SIDI AÏSSA. — EL AÏOUN
vage de troupeaux vivant dans des peuplements d^armoise, s'abritent sous des tentes grises rayées de noir.
46 k. 8. Bon Redim, halte. Quelques arbres (pistachiers-térébinthes) et quelques cultures. La ligne franchit les oueds Ras Haf et Ras Bourdiou, affluents du Bou Redim.
62 k. El Aïoun (auberge), gare au voisinage d'un centre de 1,000 hab. env., dont 150 européens. La population indigène est surtout groupée dans la kasba, enceinte rectangulaire aux murs crénelés et bastionnés, construite par Moulay Ismail et restaurée en 1876 par Moulay El Hassane qui y installa une garnison destinée à garder le « trik es soltane ». Au N. de la gare^ des sources abondantes « El Aïoun >» irriguent des jardins et des vergers de figuiers et en amont s'élèvent, dans un grand cimetière, la koubba de Sidi Melloukh ou Sidl Mellouk, ombragée de grands arbres, et la koubba de Sidi Bou Amama, qui prêcha autrefois contre la France. Au S. de la ligne se dresse le camp.
— Marché, le mardi, de céréales et de bestiaux.
D'EL AIOUN A BOU HOORIA (23 k. 5 N.-E. ; pisto autocyclable). — 3 k. 5. Oued Bou Redim, gué facile. — 9 k. Col de Chouala, où la route se resserre. — 23 k. 5. Bou Honria (p. 258).
D'EL AIOUN A TAFORALT (30 k. N.-E. ; pisto muletière). — 5 k. b. Oued Bou Redim, guéable. — 12 k. 5. Kouhba de Sidi Moliammed Ou Yahia.
— 15 k. 5. Ber Roumenne, village à 1 k. à FO. — 22 k. 5. Marabout de Sidi Saada. — 24 k. Berdil, village. — 30 k. Taforalt (p. 258).
D'EL AIOUN A OULED SAID (20 k. N. ; pisto muletière difiicile, en pays peu sûr). — Le terrain est d'abord ondulé, puis montagneux. La piste passe entre le Djebel Tanebdourt et le Djebel Bou Youssof, sur le territoire des Beni Mahiou. — 20 k. Ouled Saïd^ village kabyle.
D'EL AIOUN A MOUL EL BACHA (40 k. O. ; pisto autocyclable). - 10 k. Irsane [V. ci-dessous). — 16 k. Marabout de Sidi Okba, après lequel on passe dans une région de pistacliiors-térchintlies. — 23 k. Moulay Taïeb, poste militaire et redoute sur l'oued Ksob. A 500 m. N., /aouïa de Sidi Mokhtar Ould Moulay Taïeb. A 1 k. S., kasba des Sedjaa. A 1 k. 5 N., marché du vendredi. — 27 k. Col, puis descente assez rapide. — 28 k. Gisements de plâtre. — 40 k. Moul El Bâcha (p. 265).
D'EL AIOUN A TINNTABOURT (31 k. S.-E. ; piste autocyclable dans la plaine des Angad). — 16 k. Bouquet de betoum. — 31 k, Aïn Tinniabourt, point d'eau.
D'EL AIOUN A AIN MKHAMER (35 k. S.-E. ; piste muletière). — 33 k. Ferme Krauss. — 35 k. Aïn Mkhamer, point d'eau.
D'EL AIOUN A AIN AYAT (38 k. S.; piste muletière traversant le territoire de la tribu des Ouled El Hassene). — 13 k. Marabout de Sidi Bou Knadel. — 28 k. Dar Hommada \ sur une hauteur à l'O., ancienne kasba. — 38 k. Aïn Ayat^ point d'eau.
La ligne descend en pente assez accentuée dans la plaine qui se rétrécit, et qui est plus ravinée. — 71 k. Poste de l'oued Irsane,
78 k. 2. Semouna Bérard, station dans le col du Takrount. Le nom de Bérard donné à ce point est celui de l'officier qui construisit la voie ferrée et qui fut tué en Champagne en 1915.
264 — [34] DVUDJDA A TAZA,
— La région est mamelonnée et ravinée par les oueds Laoura, Metlil et Ech Gheboub.
91 k. Mestigmeur, gare et poste militaire au milieu de terres à orge. Bientôt après les cultures disparaissent : c'est le pays de l'armoise et de l'alfa. — 100 k. SJicif, poste militaire. Les oueds de la région sont- des affluents de la Moulouya, A l'O. apparaît l'arête rocheuse de Taourirt que couronne un poste de T. S. F. — 108 k. Pont sur l'oued Za, à 363 m. d'alt., de 135 m. de long.
110 k. Taourirt (hôt. Hérissé, 13 ch. à 3.50, pet. déj. 0.50, çep. 3, gar.), centre prospère créé en 1911 sur la rive g. de l'oued Za, de 1,650 hab., dont 325 européens; marché le lundi, très fréquenté.
Histoire. — Eq raison de sa situation au croisement des routes d'Algérie au Maroc et de Melilla à Sidjilmassa, Taourirt a joué un rôle important dans l'histoire du Maghreb. Dans les luttes entre Mérinides et Abd El Ouadites, la vallée du Za fut souvent considérée comme frontière des Etats et Taourirt disputée avec acharnement. Dès qu'Abou Yakoub en fut possesseur, il dota la ville d'une enceinte et son fils Abou Saïd en compléta les fortifications (xiv« s.)
Le village, à l'E. de la voie ferrée, a ses rues droites, perpendiculaires et larges. Il est doté d'une église, d'une mosquée et d'une synagogue. A l'O. de la voie, se trouvent la gare, entourée d'une enceinte, et le camp, au pied d'une crête rocheuse sur laquelle est installée la T. S. F. Le long de l'oued Za s'étendent de beaux jardins maraîchers irrigués par une séguia.
A 2 k. 0. du centre, une ancienne kasb a, aujourd'hui en ruines, s'élève au milieu de petites garas, dans un site pittoresque; elle constitue un agréable but de promenade. A l'intérieur, un bâtiment de construction relativement récente servait aux Kerarma à emmagasiner leurs grains.
Environs. — En dehors de la courte promenade de l'ancienne kasba, on peut faire autour de Taourirt quelques excursions au N. vers la Moulouya et au S. vers l'oued Za ; nous signalons ci-après les plus intéressantes.
1° Cascade de Toued Za et Camp Bepteaux (17 et 23 k. N.-O. ; piste aménagée; recommandé). — 3 k. A quelques centaines de m. à g., tombes des militaires tués à Moul El Bâcha (12 juillet 1910), près du premier camp de la colonne de Taourirt. — 11k. Var El Kadi, kasba inhabitée. — 13 k. Cascade de l'oued Za à 400 m. à g. — 17 k. Cascade des Ouled Ichou, fraction des Larbaa; en face, maison du caïd des Larbaa. — 20 k. Kasba et douar des Beni Oukil Ouled Ali. — 23 k. Camp lîerteaux, poste militaire retranché, au confluent de l'oued Za et de la Moulouya.
On peut encore atteindre Camp Berteaux par une piste muletière qui, du k. 5 au k. 13, longe les pentes N. du massif du Bon Mazouz, raviné et difficile à parcourir.
De Camp Berteaux, on peut joindre Moul El Bâcha (14 k. S.-O.) par une piste autocyclable remontant la vallée de la Moulouya, dont les rives sont bordées de tamaris.
TAOUIURT, — DEBDOU, [34] — 265
2*> Moul El Bâcha (-23 k. N. ; piste assez bonne, sauf entre les k. 2 et 4 et les k. 11 et 15, où elle franchi.t, plusieurs oueds encaissés; communications établies par convois périodiques ; autorisation nécessaire), poste militaire retranché sur un mamelon qui domine la rive dr. de la Moulouya, au confluent de l'oued El Assas, à proximité de la koubba du marabout de même nom.
De Moul El Bâcha à Camp Berteaux, V. ci-dessus, 1°.
3° Gorges de l'oued Za et mines de Narguechoum (10 et 12 k.
S.-E. ; piste). — On remonte la vallée de l'oued Za qui se resserre brusquement à (9 k. 8) Dar Bon Khechab jusqu'à (24 k.) Dar Bon Aounou.
De Dar Bou Khechab, on peut se rendre sur l'emplacement de vieilles ruines sur la rive g., et aux mines de Narguechoum, qui renferment du minerai de manganèse, dont les gisements s'alignent de l'O. à l'E. jusqu'au Djebel Masseur(S. d'Oudjda). L'épaisseur des couches, assez mince, varie de 0 m. 30 à 1 m. La ténacité du minerai est de 50 0/0, sans soufre et sans phosphore. L'exploitation actuelle fournit de 2 à 3,000 tonnes par mois.
La piste, qui remonte le long de l'oued, passe par (30 k.) Zaouïa Ksar Séria et aboutit à (49 k.) Bhoress, qu'on peut encore atteindre de Taourirt soit par le S. du Narguechoum et (27 k.) Aïn Abeïda, soit par la plaine de Tafrata et (28 k.) Sba Ed Dib.
4° Debdou (53 k. S.; piste aménagée autocyclable par beau temps; serv. d'autos-camions ; s'informer au bureau des Etapes, à la gare de Taourirt). — Le pays est d'abord légèrement accidenté. — 3 k. ^. El H ami r et, hauteurs dominant la piste. — 15 k. 5. Hassiane El Ihoudi. On entre dans la plaine de Tafrata, sensiblement plate. — 28 k. Ersaf, caravansérail et puits de 56 m. de profondeur. — 41 k. Foum El Oued, dont l'entrée est marquée à g. par la kasba des Ouled Ounane et à dr. par le village de Flouche. — On, remonte l'oued Debdou, aux rives garnies de lauriers-roses, qui ont à cet endroit la taille de vrais arbres et fleurissent presque en toute saison. Douze ksour sont pittoresquement assis sur les pentes de la vallée.
53 k. Debdou (rest.), au pied du flanc droit de la vallée de l'oued Debdou, vallée en cul-de-sac, qui s'élève en muraille perpendiculaire à 80 m. au dessus du fond; peuplé de 500 musulmans et de 2,000 Israélites, il est surtout un bourg juif, qui se compose d'env. 400 maisons en pisé sans mur d'enceinte. Les quartiers arabes entourent le mellah. Marché le mercredi.
Debdou fut longtemps le siège d'un royaume indépendant. D'après Marmol, il aurait été bâti par les Mérinides. Ce fut d'abord une simple forteresse. Lorsque les Beni Ouattas eurent pris possession du pouvoir, les habitants de la région avoisinante essayèrent en vain de le ruiner. Ses chefs surent le conserver et lui assurer une certaine prospérité. Le poste actuel, qui commande les plateaux sahariens, a été un centre important d'action sur la Moyenne Moulouya, qui fut atteinte à Ouled El Hadj, le 6 juin 1917, par une reconnaissance du Colonel Doury. L'occupation de Debdou, qui remonte à 1911, fut consécutive à l'assassinat d'un Français.
Un village européen d'une dizaine de maisons abrite les colons et la troupe.
Sur un plateau voisin s'élève une vieille forteresse, la kasba du caïd Ghomriche, enceinte très curieuse, juchée sur un promontoire et bordée d'un profond fossé du côté de la montagne. Au-dessus, se dresse la gada ou plateau, qu'on atteint par une route (4 k.) à pente dure, mais autocyclable, décrivant de nombreux lacets.
Les environs sont couverts de jardins et de plantations de vignes, et la région est très giboyeuse. La source de l'oued Debdou est très intéressante surtout le samedi.
2«6 — [34] , DVUDJDA A TAZA.
De Debdou a Matarka (83 k. S.-E. ; piste autocyclable). — 13 k. Source de la gada. — 43 k. Oued KJierikhat. — 83 k. Matarka (p. 261). De Debdou a Berguent, p. 261.
5° Outat El Hadj (122 k. env. ; piste"). — On gravit la montagne pour atteindre la gada, d'une altitude supérieure de 600 m. à celle du village. — 11 k. Aïn El Anech, source. — 14 k. Forêt de chênes verts.
20 k. El Ateuf\ poste militaire. La piste suit l'oued pendant 5 k. ~ 32 k. Oued Taga. — 45 k. Tin:;il, hauteur à l'E. en forme de chapeau chinois avéc un arbre au sommet. — 52 k. Quesmir, puits. — 68 k. Oued Zérouillet, au fond sableux.
80 k. Bouloutnne, poste créé en 1917. La piste devient mauvaise, suit l'oued Bouloutane, à sec presque toute Tannée, et s'engage dans un étranglement pendant plusieurs kilomètres. Elle traverse plus loin une plaine sablonneuse offrant un passage difficile. — 103 k. Oued Reggouine, en avant duquel une piste conduit à (16 k.) Aïn Fritissa.
110 k. Tissaf, ancien poste militaire. — 117 k. Oued El Haïmeur, à fond sableux.
122 k. Outat Ouled El Hadj, poste militaire sur la rive dr. de la Moulouya. •
Au SORTIR DE Taourirt, la voie ferrée traverse une région ravinée par une multitude de petits affluents de l'oued Za, puis dë la Moulouya. — 124 k. 3. Chréia, halte au pied d'un monticule que commande un poste, dans une région d'alfa. — 131 k. Gouititir, station. Rampe accentuée puis descente. On est en plaine de Tafrata, inculte et garnie d'armoise, riche en gazelles. Au S., s'élève la gada de Debdou (p. 265). — 138 k. El Aghreb, station. — 141 k. 5. Grand pont sur l'oued Telagh, auprès d'un poste. Cejlet, station.
De Ceflet, un embranchement de voie ferrée est en construction ; il reliera, à la ligne principale, (40 k. 5) Mahiridja^ poste créé en 1913 et la haute vallée de la Moulouya par Aïn Gvtcttara, Zerzaïa, Tissaf{V. cidessus, 5°), Outat Ouled El Hadj ( V. ci-dessus, 5°), Touggour^ Missour, Ouizert et Kasbat El Makhzen (p. 198).
A quelque distance au N., Jierarfa, ancien camp et ancien village actuellement abandonnés. Merada était relié à la voie ferrée par le rail ; il n'en reste plus que l'infrastructure. On y voit encore des vestiges de murailles en pisé remontant probablement au xviii® s.
La voie atteint la vallée de la Moulouya, qu'elle traverse (155 k.) sur un pont mixte en béton de 125 m. de long, à Dar El Kdid, village indigène sur la rive g., à l'altitude la plus faible du parcours (159 m.).
La Moulouya, « la sinueuse >», a un lit de près de 150 m. de large, mais coule généralement sur 50 m. entre des rives verdoyantes où abondent les tamaris. Elle est alimentée par la fonte des neiges du Djebel Aiachi. De tous temps, aussi bien dans l'antiquité qu'au moyen âge arabe et berbère et qu'à l'époque moderne, la Moulouya a été considérée comme la limite du Maghreb El Aksa (Maroc) et du Maghreb El Ouesti (Algérie).
163 k. Guercif (hôt. modestes : de la Gare et Jacquin), petit centre de colonisation et poste militaire à dr.de la ligne, au confluent de l'oued Melellou et de la Moulouya, sur les terrains
GUERCIF. — MSOUN.
de campement d'une fraction de la tribu des Ouled Messaoud.
Grâce à son débit constant et régulier, à sa pente suffisamment rapide, l'oued Melellou permettrait l'irrigation de la plaine des Beni Bou Yahi et de la rive g-, de la Moulouya; la région aurait donc quelque avenir agricole.
Histoire. — Du bourg florissant que l'on y voyait au temps d'El Bekri, il ne reste que quelques pans de mur. C'est à Guercif que fut détruite, par l'émir mérinido Abou Yahia, ce qui restait de l'armée almohade. La kasba, élevée au xviii'^ s. sur l'emplacement de l'enceinte bâtie en 1321 par le mérinide Abou Saïd, qui lui-même avait construit sur les ruines de l'ancien ribat ou couvent fondé, d'après Ibn Khaldoun, par les Meknassa vers l'an 900, n'a laissé que quelques vestiges. — D'après Marmol, Guercif serait l'antique Galafa de Ptoléméc.
La ligne remonte pendant quelque temps la vallée de l'oued Melellou. — 171 k. Poste d'El Mizenn.
180 k. Safsafat, station dans la plaine d'El Aricha^ peu cultivée mais couverte de pâturages propres à Pélevage des ovins. — 191 k. El Guetta/, station. On se rapproche de l'oued Msoun. La plaine est bornée au N. par la chaîne des Beni Bou Yahi, au S. par le Sakfaouat, dont on aperçoit le sommet dentelé.
200 k. Nsoun, gare protégée par une enceinte à créneaux et à meurtrières, et poste militaire important sur la rive g. de l'oued Msoun, que l'on traverse sur une longue passerelle en bois. La kasba qui abrite nos troupes est due à Moulay Ismail.
Msoun possède de vastes silos qui gardent les récoltes et les provisions de l'importante tribu des Haouara, qui nomadise depuis le S.-E. de Guercif jusqu'au N.-O. de Msoun en traversant les plaines de Tafrata (p. 266), d'El Aricha(F. ci-dessus) et de Fahama (F. ci-dessous); cette tribu compte 20,000 hab. et possède 50,000 moutons et 8,000 chameaux. Toujours fidèle au Makhzen, elle s'est soumise dès le premier contact à l'autorité française et est devenue un précieux auxiliaire pour l'œuvre de pénétration. On lui prête de grandes vertus sociales : laborieuse et encline à l'entr'aide, elle entoure la vieillesse d'un respect tout particulier. '
IJoued Msoun, aux eaux très sales et non potables, coule entre deux berges ravinées hautes de 10 m. environ. Il vient des Gueznaïa et se jette dans la Moulouya au N. de Merada. C'est sur ses bords que se livra, en 833, la bataille où Moussa Ben Abou El Afia fut battu par les forces de l'idrisside Ibrahim, et après laquelle l'autorité fatimite fut momentanément rétablie dans le Maghreb.
La ligne continue son ascension jusqu'au (209 k.) col de Zhaza après lequel s'élève, à dr., la plaine de Fahanm, d'une altit. moyenne de 560 m. et d'une superficie de 240 k. carrés, la dernière vers l'O. qui ait les caractères des Hauts Plateaux oranais, stérile en été et se couvrant, après les pluies, d'une végétation herbacée alimentant les troupeaux des nomades. Quelques ghedirs, sortes de mares où séjourne l'eau du ciel, et quelques citernes ruinées datant de Moulay Ismail, y sont les