Sidi Snoussi. A g., à peu près en face de Sidi Snoussi, dans une ruelle entre la rue de Mascara et la rue Khaldoun, Hammam es Sebbaghine, bains des teinturiers.

Après avoir parcouru ce quartier, on franchira l'enceinte par la porte de V Abattoir, on suivra un chemin à g. le long du rempart (sur la dr., mosquée en ruines de Sidi Lahsen, du xv*' s.), on passera sous la ligne du ch. de fer, puis on ira visiter, en contre-bas du rempart et de la voie ferrée, la mosquée de Sidi El Haloui (modique rétribution au gardien). Le petit bâtiment, qui recouvre la pierre tumulaire sans inscription de Sidi El Haloui, s'élève sur un tertre qu'ombrage un caroubier. Plus bas, se trouve la mosquée. La façade, fort endommagée, a été restaurée. On remarquera le bel auvent en bois sculpté.

La salle de prière, de 17 m. 50 sur 13 m. 50, est divisée en 5 nefs de 4 travées. Les arcs brisés outrepassés des 3 premières travées sont supportés par 8 magnifiques colonnes en onyx, dont les chapiteaux appartiennent au style hispano-mauresque le plus pur. Les ^.rabesques des

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murs présentent un décor très riche. Le plafond en bois de cèdre sculpté a été refait d'après les vestiges de l'ancien plafond, qui ont été déposés au musée. Le minaret est décoré de compartiments dans lesquels sont ménagées d'élégantes arcades faiencées; escalier de 80 marches. — Près de la mosquée, latrines dont la porte est abritée par un joli auvent en bois sculpté.

Environs. — A 2 k. S.-E., promenade recommandée au pittoresque village de Bou Médine. On y visitera la koubba et surtout la ^mosquée construite en 1339 : porche monumental à mosaïques, porte à vantaux recouverts de bronzes ciselés, coupole à alvéoles, belle porte en bois de . cèdre, élégant minaret richement décoré; à Tintérieur, dans la salle de prière, beaux revêtements de plâtre. Contiguë à la mosquée, la médersa (université musulmane) est de la môme époque.

2° A 2 k. 6 O., Nansoura est le complément indispensable de la visite de Tlemcen : on peut s'y rendre par le ch. de fer en 15 min. ( V. cidessous). C'est un petit village qui a succédé à la ville créée par Abou Yakoub en 1302. Il ne reste debout qu'une partie des remparts qui otïrent au N. et à l'O. un aspect imposant, et le minaret de la mosquée, situé sur iin mamelon, et haut de 40 m.

Au. DELA DE Tlemcen, la voie, contournant la ville, passe entre le rempart et Sidi El Haloui. Plus loin, elle longe à faible distance les vestiges de l'enceinte de Mansoura, à g. — 169 k. Mansoura (F. ci-dessus), station au N.-O. des ruines, à 500 m. env. du minaret et à 1,200 m. du village. On s'engage ensuite dans la montagne ; tunnel. — 17G k. Aïn Douz; la ligne court à flanc de coteau. — 179 k. Zelboun. Côurbe très accentuée au S. pour franchir, en la contournant par l'amont, la vallée de l'oued Zitoun.

196 k. Tarenne, à 620 m. d'alt. Région boisée et pittoresque dépendant de la forêt d'Hafir, On franchit l'oued Ksob sur un pont de 120 m., à 33 m. au-dessus de la rivière, puis la Tafna sur un pont de 145 m. — 212 k. Sidi Medjahed, smala de spahis. La voie prend la direction M.-O.; pont sur l'oued Ouamane, puis tunnel et viaduc sur l'oued Tralimet. Un canal longe bientôt la dr. de la voie : son eau sert à l'irrigation de terrains dans la plaine de Marnia. — 216 k. Tralimet. On descend sur la plaine de Marnia.

225 k. Lalla Marnia (hôt. : de France, 42 ch., omn., gar. ; de la Renaissance), petite ville de 4,000 hab., dont 2,000 européens, en territoire militaire (bureau arabe), à 360 m. d'alt., dans une vaste plaine qu'arrosent des canaux dérivés de la Tafna et de la Mouïlah. Marché important le dimanche. Sur la place, monument élevé à la mémoire des soldats morts au cours des opérations dans les Beni Snassene en 1859, 1907 et 1908.

235 k, Zoudj El Beghal, dernière station à la frontière marocaine.

263 k. Oudjda (p. 252).

OUDJDA

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