‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 130 sur 153 · IV. — Vlafeau du Marchan · texte numérisé non relu

IV. — Vlafeau du Marchan

/ ' Promenade de 1,200 m.

Le Marchan est un plateau qui domine Tanger à l'O., et dont les pentes N. et S. se couvrent de villas nombreuses. On l'atteint par la rue du Télégraphe^Anglais (p. 294), la ^^etiie rue

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du Marchan et le large paseo Cénarro, qui monte en pente douce jusqu'au plateau.

On y voit VInstiiut Pasteur, immense établissement entouré de beaux jardins. Dans une villa, en face, se trouve le siège de la Mission scientifique du Maroc, doté d'une bibliothèque de 10,000 volumes, dont 2,000 en langue arabe, et de nombreux manuscrits, et d'un musée renfermant surtout des documents de l'époque romaine. Plus au N., se trouvent Vhôpital français, la maison de Meneblii, ancien ministre de la Guerre de Moulay Abd El Aziz, la maison du chérif d'Ouezzane, et ïhôpital anglais; en bordure de la mer, s'élèvent les curieux rochers dits glissoirs.

A rO. du terrain d'exercice s'étend le cimetière musulman où l'on voit la koubba de Sidi Abd Es Salam Es Sadok. Le chemin Mac Lean descend dans le vallon de l'oued El Ihoud (7. ci-dessous, V).

Y. — La Montagne.

3 k. O. — Route carrossable, très accidentée; fortes pentes.

On s'y rend par la route de la Montagne, qui part de l'angle N.-O. du Grand-Socco. Elle longe le cimetière de Sidi Mohammed El Hadj y horm, c'est-à-dire d'accès interdit aux nonmusulmans; en face se trouvent la koubba de Sidi Amar Er Rifi et le consulat d'Espagne; puis on laisse à dr. le palais de Moulay Hafid, immense construction en ciment armé et de style néomarocain commencée en 1915, au milieu de vastes jardins.

A g., le chemin des Amoureux longe d'une part le parc de Sania El Hadjti, d'autre part le coteau d'Ez Zefaref, puis rejoint la route de Moudjahedine (F. ci-dessous, VI).

La route monte ensuite jusqu'au café turc, laissant à dr. les coteaux habités du Marchan, et descend dans le joli ravin de l'oued El Ihoud, « la rivière des Juifs », ainsi nommé parce qu'un grand nombre de Juifs exilés d'Espagne y vinrent débarquer, puis remonte le versant E. du mont Washington, au milieu de belles propriétés parmi lesquelles se remarque la villa Harris. Passant auprès de la koubba et de la fontaine de Sidi Mesmoudi, on monte à g. sur le plateau du Djebel (325 m.) parsemé de broussailles et de rochers de grès; au sommet, palais de Moulay Abd El Aziz; *\ue étendue sur toute la région. — A 2 k. au delà, très pittoresque propriété Perdicaris, avec d'admirables essences d'arbres, dévalant en pentes très raides sur la mer.

yj. — El Moudjahedine.

2 k. o. — Agréable promenade.

La route s'amorce à l'O. du Grand-Socco par la route de BouBANA, aussi appelée route de San Francisco, passe entre le cimetière de Sidi Mohammed El Hadj et le cimetière protestant, longe à g. Vhôpital espagnol, puis passe entre les parcs de Sania El Hadjti (à dr.) et White (à g.)

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A dr., chemin des Amoureux (p. 296). — A g. le boulevard de Ceinture monte vers la Koudiat El Adjaïbi, le groupe des maisons d'El Kelania et redescend sur la rive dr. de l'oued Es Souani (V. ci-dessous, VII).

Plus loin, la route laisse à dr. le souk El Beker, « marché des bestiaux », le cimetière espagnol, passe au pied du ' Dchar Tarkhoch (à g.) où sera installé le réservoir destiné à alimenter Tang-er en eau potable, et gagne la hauteur des tombeaux des Moudjahedine, ou combattants morts pour la foi musulmane (90 m. d'alt.).

y*77. — Es Souani.

2 k. s. — Très agréable promenade.

Le Souani est une agglomération d'habitations indigènes établies à 50 m. d'alt., sur la rive dr. de l'oued Es Souani qui se jette à 2 k. 5 en aval dans la baie de Tanger, en fractionnant la plage en deux parties. On peut y arriver par différents itinéraires :

1° Par le chemin d'Es Souani^ qui laisse à g. la légation de France, l'hôtel Villa de France, la Résidence du Ministre de France (beaux jardins), traverse les quartiers dits El MsellUy Es Souani, descend vers le poste de T. S. F., sur les bords (le l'oued, et remonte au village arabe;

2° Par la route de Tanger à Rabat, bordée de maisons européennes, et qui croise l'oued Es Souani en aval du village.

Aux abords de l'oued, le boulevard de ceinture recoupe à dr. les itinéraires précédents et rejoint la plage, à g.

rm. — La plage,

Le CHEMIN DE LA Plage part de l'angle S.-E. du Grand-Socco, passe devant Vécole anglaise, le collège espagnol (à dr.), le cimetière israélite (à g.), en aval du théâtre espagnol, et atteint le BOULEVARD Front-de-Mer, qui longe la plage, bordée à ce point des hautes constructions européennes des compagnies de navigation et du Cecil Hôtel.

A 1 k. plus à l'E., dans la région des sables, se trouvent la sardinerie et la manufacture du Monopole des Tabacs, très intéressante à visiter.

Au delà de l'embouchure lagunaire de l'oued Es Souani, que l'on franchit auprès d'un vieux pont romain en ruines, se trouve l'emplacement de Tandja El Balia, du « vieux Tanger », dont les parties les plus anciennes remontent à la période byzantine.

500 m. plus loin, un grand massif de verdure cache la villa Harris, splendide habitation construite avec la collaboration de nombreux artisans marocains par M. Harris, correspondant du journal The Times.

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Les environs de Tanger sont très agréables, surtout au printcni])s et offrent, de belles promenades à pied, à mulet ou à cheval. Ils sont habités par des Berbères sédentaires, qui sont jardiniers et cultivateurs de vergers (oliviers, vignes, figuiers, grenadiers). Leurs maisons sont entourées d'agaves et de Hguiens^e Barbarie. Çà et là, un palmier balance au vent son maigre panache. Les parties non défrichées sont couvertes d'un épais maquis où domine le chêne liège et le chêne vert, avec des cistes, des bruyères blanches qui atteignent 3 m. de hauteur, des genêts, des lentisques, du palmier nain. — La sécurité, qui s'est améliorée dans la zone internationale, n'est assurée que dans les régions S. et O. que Ton parcourt en suivant les deux itinéraires ci-dessous. L'excursion E. du Alenar et de Ksar Es Seghir ne peut encore être entreprise.

1** Cap Spartel (12 k. O.; route jusqu'à 5 k., piste muletière ensuite. Promenade charmante et pittoresque en 5 ou 6 h. aller et ret. ; très recommandée). — On suit la route de la Montagne (p. 296), puis l'on se dirige, parallèlement à la côte, vers le cap Spartel, VAinipelusium des Anciens (c'est-à-dire le cap des Vignes), extrémité N.-O. de l'Afrique. Sur le cap (vue étendue) s'élèvent un phare construit par un français, M. Jacquet, et un sémaphore.

A 4 k. env. S., se trouvent les grottes d'Bercule (carrière de pierres meulières), curieuses excavations naturelles, situées sur le littoral atlantique. Un guide est nécessaire pour l'exploration de l'une d'elles qu'on ne peut atteindre que par une descente au moyen de cordes.

On peut revenir soit par les chemins de la vallée de Boubana, soit par ceux d'A'in Zitoun, beaucoup moins pénibles que la piste d'aller.

2"" Sources de Cherf El Akab (18 k. S.; bonne route autocyclable . — On suit la route de Tanger à Rabat. A la sortie de la ville, on s'engage dans le Fahs, région mamelonnée, couverte de belles cultures, et dont les sommets sont couronnés do villages indigènes.

8 k. Ain Ziatene. La campagne se couvre de palmier nain.

17 k. Aïn Terfania, source captée.

18 k. Cherf j^l Akab, massif montagneux couvert d'oliviers séculaires et doté de sources abondantes, captées pour l'alimentation de Tanger en eau potable ; à proximité, ruines romaines et tombeaux mégalithiques.

3° El Ksar Es Seghir (24 k. env. E. ; piste muletière peu sûre ; s'informer). — De Tanger à la villa Harris (p. 297, VIII). — La piste se poursuit par El Alenar, ancien phare en ruines, auprès d'un douar ; Talaa Ech Chérif, Fondouk Es Serara, et Oued El Yem, petite rivière à l'embouchure (ensablée) de laquelle se trouve El Ksar Es Seghir, « le petit palais », autrefois appelé Ksar Masmouda, reconstruit en 1192 par l'almohadc Yakoub El Mansour, sur le point le plus rapproché de la côte d'Espagne, en face de Tarifa. Il servait alors de port d'embarquement des contingents que les dynasties musulmanes destinaient à la conquête de l'Espagne. Les Portugais s'en emparèrent en 1458 sous le règne d'Alphonse l'Africain ; ils l'évacuèrent sous celui de Jean III (1551 .

DE TANGER A CASABLANCA (par mer; 370 k. env. ou 200 milles marins de Navigation Paquet : 3 serv. mensuels rapides, 60 fr., 50 fr. ( ' 35 fr. avec nourriture, 4« cl. 20 fr. et en sus la nourriture ; Vaporvs Correos de Africa : 2 serv. mensuels avec escale à Larache et Rabai 30 pes., 25 pes., 15 pes., nourriture en sus). — De Tanger à Lara( h< (p. 304). La côte, d'abord quelque peu relevée et rocheuse après Larache, devient très basse et lagunaire à partir de Moulay liou Selham

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