Le Pefit'Socco et le port
Trajet très court d'env. 400 m. dans une artère extrêmement animée, où grouille une population atfairée de toutes couleurs et de tous costumes.
On franchit la porte de Fès et l'on pénètre dans la rue Ez ZiAGUiNE, bordée de magasins et de boutiques de changeurs, photographes, marchands d'articles orientaux. On y trouve encore la Algérienne, Véglise catholique, en face des Magasins Modernes, le Dar Niaba, ou municipalité.
Plus bas, la rue s'élargit et forme le Petit-Soceo, place exiguë entourée de cafés, des bureaux de la C'" Générale Transatlantique et de la G*" de Navigation Paquet, de l'hôtel Bristol et de la poste espagnole à façade de style mauresque. C'est là que se donnent rendez-vous les hommes d'affaires et que viennent s'asseoir les flâneurs à l'heure de l'apéritif et du café.
En bas du Petit-Socco, à dr., la rue de la Légation-d'' Espagne dessert le Kursaal espagnol (danses espagnoles), le Crédit Foncier d'Algérie et de Tunisie, la poste française, puis descend derrière la grande mosquée, par une rampe à dr. de laquelle se trouve le Foyer Français, institution créée pour la vulgarisation et le rayonnement des idées françaises à Tanger par des cours du soir, des conférences, des bibliothèques, une école d'art, de musique, de gymnastique. Le Kursaal français est à proximité.
En haut du Petit-Socco, la rue des Chrétiens, qui prolonge la rue de la Kasha, conduit à la Kasba (p. 294) par une voie étroite et fréquemment voûtée.
De l'angle inférieur g. du Petit-Socco, part la rue de la Marine, bordée, à dr., de la poste anglaise, de boutiques d'adouls ou notaires musulmans, de la grande mosquée et à g. du bureau de Bienfaisance musulman.
La grande mosquée (entrée interdite) a été agrandie par Moulay Slimane en 1815. Sa porte monumentale est ornée d'entrelacs curvilignes et floraux s'enlevant sur un fond de mosaïques de faïence. Un auvent en bois sculpté et peint portant une inscription couflque dédicatoire, et supporté par des consoles à stalactites, garnit le haut de la porte. Le minaret, à décor de faïence verte et entrelacs géométriques, complète l'ensemble.
Le bureau de Bienfaisance musulman (entrée permise) est installé dans Vancienne médersa depuis 1910. On y distribue du pain pour les pauvres. L'entrée est sobrement ornée. Le patio intérieur est entouré de cellules où logeaient autrefois les étudiants. .
Plus bas, à dr., s'élève le Bordj El Marsa, « batterie du Port », dont la porte, édifiée vers 1882 par Moulay El Hassane, a sa face extérieure couverte d'ornements floraux et épigraphiques peints.
A g., la rue de la Kasba conduit à la Kasba (p. 294). Une autre rue, en palier, mène dans le quartier du Dar El Barond, lequel est marqué,
TANGER
vers l'entrée, à dr., par le Bordj Es Salam, « batterie des salves », dont les grands canons alignés saluent les navires au large, et au fond, en bordure de la mer, par le Bordj El Baroud (demander un permis de visite au commandant d'armes), pourvu d'énormes canons Armstrong; vue très belle sur la baie de Tanger à l'E., sur les falaises de la côte
à ro.
La rue de la Marine aboutit, après de nouvelles voûtes et Bab El Bahar, « porte de la mer », à la Douane^ que domine Vhôtei Continental, puis au port, constitué par un môle de 250 m. de long qui s'enracine à la pointe N.-O. de la baie de Tanger et la protège contre les vents d'O. et N.-O. Ce môle abrite : 1° une darse bordée d'une cale de halage et de terrepleins supportant les magasins de la Douane; 2° un warf en bois de 200 m. de long où se fait l'embarquement et le débarquement des voyageurs et des marchandises.
Le port en projet doit comporter une jetée N. de 1,500 m. et unes jetée E. de 6-20 m. en direction perpendiculaire à la précédente ménageant une passe de 150 m.; ces jetées délimiteront un bassin de 54 hect. de superficie, à conquérir sur la mer, et recevront les magasins de la Douane et des compagnies de Navigation, ainsi que la future gare du Tanger-Fès.
Le port de Tanger fut de tous temps le plus actif du Maroc. Depuis l'organisation du Protectorat, il a périclité. Son commerce total, qui atteignit 27 millions en 1913, est tombé à 17 millions en 1915. Sa situation exceptionnelle et la prochaine construction du chemin de fer le rendront certainement à ses destinées.