TANGER
Pour les relations avec la France, directes ou par l'Espagne, V. Voias d'accès (p. 56), et le Guide Bleu : Espagne et Portugal.
Embarqup:ment et débarquement. — L'embarquement et le débarque ment se font au warf (droit de péage 20 c.) par l'intermédiaire de canots automobiles qui assurent le service entre le warf et les paquebots qui ancrent au large (prix modérés par beau temps, doublés par mauvais temps).
Emploi du temps. — Le touriste qui ne fera qu'une escale à Tanger pourra voir l'essentiel en 2 h.; il montera, par la rue de la Marine (p. 293), le Petit-Socco (p. 293) et la rue Ez Ziaguine (p. 293), au Grand- Socco (p. 292); de là, il se rendra, par la rue du Télégraphe-Anglais (p. 294) à la Kasba (p. 294) d'où il redescendra, par la rue de la Kasba et
MAROC
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la rue de la Marine, au port (p. 294). — Une journée suffit pour voir Tanger, ville arabe et quartiers européens; mais il sera préférable d'y consacrer 2 j., et môme davantage, afin de faire des excursions aux environs, notamment au cap Spartel et à Cherf El Akab.
TANGER (en arabe : Tandja\ ethu. : Tandjaoui) est une ville située à l'extrême N. du Maroc, au bord 0. de la dernière grande baie de la Méditerranée, longue de 6 k. et profonde de 2, sur le détroit de Gibraltar et à 10 k. de la côte atlantique.
Sa population, très cosmopolite, compte 50,000 hab., dont 30,000 musulmans, 12,000 juifs, 6,000 espagnols, 1,800 français et 200 autres européens. Elle est le séjour du corps diplomatique depuis la fin du xvni* s.
Construite en amphithéâtre, Tanger, vue de la mer, a un aspect des plus pittoresques avec ses maisons blanches à terrasses, ses minarets polychromes, sa ceinture de vieilles murailles, sa kasba qui se dresse au point le plus élevé de la ville arabe, son cadre très étendu de maisons et de villas européennes cachées dans la verdure environnante.
Port d'accès le plus rapproché de l'Europe, point de départ prochain de la grande ligne de chemin de fer Tanger-Fès, future station estivale des Marocains et hivernale des Européens grâce à la douceur de son climat tempéré, Tanger est appelée à un brillant avenir.
Compagnies de navigation : — C'^
de Navigation Paquet, Petit- Socco ; C'^ Générale Transatlantique, Petit- Socco; Mazella et O^] Vapores Correos de Africa\ C'-' trasailantica; Bland Line; Boyal Mail.
Hôtels (sauf avis contraire, le vin n'est pas compris dans les tarifs ci-dessous) : — Villa de France (Davin; Pl. a A4), on haut du Grand-Socco, près des principales légations (70 ch. de 4 à 5 par pers. ; rop. 1.25, 4, 4.50 ; pens. de 12.50 à 20; jardins, téléph.); Continental (A.-C.
Parral; Pl. l> Cl), près du port (40 ch. de 6.25 à 10; rep. 1.50, 5, ô; pens. de 15 à 20, v. c. ; terrasse avec vue sur la mer, bains, salle de lecture, élect., téléph.; annexe à Mizpah, villa mauresque dans la montagne à 300 m. d'alt.) ; Bristol (Saccone; Pl. c B2), sur le Petit- Socco (25 ch. de 5 à 6; rep. 1.25, 4, 5 ; pens. de 12 à 18; électr., bains); Cecil (Chappory; Pl. dC4) sur la plage f80 ch. depuis 5; rep. 1.25, 4, 5; pens. depuis 12.50; électr., tennis, skating, omn.); Cavilla (H. Cavilla), Grand-Socco, Touring Club de France, de Belgique et d'Angleterre (26 ch. de 3 à 5 ; pet.
déj. 1, rep. 3.50; pens. de 8 à In électr., téléph., bains).
Restaurant : — Comte (chambres
Cafés : — au Petit-Socco.
Brasseries (avec cinéma et danses espagnoles); — Kursaal Français; Kursaal Espagnol; Impérial; tous ;i proximité du Petit-Socco.
Postes : — chérifienne, Grand Socco ; française, r. de la Légationd Kspagne ; anglaise, rue de la Marine; espagnole, Petit-Socco.
Télégraphes : — chérifiens, Grand- Socco; anglais, r. du Télégraphe- Anglais.
Banques : — d'Etat du Marm .
Petit-Socco; Algéro-Tunisienne, v.
du Télégraphe-Anglais; C*« Ahi>' rienne, r. Ez Ziaguine; Comme ciale; Crédit Foiicier d'Algérie et 2'unisie, Petit-Socco; Crédit Maw cain ; Société Générale ; British West Africa.
Voitures de place : — station au Grand-Socco; course simi)le dans l'intérieur de la ville 1 pcs. 50 espagnole ; l'heure 4 pes. esp. ; tarif double en dehors du périmètre de la ville.
Montures de louage : — station au Graud-Socco; — chevaux sellés ;
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la demi-journée 5 pes. ; la journée 10 pes.; mulets sellés : la demijournée 4 pes., la journée, 8 pes.; ânes bâtés : la demi-journée 2 pes. 50, Ja journée 5 pes.; 1 pes. 50 en sus avec selles fermières; conducteurs:
la demi-journée 2 pes., la journée 4 pes.
Automobiles publiques : — tarif double de celui des voitures attelées pour les courses en ville et dans le périmètre extérieur ; prix à débattre pour les excursions plus lointaines sur la base de 1 fr. à 1 fr. 50 le k., la distance étant calculée sur l'aller et le ret. ; s'adresser aux hôtels.
Services automobiles : — de Tanger à Rabat et Casablanca., serv.
régulier tous les 2 j. en bonne saison, 150 et 175 fr. la pl. ; serv. irrégulier de Tanger à Larache et Arzila (s'informer aux hôtels et au Grand-Soçco ; prix variables).
Garages : — Tangier Motor, boulevard Front-de-Mer; Porge et C®, Petit-Socco ; Faure; Gauzeleivitch; Gratelot.
Spectacles : — Théâtre espagnol Cervantes, près du chemin de la Plage -yPalmarium ; Casino français ; Casino espagnol; Impérial.
Journaux : — La Dépêche marocaine ; Revue française de Tanger.
Magasins : — Grands magasins modernes, r. Ez Ziaguine.
Photographie : — Benaioun, r. de la Poste-Française ; Bruzon ; Blanco.
Légations et Consulats : — les légations de France, ^'Angleterre et d Allemagne sont à proximité du Grand-Socco ; de Belgique, route du Cap Spartel; à.' Espagne, chemin de la Montagne ; des Etats- Unis d'Amérique.
Sociétés : — Foyer français, pour la vulgarisation et le rayonnement de l'idée française (bibliothèque, conférences et cours) ; Mission scientifique oJwilfaroc (bibliothèque scientifique), plateau du Marchan; Club diplomatique (polo, golf) àBoubane, près du nouveau cimetière ; Clubs de tennis, anglais, français, espagnol, en face de la légation d'Angleterre.
Histoire. — D'origine phénicienne, Tingis devient, à l'époque romaine, une colonie impériale très florissante dont on voit encore les ruines; capitale de la Maurétanie Tingitane, qui correspond au Nord du Maroc actuel, elle est alors reliée à l'intérieur par deux routes aboutissant : l'une à Sala (Salé) par les comptoirs de la côte atlantique, l'autre à Volubilis et Tocolosida par Oppidum Novum (El Ksar El Kebir). — En 428, elle est occupée sans résistance par les Vandales. Après eux (541), les Byzantins s'y installent et y restaurent la civilisation. En 621, ce sont les Visigoths d'Espagne qui en deviennent les maîtres jusqu'à l'arrivée d'Okba Ben Nafia (631). Le général arabe fait tuer toute la partie mâle de la population et emmène le reste en captivité. Les Arabes reviennent encore avec Moussa Ben Noceir (706), massacrent les chréticins qu'ils y trouvent et y laissent une garnison de 19,000 hommes. — Port d'embarquement des troupes musulmanes qu'on destine à la conquête de l'Espagne, elle est vivement disputée par les Oméïades d'Espagne et les Idrissides aux et xi« s.
Les Almoravides y entrent en 1083, les Almohades en 1147. En 1243, elle se déclare pour les Hafsides, puis passe aux Mérinides (1273) pour plusieurs siècles.
Attaquée en vain une première fois par les Portugais en 1434, elle tombe en leur pouvoir en 1471 et devient la capitale de leurs possessions au Maroc. Au moment où la couronne de Portugal échoit à Philippe II, roi d'Espagne, elle change encore de maîtres (1581). En 1662, elle échoit à l'Angleterre, à qui elle revient par le mariage de Charles II avec l'infante Catherine de Bragance. Mais les Anglais ne peuvent obtenir des indigènes le terrain nécessaire autour de la ville pour l'entretien de la garnison ; sous le règne de Moulay Ismaïl, qui les bloque, ils évacuent la place (1684) après destruction d'une jetée construite par eux, et dont les restes existent encore au N. du warf actuel. Tanger retombe ainsi au pouvoir des sultans du Maroc. Moulay Isoiaïl y rentre le premier et y installe une garnison de 1,500 nègres.
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Au moment où Moulay Abd Er Rahmane encourage Abd El Kader contre les Français, elle est bombardée par le prince de Joinville (1845) et ses fortifications sont démantelées.
C'est à Tanger que débarque, le 31 mars 1905, l'empereur d'Allemagne Guillaume II, dans des circonstances qui ont un caractère d'hostilité directe contre la politique do la France au Maroc et qui provoquent la conférence internationale d'Algésiras do 1906. On connaît le résultat : organisation de la police dans l'Empire chérilîen, surveillance et répression de la contrebande d'armes, établissement d'une banque d'Etat marocaine, rentrée des impôts, réglementation des douanes.
Tanger et sa banlieue sont enfin dotées, en 1913, d'un statut international élaboré à la suite d'un accord entre la France, l'Espagne et l'Angleterre.
Bibliographie : — Recherches archéologiques au Maroc (sépultures antiques du Plateau du Marchan à Tanger ; thermes d'Ain El Hammam, Caverne des Idoles) par Biarnay et Péretié, Arch. maroc, tome XVIII ; — Les mariages musulmans et la Kasba de Tanger^ par G. Salmon, Arch. maroc, tome I.
Le Grand-Socco est le point central de Tanger; les voies principales de la cité arabe et de la ville européenne y prennent naissance; il est doté d'une station de voitures. — C'est donc de là que partent tous les itinéraires qui suivent.