‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 99 sur 153 · Les groHes de JÇifane El Ghomari ef la nécropole · texte numérisé non relu

Les groHes de JÇifane El Ghomari ef la nécropole

Ces grottes, qui se trouvent au pied du camp Lacroix, peuvent être visitées aussi au cours de l'itinéraire précédent, après le Bestioun.

Les *grottes de Kifane El Ghomari comprennent une première salle, aux parois lisses, une deuxième salle à stalactites séparée de la précédente par des piliers, et une troisième salle, à 4 m. en contre-bas, décorée de très belles stalactites naturelles. Explorées en 1916 par le lieutenant Gampardou, elles ont fourni de précieux renseignements sur la préhistoire locale : ossements d'hommes et d'animaux préhistoriques et outils et objets de l'âge de la pierre. Les objets trouvés dans les fouilles sont réunis au musée de la médersa (p. 239).

Toute la falaise abrupte de Taza est une ancienne nécropole. On visitera surtout la région qui s'étend au N. des grottes. Taillée en gradins, par endroits encore très apparents, elle a reçu, sur les marches plates, des tombes en quantités innombrables. Des hypogées et des chambres sépulcrales ont été creusés dans les pans verticaux. Des recherches récemment faites, il résulte que ces sépultures ont été malheureusement violées au cours des temps ; les fouilles ont toutefois mis au jour une documentation intéressante.

MAROC

ËNVÎRONS DE TAZA,

jy. — Le cimetière.

Le cimetière s'étend au S. de Bab Guebour, sur le plateau dénudé qui relie Taza à la montagne. Il renferme les koubhas de Sidi Mohammed Bel Hadj et Sîdi El Hadj Ali Ibn Barri, qui fut un poète musulman du xiii* s., originaire des Tsoul, et habitait Taza. Son mausolée (voir à l'intérieur une jolie inscription sculptée sur bois), restauré sous Moulay Ismail, se trouve sur le chemin des Ghiata^ qui passait sous une ancienne porte percée dans une enceinte actuellement disparue, et dont on aperçoit encore quelques ves-tiges.

De Taza a Fts, p. 232; — a Oudjda, p. 262.

Taza promet de devenir un des centres d'excursions les plus remarquables du Maroc lorsque sera terminée l'œuvre de pacification. Au N. et au S. s'élèvent de hautes montagnes que séparent des ravins profondément découpés et qu'habitent des populations berbères aux mœurs primitives et curieuses, jamais' soumises. Pour le moment, on ne peut songer à y pénétrer; seule l'excursion du col de Touahar est possible (très recommandée).

Col de Touahar.

24 k. 0. — Ch. de fer militaire; 2 serv. quotidiens; 1 fr. 20 et 3 fr. 60. Ce tronçon de ligne a été construit en dix mois, de septembre 1916 à juillet 1917 jusqu'à Bab Merzouka; il a atteint le col de Touahar le il juillet 1918. Les travaux sont poussés très activement dans la direction de Fès, par la vallée de l'Innaouene.

Au sortir de la gare, vue au S.-E. sur le camp Girardot et sur la ville. Pont sur l'oued Taza. — La ligne traverse des terrains argileux, descend dans la vallée de l'oued Innaouene qu'elle traverse une première fois. — Pont sur l'oued Haddar, véritable torrent qui grossit en quelques minutes au moment des pluies. Les montagnes des Tsoul s'élèvent à dr. ; à g. sommet du Kern Nesrani et monts des Beni Oujjane, dont le Tazekka (1,987 m. d'alt.) couronné de cèdres. — Nouveau pont sur l'Innaouene, dont le tablier recevra également la chaussée de la route Taza-Fès.

13 k. Bab Merzouka, gare au pied d'un poste fortifié créé en 1914 et en face d'un blokhaus de protection. La vallée de l'Innaouene s'élargit en aval de la gare, formant un cirque large et pittoresque fermé à TO. par un barrage naturel qu'on franchit au col de Touahar. — A l'origine, ce cirque devait être un ancien lac dont les eaux sont parvenues à se frayer un chemin dans la *gorge, immense et sauvage, de 400 m. de profondeur, comprise entre le col de Touahar et les pentes à pic des Ahel El Oued.

La région est très fertile. Le trik es soltane, « la route impériale », la parcourt d'E. en 0. Une route en construction suit cette ancienne voie.

Après Bab Merzouka, la voie ferrée escalade les pentes en décrivant plusieurs lacets.

24 k. Col de Touahar, sur des terrains schisteux, que défendent des postes fortifiés construits sur les sommets voisins.

Histoire. — Commandé par le général Aubert, le groupe mobile de Taza put installer, en 1917, après de vifs combats, les postes de Touahar et de Sidi Mrirt destinés à assurer la tranquillité sur la rive g. de l'Innaouene et à protéger les chantiers chargés de la construction de la ligne de ch. de fer et de la route de Taza-Fès.

La *vue est admirable de tous côtés : au N. sur les montagnes des Tsoul; à l'E. sur le cirque du haut Innaouene; au S. sur les pentes à pic des Ahel El Oued, peuplées de villages nombreux, bien cultivées (oliviers, grenadiers, vignes) et très boisées; à rO. sur le bas Innaouene, dont la vallée s'élargit et laisse voir la kasba des Beni Mgara au premier plan et, à l'horizon, le Zalagh (p. 227, 2°) le Taghat (p. 228, 4°) et même le Zerhoun (p. 193).

De Taza à Bab Moroudj.

38 k. N. — Piste autocyclablc en été, très mauvaise en hiver.

5 k. Gué de l'oued Bou Ladjeraf. La piste remonte ensuite la vallée fertile de l'oued Larbaa. — 12 k. Meknassa Foukania (p. 235).

20 k. Aïn Bou Kellal, camp annexe, sur l'oued Larbaa. — 22 k. Village des Lahlah. — 25 k. Village Ahmarouch et marabout de Sidi Abd Allah. — 32 k. Col de Bab Djenane.

38 k. Bab Moroudj, poste militaire auprès de sources nombreuses.

De Bab Moroudj a Camp Desroches, p. 234,

De Taza à la Baie de Hadjrat En Nokour.

60 k. N. — Piste carrossable en été jusqu'à (70 k.) Souk El Tnine d'Azrou, muletière sur le reste du trajet, en zone espagnole, et peu sûre.

20 k. de Taza à Aïn Bou Kellal (V. ci-dessus). — La piste passe de la vallée de l'oued Termas dans celle de l'oued Broun par un col d'accès facile, traversant ainsi les territoires Gueznaia et Djeberna, laissant à l'E. les Ouled Hammou Ben Ameur.

40 k. Souk El Had des Gueznaia, marché du dimanche, à proximité des villages des Gheurfas de Sidi Yakoub et de Djeberna. La piste suit le cours de l'oued Msoun (p. 267), encaissé entre deux montagnes.

70 k. Souk Et Tnine d^Azrou, point d'eau, jardins, vergers et cultures riches dominés par le Djebel Azrou, au sommet duquel se trouvent quelques dchour des Gueznaia (fraction du cheikh

Aberkane Ou Ghellah). — La piste suit l'oued Azrou et le traverse par un gué facile.

85 k. Sidi Ali Boa Rekha, marabout et zaouïa des Ouled Sidi Yakoub de Rechida, dans une région très boisée. — La piste traverse ensuite l'oued Beni Touzine et suit une gada peu élevée.

105 k. Souk Et Tléta d'Azlaf, marché du mardi très fréquenté par les Rifains, les Metalsa et les Gueztiaia. A proximité et à l'O., se dresse le Djebel des Beni Melloul, aux flancs boisés et garnis de dchour des Beni Touzine. — Le pays est montagneux et la piste est très accidentée.

125 k. Sidi Bou Djedaïne, marabout et zaouïa des chérifs idrissides des Ouled Sidi Bou Djedaïne, auprès d'un grand nombre de dchour dont les habitants, les Beni Touzine, sont les serviteurs des chérifs. — 130 k. Gué de l'oued Nokour, après lequel la piste se développe en terrain plat et devient carrossable. A partir de ce point, Toued Nokour prend le nom d'oued Adjir jusqu'à son embouchure.

160 k. Baie d'Alhucemas (p. 317), à l'embouchure de l'oued Adjir. Dans la baie, émergent les îles d'Alhucemas, sur l'une desquelles est bâtie Hadjrat En Nokour (p. 317). Sur la côte se trouvent les dchour des Tensamane et des Beni Ouriaghel, pourvus de nombreux moulins à eau. Les cultures sont très riches et l'amandier domine dans les vergers.

TJ{OJSJEME SECTJOJ\ LE MAROC ORIENTAL

Le Maroc Oriental a pour limites : à TE. la frontière algérienne; au N. la Méditerranée; à l'O. la Moulouya, le grand fleuve qui le sépare du Rif et du Moyen Atlas, le Haut Atlas; au S. le Sahara. Ses dimensions moyennes sont 500 k. du N. au S. et 200 k. de TE. à TO. 11 comprend une région nord avec l'Amalat d'Oudjda et une immense région sud avec les centres épars du Figuig, de Bou Anane, de Bou Denib, Tendrara, Metarka, Rich, Ksar Es Souk.

Le contrôle de l'administration est exercé par un haut commissaire français et un haut commissaire chériflen, qui résident à Oudjda et ressortissent de la Résidence Générale de Rabat.

La colonisation européenne s'est rapidement développée dans la région N. depuis 1908. Les villages de Martimprey et de Berkane, de création récente, ont parfeiitement réussi. Dans la région S., non loin de laquelle aboutit la ligne de chemin de fer d'Oran à Colomb Béchar, les transactions commerciales ont une certaine activité.

Histoire. — L'occupation d'Oudjda fut décidée à la suite de l'agitation anti-française entretenue dans le peuple marocain après l'assassinat du docteur Mauchamp à Marrakech (19 mars 1907). Elle fut réalisée par le général Lyautey le 29 mars. Une certaine effervescence s'étant produite ensuite dans le massif des Beni Snassene, celui-ci fut occupé à la fin de 1901 et l'influence française s'étendit ensuite dans tout l'amalat d'Oudjda. En 1912, nous étions autorisés à établir notre action jusqu'au delà de la Moulouya et atteignions Msoun en 1913, puis Taza en 1914, époque à laquelle s'opéra la jonction des troupes du Maroc oriental avec celles du Maroc occidental.

En 1917, nos opérations aboutissent à la fondation du poste d'Outat El Hadj, sur la Moulouya, et à la jonction, à Misour, des troupes de la région N. et de celles de la région S. du Maroc occidental (Bou Denib). La même année, ces dernières opèrent également leur jonction avec les troupes venues de Meknès.

Bibliographie : — Les Confins Algéro-Marocains, par Aug. Bernard (Paris, 1911) ; — Oudjda et VAmalat, par Voinot (Oran, 1912) ; — Le pays des Haouara, par Lafaye (Bulletin de la Société de Géographie d'Alger, Alger, 1913.) ^ - ^

Chemin de fer : réseau de l'Ouest-Algérien, 253 k. en 10 h. env. ; 39 fr. 70, 26 fr. 80, 17 fr. 55. — Nous ne donnons ici qu'une description sommaire; pour plus de détails on consultera le Guide Bleu : Algérie-Tunisie.

Route : 261 k. — route nat. 6 jusqu'à Sainte-Bar be-du-Tlélat, puis prendre à dr. une route parallèle au tracé de la voie ferrée jusqu'à Sidi-Bel- Abbès; route nat. 7 par Tassin, Aïn Tellout et (174 k.) Tlemcen, où l'on accède par des rampes longues mais assez douces; 182 k. col du Juif, d'où l'on descend par des déclivités de 4 0/0 sur l'oued Zitoun; 233 k. Lalla Marnia; 243 k. frontière marocaine; 261 k. Oudjda.

On suit la grande ligne d'Alger qui contourne Oran à dr. et traverse les plaines du Figuier et du Tlélat. — 27 k. Sainte- Barbe-du-Tlélat, gros bourg de 2,300 hab.

La ligne, se détachant à dr. de la ligne d'Oran à Alger, quitte bientôt la plaine pour s'élever à travers une région ondulée, découverte et bien cultivée (céréales et vignobles). — 33 k. Saint-Lucien. — La voie longe, en suivant le Tlélat, les pentes inférieures du Djebel Tafaraoui (726 m.), qui fait partie de la chaîne du Tessala. — 40 k. On aperçoit à g. le barrage du Tlélat, — On franchit le col des Ouled Ali. — 55 k. Oued Imbert. — 63 k. Les Trembles, village au confluent de l'oued Sarno et de la Mékerra.

La voie franchit l'oued Sarno. On entre dans la plaine de Bel-Abbès, qu'on traverse en remontant la vallée de la Mékerra.

69 k. Prudon ou Sidi Brahim.

79 k. Sidi-bel-Abbès (bufl'et; hôt. : Continental et d'Orient, 50 ch. ; des Voyageurs; Nouvel Hôtel, meublé), ville de 27,000 hab.,. dont 19,000 européens, parmi lesquels beaucoup d'espagnols, 1,500 israélites, 6,500 indigènes et ch.-l. d'un arrond. de 107,000 hab., est situé, à 500 m. d'alt., au centre d'une vaste et belle plaine arrosée par la Mékerra, au S.-E. du Tessala.

Bel-Abbès, qui a la forme d'un rectangle, découpé par des rues en damier, n'a aucun caractère. Joli jardin public en dehors de l'enceinte, à dr. de la porte de Tlemcen. On y voit une sculpture de A. Maillard figurant la chute d'Icare. Faubourgs étendus,, dont la population est à peu près exclusivement espagnole.

On traverse, en remontant la Mékerra, une plaine bien cul-, tivée, dont la population est plus qu'à moitié européenne; nombreuses exploitations agricoles. — 85 k. Détrie ou Sidi Lhdssen. — 91 k. Palissy ou Sidi Khaled. — 98 k. Bou Khanejls, a proximité d'un pénitencier agricole indigène.

102 k. Tabia, sur un plateau de landes; embranchement de 77 k. pour Bedeau et Grampel. — La ligne incline à l'O., pour suivre la lisière N. du massif de Tlemcen,* qu'on aperçoit à g. — 115 k. Tajjamane.

122 k. Descartes. — Le pays devient accidenté; des brous-

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