‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 129 sur 153 · asba ef ville haute · texte numérisé non relu

asba ef ville haute

Trajet de 600 m. env. qu'on peut eifectuer soit par les rues Ez Ziaguine, des Chrétiens et de la Kasba (V. ci-dessus), soit par la rue du Télégraphe-Anglais, décrite ci-après.

On sort du Grand-Socco par la porte N., pour entrer dans la RUE DU Télégraphe-Anglais, qui longe la medina à l'O. On descend ainsi jusqu'aux télégraphes anglais, situés en face du collège israélite et Ton remonte, par une rampe à escaliers, parallèlement aux grands murs crénelés de l'enceinte jusqu'à la porte de la Kasba, flanquée de deux batteries, qui fait l'ace au plateau du Marchan (p. 295).

Sur la petite place située à l'intérieur de la porte, on découvre à g., la caserne du, 2° Tabor de police (officiers espagnols) installée dans l'ancienne batterie Naam (2 grands canons) d'où l'on a une belle *vue sur la mer. A côté, zaouïa de Moulay Bon Chta.

En suivant les remparts N. on fait le tour du Dar El Makhzen (porte ornéé) et l'on atteint une place où se groupent les prisons, le Bit El Mal, Tancien palais du sultan, le palais du pacha ou gouverneur de la ville, la mosquée de la Kasba, avec un élégant minaret octogonal et polychrome, et le Mechouar.

Les prisons sont au nombre de deux : l'une pour les

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femmes, l'autre pour les citadins et les bédouins (on peut visiter cette dernière).

Le *Bit El Mal, ancienne trésorerie, actuellement en voie de restauration (on peut visiter), est l'un des monuments les plus remarquables de Tanger. Sa façade, de 3 arcs, éclaire une salle de trois travées de 2 m. chacune supportées par des colonnes et des arcs d'une grande simplicité et d'une très belle harmonie de lignes. Sur le pourtour, on voit encore les immenses caisses ferrées et aux parois de madriers de cèdre, dans lesquelles les sultans emmagasinaient le numéraire. Au fond, après un vestibule, s'ouvre' un patio avec locaux; celui de dr., précédé d'une galerie, est fermé par une haute porte à deux vantaux bardés de fer; la salle est couverte d'une coupole dodécagonale sculptée et peinte .bordée à la base d'une frise à stalactites. La salle de g. a un plafond également orné, mais prismatique. De petits appartements délabrés sont disposés dans le reste du bâtiment.

Au fond du Mechouar, au S.-O. de la place, se trouve le bureau du Pacha ou goùverneur de la ville. Il donne accès au Dar El Makhzen ou ancien palais du sultan (on peut visiter sur autorisation spéciale de la légation de France). Les appartements principaux se groupent autour d'un patio entouré d'une galerie que supportent des colonnes de marbre, galbées et à chapiteaux composites, d'où partent des arcs décorés de mosaïques de faïence. Les salles sont ornées de plâtres sculptés et de plafonds en bois peint, ouvrages remontant à l'époque de Moulay El Hassane (fin du xix^ s.). Des terrasses, *vue très intéressante sur la ville et sur la baie de Tanger. Trois jardins délaissés sont aménagés derrière l'habitation principale.

Au S. de la place, Dar Ech Chraa, « palais de justice », dont la façade, ornée de colonnes de marbre, s'ouvre sur la place par trois nefs égales ; elle est profonde de deux travées; c'est là que le juge musulman tient ses audiences.

La Kasba est fermée à l'angle S.-E. par Bab El Assa, « porte des vigies », où l'on donnait autrefois la bastonnade aux malfaiteurs. Un café maure est installé sous les voûtes. Du seuil, très belle *vue sur Tanger et sa baie.

De ce point, on peut regagner le Grand-Socco, soit par le quartier d'El Gourna (four intéressant dans une ancienne construction en forme de tourelle) et la porte de la Kasba ( V. ci-dessus) ; soit par la rue de la Kasba et le Petit-Socco (p. 293). Pour se rendre au port, on descend par la rue de la Kasba qui rejoint la rue de la Marine à hauteur du Bordj El Marsa (p. 293).

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